Top 14 - XV de France : la richesse de talent au poste de n°9 est-elle responsable de la pénurie d'ouvreurs ?
Baptiste Serin, 9 de talent capable de jouer 10.
La France peut compter sur de nombreux numéros 9 de talent. De là à empiéter sur les ouvreurs, traditionnellement à la peine chez nous ?

Maxime Machenaud, Sébastien Bézy, Morgan Parra et maintenant Baptiste Serin... Sans oublier les Benoit Paillaugue, Teddy Iribaren, Yann Lesgourgues, Jonathan Pelissié ou Antoine Dupont. Tout en se souvenant que Rory Kockott et Sébastien Tillous-Borde ont disputé la dernière Coupe du monde. En France, le talent ne manque pas au poste de demi de mêlée. Le réservoir au poste de numéro 9 brille à la fois par sa quantité et sa qualité, jusqu'à impressionner les étrangers venus dans l'Hexagone. "Je suis en France depuis 2003, explique le Néo-Z Simon Mannix dans Sud Ouest. j’ai vu beaucoup de numéros 9 de grand talent, que ce soit Top 14 ou en Pro D2. C’est le pays qui produit les meilleurs numéros 9 mondiaux. C’est impressionnant".

Un point fort, donc, qui ne peut cacher un revers : l'absence d'un n°10 capable de s'installer au plus haut niveau. Mannix, toujours :

C’est peut-être pour ça que les Français ont un peu plus de mal à trouver ce fameux numéro 10. Avec tout le talent qu’il y a à la mêlée, ça ''bouffe'' un peu l’ouvreur. Mais c’est le cas depuis 30 ans. Si on prend l’époque de Jacques Fouroux : le 9, c’est le général. Rien n’a changé.

La question mérite de se poser : les 9 sont-ils la cause de cette pénurie d'ouvreurs ?

Une polyvalence poussée à l'extrème

Le meilleur exemple de cette polyvalence évolue à l'ASM. Formé à l'ouverture, Morgan Parra s'est révélé à la mêlée. Mais il a joué une finale de Coupe du monde avec le maillot floqué du n°10, preuve s'il en est de la prise de pouvoir des joueurs de son poste. Les Bleus ont failli devenir champion du monde avec une charnière Yachvili-Parra... Baptiste Serin peut également jouer 10. Comme Jonathan Pelissié ou Antoine Dupont, symbole de la nouvelle génération. Avec de tels joueurs, le coach peut voir venir en leur donnant les clés du camion.

Des demis de mêlées buteurs

Traditionnellement, le rôle de buteur est tenu par le demi d'ouverture. En France ? C'est rarement le cas depuis plus de dix ans. S'il n'est pas buteur en club - ou Carter et Goosen se partagent la tâche, Maxime Machenaud a même déjà été désigné comme celui des Bleus. Yachvili puis Parra, et maintenant Serin... Faire tirer un n°9 est devenu une évidence, ce qui permet d'aligner à l'ouverture un joueur dont la précision au pied n'excelle pas. Comme François Trinh-Duc. Or, si on regarde les autres grandes nations du rugby, le Pays de Galles et l'Ecosse sont les seules équipes qui comptent sur un autre joueur que son ouvreur - l'arrière Leigh Halfpenny et le demi Greig Laidlaw - pour remplir le rôle de buteur. La French Touch ?

Qui pour jouer à l'ouverture ?

François Trinh-Duc et Jules Plisson se partagent le poste au sein de la liste Elite. Jean-Marc Doussain, capable de jouer... demi de mêlée, a été convoqué lors du dernier 6 Nations. Remplaçant au RCT, Pierre Bernard a du potentiel mais semble s'être éliminé tout seul. Quid de Jonathan Wisniewski ? N'a-t-il pas déjà loupé le train ? Reste le Clermontois Camille Lopez en alternative. Le réservoir pour le XV de France paraît bien vide, et s'explique par le nombre élevé d'étrangers à ce poste en Top 14. Là où les entraîneurs préfèrent compter sur des demis de mêlées locaux... 

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  • AKA
    69541 points
  • il y a 7 ans

Moi je suis plus dubitatif... Je pense que si plusieurs 9 brillent en Top 14 aucun n' a (a eu) sa place dans un 15 mondial! Et le parallèle fait avec notre pauvreté en 10 me parait osé sinon faux.

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