Fédérale 1 - Du rêve américain à la Bourgogne : la nouvelle aventure de Soheyl Jaoudat !
Soheyl Jaoudat avec Beaune. Crédit photo : Héloise Kosc.
Après Austin aux USA, Soheyl Jaoudat a signé à Beaune en Fédérale 1. Quatrième épisode de notre série ‘’sur la route de Jaoudat’’ avec clap de fin, vignes, jeu de mouvement et Karim Qadiri au programme.

Soheyl Jaoudat : ‘’Si la Ligue se débrouille correctement, le championnat américain pourrait devenir vraiment fou’’Soheyl Jaoudat : ‘’Si la Ligue se débrouille correctement, le championnat américain pourrait devenir vraiment fou’’

On avait laissé Soheyl à Austin, encore indécis sur la suite de son aventure en terres américaines. On l’a retrouvé proche des vignes, de retour dans l’Hexagone, et désormais tourné vers un nouveau projet, avec Beaune, en Fédérale 1, dans un championnat qu’il découvre. 

Bye Austin 

Pour remettre dans le contexte, on termine la saison avec Austin en jouant le dernier match sans le coach Alain Hyardet. Le manager sportif le remplace pour l’occasion, et on perd à Seattle. Sans surprise, aucune victoire au compteur, donc. L’équipe part quelques jours faire la ‘’bringue’’ et à notre retour le 9 juin, j’ai rendez-vous avec le président, le vice-président et le manager - comme tous les joueurs d’ailleurs - pour l’entretien de fin de saison. En gros, ils me disent ne pas savoir s’ils peuvent me conserver, et que je serai mis au courant avant que la draft ne commence, soit le 2 juillet. Le bilan est assez positif concernant mes performances en championnat, mais le fait que je ne sois pas Américain ne joue pas en ma faveur, avec le quota autorisé concernant les joueurs étrangers. Après cet entretien, je vais prendre mon billet pour revenir en France avec l’intendant du club. Le manager sportif, lequel était présent lors de l’entrevue, me propose d’aller prendre un café. On se voit, et il me dit qu’en fait je ne ferai pas partie des quinze joueurs gardés à Austin et que j’allais devoir passer par la draft. Je m’entendais bien avec lui, lors de l’entrevue, les dirigeants savaient que je ne serai pas gardé mais ils ont manqué d’honnêteté. En fait, le club voulait un arrière potentiellement éligible avec les USA, c’était le projet. Ce qui parait très compliqué : d’ailleurs, ils ont recruté un Fidjien de 29 ans (NDLR : Enele Malele), j’ai trouvé ça fou. Et c’est ainsi que s’est terminée mon aventure à Austin

Clap de fin chez l’Oncle Sam

Je suis ensuite placé sur la draft. À ce moment là, les clubs peuvent donc se positionner pour te recruter : j’ai été en contact avec Houston, Atlanta, Glendale et Boston. C’est avec Boston que j’ai eu les contacts les plus avancés, Tim (Guillimin, ouvreur) et Simon (Bienvenu, centre) avec lesquels j’étais à Austin, ont signé là-bas, mais ils n’avaient plus de place pour les joueurs étrangers au moment de nos pourparlers. Lors de la draft, je suis en France avec le besoin de couper, plus rien de concret avec les USA donc je me suis mis à chercher en Fédérale 1. Villeurbane était intéressé mais ça ne s’est pas fait, je m’entraînais avec Cournon, en Fédérale 2 en attendant de trouver un club et puis l’entraîneur de Rodez, Arnaud Vercruysse que je connais, m’a parlé de Beaune. Je suis parti faire une semaine d’essai là-bas, ça s’est bien passé, et j’y ai signé.

Des buildings aux vignes

C’est vrai que ça change, tu passes d’un million d’habitants à trente mille. Ça ressemble plus vraiment à New-York mais ça ne me dérange pas, je m’y retrouve même. Je suis avec Karim Qadiri et Nassim Aanikid (ailier et pilier tous deux passés par les Espoirs du Stade français) que je connais, et ça a facilité mon intégration. Le fait de jouer avec Karim ? C’est vrai que c’est assez fou, depuis qu’on se côtoie en équipe du Maroc, on s’était toujours dit qu’on jouerait ensemble en club à un moment de notre carrière. D'ailleurs, lorsque j’ai eu l’entraîneur de Rodez et qu'il m’a parlé d’une potentielle opportunité Fédérale 1, il ne m'avait pas donné de nom de club. Entre temps, j’ai eu Karim pour lui dire que j’avais peut-être une possibilité en F1 sans savoir que ce serait Beaune ! Je ne l’ai su qu’ensuite. Je ne suis donc pas arrivé dans l’inconnu, et maintenant j’habite au-dessus de chez Nassim.

Frenchie

J’ai retrouvé la ‘’culture française du rugby’’ en fait, et ça m’avait manqué, comme à tous les autres Français des USA d’ailleurs. C’est vraiment difficile à expliquer, c’est plutôt un ressenti. Mais je parle des mecs qui s’envoient comme des fous sur le terrain, ceux qui se parlent dans le ‘’beignet’’ (rires) avant les matchs, les valeurs de combat, la volonté de jouer l’un pour l’autre. C’est très français, et je suis vraiment content d’avoir de nouveau cela. Aux États-Unis, c’est vraiment plus l’individu… Concernant le jeu, bien sûr que c’est différent. J’avais eu l’occasion de le dire dans un autre épisode, là-bas c’est axé Hémisphère Sud, ça joue de partout. En France, on a cette culture ‘’trois points et impact physique’’, c’est aussi l’essence de la Fédérale 1, ce pragmatisme même si à Beaune, le jeu est très important. 

Le CS Beaune, nouveau projet

Le CSB vit sa deuxième saison consécutive en Fédérale 1. Les Bourguignons figurent dans la Poule 1 et après cinq journées de championnat, ils ont notamment battu Suresnes, Chambéry et Villeurbane (défaites à Villefrance-sur-Saône et contre Massy). 

Je suis venu pour jouer à l’arrière même si je peux dépanner à la mêlée et que le staff en est conscient, surtout actuellement avec la blessure d’un des demis. Ce qui m’a plu ici c’est qu’ils veulent vraiment envoyer du jeu. Sans oublier le gros travail des avants bien sûr, mais les principes sont le mouvement, le déplacement, on relance de partout, c’est plaisant. L’objectif principal est le maintien avec une place dans les six ensuite, pourquoi pas, l’équipe ayant fini à la septième place l’année passée. C’est possible je pense si on assure à domicile et qu’on fait quelques coups à l’extérieur. La philosophie du club me convient également  : familial avec aussi pas mal d’étrangers (NDLR : trois Argentins, deux Sud-africains, deux Tongiens notamment). J’ai l’impression qu’il y a une ambiance sympa dans le groupe et puis, quand j’ai été aligné, je n’ai pas encore perdu, ça me change d’Austin (rires) ! Ça fait du bien de gagner. 

La sélection du Maroc ? 

J’ai été sélectionné, comme Karim (Qadiri) d’ailleurs, pour un stage et un tournoi en Afrique du Sud, lequel compte pour la qualification aux JO mais on ne va pas y aller. De mon côté, je viens d’arriver dans un nouveau club, de gros matchs nous attendent, Dijon et Mâcon notamment, je voudrais me concentrer sur Beaune. J’ai connu de superbes moments avec le Maroc, ce n’est pas fini je l’espère, mais pour l’instant je mets la sélection de côté. 

Les USA, le bilan

Fondamentalement, dans ma carrière ça changé plein de trucs, ça m’a fait évolué. Austin, c’était seulement mon deuxième club après Clermont. Quand tu sors du cocon ASM, tu passes du tout au tout. Il a fallu s’adapter à 8000 kilomètres de chez moi. Ça m’a fait grandir humainement, et je suis très heureux d’y être allé. Ça m’apporte également beaucoup en tant que joueur, je suis plus expérimenté. J’ai tout de même la sensation de ne pas être allé au bout des choses avec cette saison sans victoire mais maintenant, même ce qui était négatif est devenu positif. Et puis quand tu parles des États-Unis aux gens, ça les fait encore rêver.

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  • maysoh
    1016 points
  • il y a 1 mois

bravo minot !

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