Privé de nombreux internationaux retenus avec le XV de France, dont Ramos et Dupont, ou encore Ntamack et Mallia sur blessure, le Stade Toulousain va s’appuyer sur Valentin Delpy ce dimanche face au Stade Français, dans le cadre de la 17e journée de Top 14. À 22 ans, l’ouvreur formé au club connaîtra sa troisième titularisation en championnat cette saison, après les succès face à Montauban et Bayonne. Deux matchs remportés, cinq points glanés à Ernest-Wallon contre les Basques, et une confirmation progressive de son potentiel. Dans un contexte de doublons, Toulouse lui confie les clés du camion rouge et noir.
''C'est un génie'' : pourquoi le vrai patron du rugby mondial ne s’appelle pas DupontUn profil formé maison, déjà validé en interne
Laurent Thuéry, entraîneur de la défense, ne tarit pas d’éloges à son sujet en conférence de presse. « C'est un garçon qui est intelligent, qui a été formé ici, qui connaît notre jeu. Il y a bien sûr des différences dans les habitudes entre Colomiers et le Stade Toulousain. Mais après, pendant les entraînements, ce sont des automatismes qui reviennent vite. On débriefe les matchs aussi avec lui sur les attendus, mais il l'a montré notamment sur le match de Montauban et le match de Bayonne. Sur une semaine, il était capable de bien se fondre et de tenir le jeu de l'équipe. Donc c'est un joueur brillant, qui est prêt pour ça et qui ne s'affole pas. »
Le staff insiste sur un point clé : sa capacité à gérer le tempo. À Toulouse, le numéro 10 n’est pas seulement un distributeur. Il doit alterner jeu au pied long, occupation, animation sur première main et gestion des temps faibles. Delpy a montré face à Montauban qu’il savait occuper le fond du terrain et remettre son pack dans l’avancée. Contre Bayonne, malgré une prestation « en dent de scie », il a su garder la tête froide.
C'est très positif. Quand il revient, on a l'impression qu'il n'est jamais trop parti. C'est forcément dur pour lui. Je pense que ça lui demande un haut niveau de concentration et d'exigence. Mais pour le moment, ça se passe bien et on est sûr que ça continuera.
Adaptation express et apprentissage
L’intéressé, qui profite de tout le temps qu'on peut lui donner, reste fidèle à la culture collective rouge et noire. « Individuellement, je vais essayer de faire le mieux pour l'équipe et vraiment qu'on puisse faire une bonne performance collective. Je pense que, que ce soit la charnière ou toute l'équipe, on fait l'effort vraiment de respecter ce qu'on s'est dit dans la semaine. Tout le monde pourra briller collectivement et essayer de ramener un bon résultat du Stade français. »
Sur son adaptation, il détaille : « C'est sûr que, plus je reste au club, plus j'ai le temps de m'adapter. Sur les petites connexions avec les coéquipiers, que ce soit sur les courses, les communications, les petits détails du jeu. Au fil des entraînements, ça se fluidifie petit à petit. Les premières semaines, c'était un peu compliqué dans le sens de réapprendre les lancements et les codes. »
Le défi tactique face aux Parisiens
Face au Stade Français, le défi sera clair : rivaliser sur les fondamentaux. « Les Parisiens sont forts sur les fondamentaux, que ce soit la conquête, le combat. C'est ça qui va être la clé et surtout la bonne gestion stratégique. Donc, si on met les bons ingrédients, que ce soit devant et dans la stratégie, après, le jeu, c'est dans l'ADN de cette équipe. » Delpy le sait, l’alternance sera capitale. Bien utiliser le jeu au pied pour soulager ses avants, éviter les turnovers dans le cœur du terrain et ne pas offrir de munitions faciles à Louis Carbonel.
Justement, sur son vis-à-vis, il reste mesuré : « Oui, c'est sûr qu'il fait un gros début de saison. (…) Je vais juste essayer d'être dans mon match. Déjà, me concentrer sur moi sera assez important. » Pas question pour lui de se comparer à qui que ce soit. C'est le meilleur moyen de se mettre la pression. Titulaire à 12 reprises avec Colomiers en PRO D2, il sait très bien comment la gérer.
Toulouse fait confiance à ses jeunes
Cette titularisation n’est pas anodine. Elle montre la confiance du staff dans la formation interne et dans la profondeur d’effectif toulousaine. Delpy ne sera pas le seul "jeune" à fouler le pré dans la peau d'un titulaire ce week-end. En période de doublons, ces matchs sont des révélateurs. Pour Delpy, c’est l’occasion de prouver qu’il peut être plus qu’une solution de secours.
Dans un championnat aussi dense que le Top 14, chaque déplacement compte. Pour le Stade Toulousain, c’est la possibilité de continuer à engranger des points malgré les absences, en maintenant l’exigence collective. Et confier les clés à un jeune ouvreur formé au club, dans un match au parfum de Classico, c’est aussi envoyer un message : la relève est prête.
Dimanche, à Jean-Bouin, ce ne sera pas seulement un duel de 10. Ce sera un test de maturité pour un joueur qui avance avec de vraies certitudes.
Toulouse a toujours eu un excellent centre de formation.
(Pour le service comptabilité et juridique, je ne m'engage pas en revanche).