Steve Tandy a dévoilé ce vendredi le XV gallois qui recevra le XV de France dimanche 15 février 2026 au Principality Stadium (15h10). Battus lourdement par l’Angleterre à Twickenham, les Gallois procèdent à quatre changements et deux repositionnements. Rhys Carre et Tomas Francis sont titularisés en première ligne autour du capitaine Dewi Lake. En troisième ligne, Olly Cracknell démarre en 8, avec Wainwright glissé en 6 et Mann en 7. Au centre, Joe Hawkins débute dans ce Tournoi aux côtés d’Eddie James. À l’arrière, Louis Rees-Zammit est repositionné en 15. « Il y a tellement de choses à corriger en une semaine », a reconnu Tandy après la déroute anglaise et ses 16 pénalités concédées.
Une défense en chantier, malgré le CV de Tandy
Les chiffres piquent les yeux : 248 points encaissés et 34 essais concédés sur les cinq premiers matchs de Tandy à la tête du pays de Galles. Pour un technicien estampillé défense (ancien coach de l’Écosse et des Lions), l’alerte est maximale. À Twickenham, le problème n’était pas seulement technique mais mental : manque d’intention au plaquage, montées désorganisées, soutien tardif dans les zones de ruck. Face à la France, la clé sera la première collision. Si Carre et Francis tiennent la mêlée et si Lake sécurise la touche, le rideau rouge devra surtout gagner la ligne d’avantage en défense, ralentir les sorties et éviter les déséquilibres que les Bleus exploitent à merveille.
Discipline : le vrai tournant du match
Seize pénalités, quatre cartons jaunes – dont deux dans les 18 premières minutes – c’est se tirer une balle dans le pied à ce niveau. Le constat est limpide : on ne peut pas défendre 60% du temps et espérer exister face à une équipe qui transforme la moindre entrée dans les 22 mètres en occasion franche. La discipline, c’est du contrôle, pas du talent. Et contre la France, c’est encore plus vrai. Offrir des pénaltouches à 5 mètres, c’est accepter le défi du maul tricolore. Accorder des pénalités au sol, c’est exposer ses ailes aux renversements et aux dédoublements intérieurs. Le Pays de Galles doit passer sous la barre des 10 pénalités pour espérer rester dans le match. C'est la limite haute à ce niveau. Surtout face à des Bleus qui ont été impériaux dans le premier acte contre l'Irlande.
Un centre de gravité au milieu du terrain
Le repositionnement d’Eddie James en 13 avec Hawkins en 12 interroge. James, 108 kg, n’a porté que trois ballons contre l’Angleterre. Trop peu pour un joueur censé fixer et franchir. Face à la France, et sa très jeune paire de centres, l’enjeu sera de densifier le cœur du jeu, d’attaquer le premier défenseur et de générer des libérations rapides pour Tomos Williams. Dan Edwards, lui, devra varier davantage : jeu au pied d’occupation derrière les ailes, diagonales vers les ailes, alternance avec le jeu direct de Wainwright. Sans identité claire, l’attaque galloise a paru lente et prévisible. La France, elle, a puni l’Irlande (36-14, cinq essais) en accélérant sur chaque turnover. Le contraste est brutal.
Le pari Cracknell et l’équilibre du pack
Titulariser le trentenaire Olly Cracknell (1m92, 118 kg) en 8 pour son premier Tournoi est un signal. Tandy veut de la densité et du travail obscur dans l’axe. Avec Beard et Jenkins en deuxième ligne, le pays de Galles aligne des profils grands et mobiles pour contrer la touche française. Mais la bataille des zones de collision sera décisive. Si Wainwright et Mann ne gagnent pas leurs duels, les Gallois subiront la vague bleue. La présence sur le banc d’Elias, Nicky Smith et Griffin offre une rotation solide en première ligne, mais l’impact devra être immédiat, pas en réaction.
Les Gallois n'ont rien à perdre
Cette composition est un test de crédibilité. Si la défense tient et que la discipline est maîtrisée, Cardiff peut redevenir un traquenard. Dans le cas contraire, le risque est clair : laisser la France installer son tempo, scorer tôt et forcer le pays de Galles à courir après le score, avec la fatigue et les fautes que cela implique. Pour Tandy, l’enjeu dépasse ce match : il s’agit de poser des fondations, une identité, une colonne vertébrale mentale. Pour ses ouailles, c’est l’occasion de prouver qu’ils ont appris de Twickenham.
Dimanche, le Principality pourrait ne pas être plein. Reste à savoir si le XV du Poireau saura quand même transformer l’énergie des tribunes en précision sur le terrain. Parce que face à cette France-là, l’à-peu-près ne pardonne rien.
Face à des Gallois revanchards et n'ayant rien à perdre, il faudra rentrer tout de suite dans le match et ne pas...poireauter !
Attention de ne pas mésestimer la fierté des Gallois. Ils auront la rage, car tout le monde les annonce laminés !
Et surtout on est jamais très bon devant des adversaires censé être plus faible que nous.
Depuis mars 2023 ils sont dans un état de rage constant et ça risque de durer encore quelques temps. :(