INTERVIEW. Du Top 14 au niveau amateur régional, que deviens-tu Thomas Sanchou ?
Nouveau look pour une nouvelle vie pour Thomas Sanchou. Crédit photo : @sanche64
Fédérale 3
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Au crépuscule de leur carrière professionnelle tous les joueurs ne rebondissent pas de la même manière. Quand certains restent très médiatiques, d’autres, comme Thomas Sanchou, préfèrent un retour aux sources.

Né à Pau, Thomas Sanchou a débuté le rugby à l’Olympique Ossalois Laruns Rugby, avant d’évoluer sous les couleurs du club d’Arudy en cadet puis celles de la Section Paloise en junior. Chez les pro, il passera par trois clubs : Albi d’abord en participant à la montée du SCA en Top 14, Castres ensuite où il fut Champion de France avec le Brennus glané en 2013, et enfin Brive. Depuis 2015, Thomas Sanchou a redescendu les échelons jusqu’au niveau amateur régional. Il évolue à Laruns, avec son frère et d’anciens amis, au sein du club qui l’a vu démarrer.

Cela fait maintenant deux ans que tu as tourné la page du rugby pro. A posteriori, quel regard portes-tu sur ces années au plus haut niveau ?

J’en suis fier parce que ce n’était pas gagné au départ. Je me suis toujours battu par rapport à mon gabarit déjà, ou par rapport à des lacunes techniques que j’avais par rapport à certains joueurs. Du coup, oui, je ressens de la fierté.

Comment as-tu géré les premiers mois après avoir arrêté ? Y-étais tu préparé ?

J’y étais préparé. En fait je suis parti directement en formation dans mon ancien boulot, en maçonnerie (formations complémentaires). J’ai terminé ma formation, j’ai attaqué le travail à la commune (Mairie de Laruns). Mais après ça j’ai eu un petit passage à vide… une dépression, une gentille dépression, mais quand même. J’étais prêt, mais tout de même, quand tu réalises vraiment que le Top 14 c’est fini, c’est dur. Encore une fois, j’y étais préparé… je n’imagine pas ce que ressentent les joueurs qui se font virer.

Quelles sont tes activités en dehors du rugby aujourd’hui ? As-tu d’autres passions ?

J’aime beaucoup la montagne, et la nature en règle générale, j’y passe du temps. En ce moment je n’y suis pas trop parce que je construis ma maison. Je suis également passionné de chasse à l’isard. Et sinon, il reste effectivement le rugby amateur, le boulot, et surtout ma famille et mes quatre enfants qui me prennent du temps.

Tu avais promis de revenir jouer quelques années à Laruns, promesse tenue. Est-ce facile de passer du monde pro au monde amateur ?

Je ne me voyais pas finir ailleurs qu’à Laruns honnêtement. J’avais vu avec le Président et le Maire pour préparer une bonne reconversion. Au début, avec le club je me suis engagé à fond, je suis arrivé avec une mentalité encore un peu pro… ça a été un choc, je ne comprenais pas la pensée amateur, et eux ne comprenaient pas non plus la mienne. Ça a été un peu difficile de rentrer dans l’équipe, mais après quelques matchs, ils ont vraiment compris que j’étais là pour apporter mon aide et pas du tout pour faire le pro. Au niveau des résultats, on a perdu en ½ finale du Béarn. Ça a été une grosse déception par rapport à nos résultats. Cette année, on a été Champions et promus en Fédérale 3, donc c’est vraiment positif. L’équipe a bien rebondi, avec un entraineur venu de l’extérieur, Laurent Bayle. Il a changé la vision du jeu et l’organisation de l’équipe, il a beaucoup apporté de renouveau.

Quels sont les objectifs pour la saison à venir, tant sur le plan personnel qu’au niveau collectif ?

Pour ma part, c’est de continuer à guider un peu l’équipe, mais surtout de prendre beaucoup de plaisir, parce que si tu ne prends pas de plaisir ça ne sert à rien de continuer. Pour l’équipe, l’objectif c’est de nous maintenir à ce nouveau niveau, qu’on ne connait pas.

A l’Olympique Ossalois, tu joues avec ton frère… mais tu as dû le faire venir de Pont-Long. Il n’a pas été trop difficile à convaincre ?

(Rires) C’était un peu compliqué parce qu’il avait déjà fait une saison à Laruns avant de partir… mais maintenant il est content qu’on joue ensemble. Le rugby c’est la famille avant tout, alors jouer avec son frère, c’est merveilleux.

En termes d’environnement, que retires-tu du fait de revenir jouer dans ton club formateur, au-delà du terrain et de la fierté de reporter ton premier maillot ?

C’est un peu compliqué à exprimer. Il n’y a plus le fait d’être payé et d’être obligé de rendre, de vendre de la performance, tu vois ? A la fin, je me sentais moins performant, et ça me gênait d’être payé sans rendre assez… je pense qu’à un certain moment, il ne faut pas chercher à gratter des contrats, quand tu sens que tu es un petit peu en dedans, il vaut mieux laisser la place aux plus jeunes joueurs. Et puis en plus, moi je préfère retrouver ma famille, jouer avec mon frère, mon cousin, et rendre fière ma famille. Etre une star pour eux, ce n’est déjà pas si mal (sourire).

Y a-t-il quelque chose qui t'a surpris quand tu as retrouvé le monde amateur ?

J’étais sous contrat avec un marque, et un autre équipementier m’a contacté en me vendant leur culture familiale. J’ai signé avec eux. Aujourd’hui, en amateur, je les ai rappelés pour équiper des joueurs de l’équipe en payant bien sur, et ils ne m’ont même pas répondu… J’aimerais leur dire que ce n’est pas très correct, et surtout que leurs produits, ce ne sont pas les pro qui les achètent, mais bien tous les joueurs de rugby qui jouent en amateur.

Quand tu auras raccroché à Laruns, quels seront tes projets ?

J’ai déjà entraîné un peu les minimes d’Arudy, même s'il y a une petite guéguerre avec Laruns parce que ce sont deux clubs proches. J’ai signé avec Laruns mais je voulais rendre aussi un peu à Arudy. En plus, ma femme est de là-bas (rires). Après, j’aimerais bien transmettre aux jeunes, en plus j’ai un petit garçon, ce serait beau de l’aider à avancer.

En jetant un coup d'oeil dans le rétro, qui t'a le plus apporté et qui aimerais-tu remercier ?

D’abord Eric Béchu qui m’a lancé dans le monde pro. Laurent Labit et Laurent Travers, qui m’ont énormément appris. Ils ont été durs, mais ils m’ont fait comprendre ce qu'était le très haut niveau. Ce sont des entraineurs qui voulaient gagner, aujourd’hui je comprends qu’ils aient été durs avec moi. Carbo aussi, qui m’a pris deux ans à Brive et qui m’a permis de finir avec un mec que j’aime. Je tenais à remercier également les entraineurs amateurs : Jean Pierre Laens qui m’a fait chausser mes premiers crampons, Raymond Delgado et Jean-Bernard Cabannes qui m’ont fait aimer le rugby et enfin Marc Marais qui m’a convaincu que je pouvais réussir au haut niveau.

Et sinon remercier tous les joueurs avec qui j’ai joués. Kockott, Lamerat, Andreu, Dulin, Cabannes, Sébastien Pages, Brice Mach (et lui dire que l’heure c’est l’heure !) et tous les étrangers qui m’ont apporté de leurs cultures… et tant d’autres, tous les autres avec qui j’ai joué toutes ces années en fait. Tous ces mecs, j’ai adoré vivre avec eux. C’était une vie parfaite de rugbyman. Aujourd’hui c’est cette ambiance avec les copains qui me manque le plus, c’était parfait. Je voulais aussi remercier mes parents et ma femme d’avoir toujours été derrière moi.

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  • martix
    8406 points
  • il y a 3 ans

ca fait du bien de voir des interviews comme cela de la part d'un mec qui a fait une belle carriére tout de meme

Et voilà,tout est dit;belle façon de rendre au rugby ce qu'il nous a apporté,sportivement,humainement,voire culturellement;

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