Ce n’est plus un débat, mais plutôt un constat de longue date. Chaque année, les clubs de Top 14 jouent trop de matchs et cette réalité use sérieusement l’organisme de ses principaux acteurs : les rugbymen. Sur une année pré-Mondial qui s’annonce particulièrement dense, certains joueurs alertent déjà sur une situation dure à tenir. Parmi eux, Antoine Dupont s’est exprimé sur ce sujet à l’aube de la rencontre entre le Stade Toulousain et les Exeter Chiefs, ce dimanche 18 octobre, au Stadium de Toulouse.
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Selon des propos rapportés par Rugbyrama, le demi de mêlée des Rouge et Noir n’a pas caché sa frustration face à la situation : “Ce qui est de plus en plus dur, c'est d'enchaîner les matchs. Quand on voit le niveau du Top 14… Dix équipes sur quatorze peuvent prétendre à jouer la phase finale. Il n'y a aucun week-end où tu peux te la faire tranquille. Tu es toujours obligé d'être à fond.” Pour faire rentrer toutes les dates dans un calendrier immuable, le rugby professionnel a fait le choix des doublons depuis ses débuts, malgré l’absurdité profonde et évidente d’un tel système.
« On veut gagner tous les matchs, mais on ne peut pas tous les jouer. » – Antoine Dupont, demi de mêlée du Stade Toulousain.
Aux 26 journées de la saison régulière du championnat, les quatre rencontres de phase de groupe de Champions Cup ou de Challenge Cup peuvent être ajoutées. En cas de bons résultats sur les deux tableaux, les écuries peuvent également se qualifier pour les phases finales. Ainsi, au maximum, le compteur peut monter jusqu’à 37 matchs en club sur une seule saison. À cela, il faut considérer les éventuels appels en sélection des uns et des autres, qui fatiguent encore davantage les organismes.
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“Tous les clubs doivent s'adapter. Parfois avec des jeunes, avec des effectifs sur lesquels on râle parfois qu'il y a beaucoup de turnover. Pourtant, les managers et les clubs n'ont pas le choix face au nombre de matchs et aux blessures”, pointait du doigt Antoine Dupont en conférence de presse. “C'est toute la complexité des staffs, qui essaient de faire au mieux pour préserver la santé des mecs. Avec les blessures, on voit des joueurs qui doivent faire toutes les feuilles de match. Puis, si ce n'est pas la blessure, c'est la contre-performance qui va handicaper le joueur en question. À un moment donné, on n'est pas des machines non plus. Il faut trouver des solutions”, ajoute le capitaine du XV de France.
Par ailleurs, le demi de mêlée évoque aussi sa situation personnelle. Au-delà de l’enchaînement des matchs, certains joueurs sont aussi handicapés dans leurs préparations physiques. Pour cause, les internationaux, généralement français ou sudistes, ne peuvent pas reprendre l’entraînement simultanément que leurs coéquipiers, lors de la préparation estivale de présaison. Le retour de ces derniers est alors précipité et peut amener un faux-rythme, voire à une blessure. “Cela faisait quatre ans que je n'avais pas débuté une saison de manière normale. [...] C'était, du coup, plus compliqué. La période estivale m'a fait beaucoup de bien. J'ai pu me régénérer et bien me préparer.”
Par ailleurs, le joueur de bientôt 30 ans se permet une petite prédiction avec un léger second degré pour donner une direction aux évolutions qui doivent régler ce problème. “Je ne pense pas que le temps de jeu effectif soit parti pour baisser, que les joueurs vont être moins costauds et aller moins vite. Tant mieux pour le spectacle. Mais, nous, à l'intérieur, ce n'est pas évident. On doit s'adapter”, commentait ainsi le joueur formé du côté d’Auch et des Hautes-Pyrénées.
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Dans le monde du rugby, cette problématique autour du calendrier ne fait pas couler autant d’encre dans les autres pays. Pour cause, aucun autre championnat majeur ne connaît un tel problème. Pour cause, les équipes voient leur championnat s’étaler sur seulement 18 journées en Premiership (Angleterre), soit 8 de moins que le Top 14, avant la phase finale. En United Rugby Championship (Irlande, Écosse, Italie, pays de Galles et Afrique du Sud) et en Japan Rugby League One (Japon), les saisons régulières s’étalent sur le même nombre de week-ends. Pour le Super Rugby (Fidji, Australie et Nouvelle-Zélande), les franchises ne jouent pas plus de 14 rencontres avant de jouer les play-offs.
En clair, il ne faut pas s’attendre à ce que la solution à ce problème vienne d’ailleurs. Elle ne risque pas non plus d'arriver comme par magie ou sans faire aucune concession. Seule une réflexion et une action franco-française viendront à bout de cette incohérence persistante.
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