FIDJI : le traitement des nations du Tier 2 se rapproche de l'esclavagisme, selon Ben Ryan
FIDJI : le traitement des nations du Tier 2 se rapproche de l'esclavagisme, selon Ben Ryan.
L'ancien sélectionneur des Fidji 7s tire la sonnette d'alarme, à moins d'une semaine de France - Fidji.

Champion olympique avec les Fidji en 2016, Ben Ryan en connaît un rayon sur le traitement des joueurs fidjiens dans le monde du rugby. Et ce qu'il a à dire sur ces derniers, qui défient ce samedi le XV de France à Lille, n'est pas très reluisant : dans une interview parue dans The Guardian, il parle même d'esclavagisme : "ce n'est pas loin de l'être."

XV de France - Fidji : vers la pire affluence de l'histoire au Stade de France ?Pourquoi un tel mot ? Au-delà du cas fidjien, Ben Ryan évoque en fait la situation de tous les pays du Tier 2. Et notamment le manque de temps pour se préparer à disputer des test-matchs. 

On a critiqué la performance des Fidji en Ecosse, mais ils n'ont pas eu de temps ensemble. Les Fidji, comme les Samoa, ont des joueurs sur presque tous les continents. On ne peut pas se préparer en quatre ou cinq jours, après avoir joué en club le week-end précédent.

Ryan est aussi revenu sur les différences financières entre les nations du Tier 1 et celles du Tier 2. Pour lui, un partage des revenus générés au stade devrait être mis en place.

Les Japonais touchent 15 euros par jour pour préparer le choc face à l'AngleterreDécouvrez l'interview complète, où Ryan parle aussi de l'arbitrage en Top 14ici.

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Ça confirme bien que le rugby à XV est un sport qui ne se joue même pas entre 12 nations, mais seulement 10 : les 6 nations du grand tournoi européen et les 4 nations du Rugby Championship du Sud. Et encore, les Argentins et les Italiens ne sont pas à égalité avec les autres en terme de moyens.
La Cdm n'en a que le nom et reste un tournoi à 8 (ou 9). Les autres nations sont juste là pour faire le nombre. Le pire est que ça ne dérange pas les grandes nations et World Rugby. La preuve, ils veulent mettre en place une ligue des nations qui renforce l'entre-soi. Et c'est un Argentin - Agustin Pichot - qui le propose...

Le mec a tout juste... Les Fidjiens, contre l'Écosse, ont été défrayés 13 livres de l'heure, un truc comme ça... Et ils n'ont rien touché (la fédé, les joueurs) sur les entrées d'un stade bourré à craquer... Les clubs nourris par des fonds de pension, des banques, des assurances, achètent des "Îliens" qu'ils envoient sur tous les continents... Ce que Ryan dit sur le top14 et son arbitrage est également bien vu, je conseille vivement...

  • Chams
    7093 points
  • il y a 1 an

Tain, c'est hyper long et chiant de traduire un article en fait !
Je me suis essayé à l'exercice, voici la 1ère partie :

Fiji’s gold-medal winning sevens coach is unhappy with the direction he believes the game is moving in – from the treatment of tier-two nations to laws being overlooked by referees

L’entraineur des Fidji 7’s, médaillé d’or aux JO, est mécontent de l’orientation du rugby actuel, qui selon lui traite mal les nations du tiers 2, et n’arbitre pas certaines règles pendant les matchs.

If you love rugby union what follows will be a tough read. According to one of the world’s leading coaches, however, the time has come for the sport to get real. “If rugby were a company people would be comparing it to an Enron,” says Ben Ryan, Fiji’s Olympic gold-medal winning sevens mastermind. “It’s completely dysfunctional.”

Si vous aimez le rugby à 15, ce qui va suivre va vous être dur à lire. Selon un des meilleurs entraineurs, cependant, le temps est venu pour le rugby de s’ancrer dans le réel. « Si le rugby était une société, les gens la comparerait à Enron » dit Ben Ryan (Entraineurs des Fidji 7’s, médaille d’or aux JO). « C’est complétement dysfonctionnel.
Ryan’s charge sheet is long and chilling. With Japan set to visit Twickenham this weekend he says tier-two nations continue to be treated with almost feudal disregard, that the sport’s law-book is being wilfully ignored and that skilful players are becoming disillusioned with where 15-a-side rugby is heading. Central to it all, he believes, is the selfish decision-making of certain stakeholders which is steering the global game into deeply worrying territory.

La liste des griefs de Ryan est longue et glaçante. Avec la visite du Japon à Twickenham ce weekend, Ryan prétend que les nations du tiers 2 continuent à être traitées avec un mépris presque féodal, que les règles du sport sont délibérément ignorées, et que les joueurs talentueux comment à perdre toutes leurs illusions quant à l’avenir du rugby à 15.
Au centre de tout ça, selon lui, sont les décisions égoïstes de certains partis, qui conduisent l’ensemble du sport vers un territoire grandement inquiétant.

Take smaller nations like Fiji, forever close to Ryan’s heart, and Japan. The latter’s amateur players are being paid just £13.64 (2,000 yen) per day this week to represent their country and will receive not a penny of the vast Twickenham gate receipts. “It’s not far off slave labour,” insists Ryan, who had to dig into his own pocket early in his Fiji tenure to fill the team bus with petrol and buy bottled water for his squad. “If you are playing somewhere where the crowd is over a certain figure you should get some of the money. At the moment it’s a case of ‘We’ll fly you over and give you a nice few days in the Lensbury Club but that’s where it stops.’”

Prenez des petites nations comme les Fidji, très chère à Ryan, ou le Japon. Ces derniers ne sont payés que 15€ par jour, et ne recevront pas un centime des nombreuses ventes de tickets à Twickenham. « On est pas loin d’un travail d’esclave » insiste Ryan, qui a parfois du payer lui-même l’essence du bus des Fidji, ou des bouteilles d’eau à ses joueurs. « Si vous jouez dans un endroit ou la foule génère de l’argent, vous devriez percevoir une partie de cet argent. Pour le moment, on en est à « On vous paie l’avion, et on vous offre quelques magnifiques jours dans le Lensbury Club, mais ça s’arrête la ».

  • Chams
    7093 points
  • il y a 1 an
@Chams

The imminent announcement of a new Test structure – potentially a world league which would see the top-10 nations all play against each other, a grand final between the top-two sides plus promotion and relegation – will not solve everything. As well as more money, Ryan argues better quality preparation is critical. “Quite a few people were critical of Fiji in Scotland on Saturday but they’ve had no time together. They and Samoa have players playing on almost every continent. You can’t prepare in four or five days having played a club game the previous week.”

L’annonce imminente d’une nouvelle structure (la ligue des nations, avec les 10 meilleures nations mondiales, une finale, et une promotion/relégation) ne va pas tout résoudre. Tout autant que plus d’argent, Ryan argumente qu’une meilleure préparation est un élément critique. « Pas mal de gens étaient critiques de la prestation des Fidji contre l’écosse Samedi, mais ils n’ont pas eu de temps ensemble. Les Samoa et eux ont des joueurs sur presque tous les continents. Tu ne peux pas te préparer en 4 ou 5 jours en ayant joué le week-end précédent en club.

Short of a Pacific island-based team being admitted to Super Rugby, World Rugby transforming their funding models or the Test window for tier-two nations being widened, the gulf will remain. Ryan is even angrier about the dangerous ruck clear-outs he says referees are being told to overlook. “There’s so much grey in the lawbook. There are at least three laws – collapsing rucks, not staying on your feet wilfully and shoulders below your hips – we just ignore. I think it’s incredibly dangerous. Almost every weekend now there’s something. How do we expect teams, players and supporters to understand our game when we’ve got all this going on?”
Même proche de l’admission en Super Rugby d’une équipe basée dans les îles du pacifique, de la transformation du modèle de financement de World Rugby ou du changement des tests matchs pour les nations du tiers 2, le gouffre (l’écart) restera.
Ryan est encore plus énervé à propos des nettoyages dans les rucks, que les arbitres ont pour consigne de ne pas arbitrer. « il y a tellement de zones grises dans les règles. Il y a au moins 3 règles –effondrement du ruck, ne pas rester sur ses appuis de façon délibérée, avoir les épaules sous la ligne des hanches – qu’on ignore simplement. Je pense que c’est incroyablement dangereux. Presque chaque weekend maintenant il y a quelque chose. Comment peut-on espérer des équipes, des joueurs, des supporters de comprendre ce jeu quand on a tout ça qui se passe ?
Without a wholesale rethink, Ryan can see huge icebergs ahead. “I am genuinely concerned. I’m seeing these boys getting bigger and more physical and they’re getting smashed up on a more regular basis. Even kids at under-14 level are getting smashed at breakdowns. Never mind Brexit, we’ll just get the tackle-shield manufacturers to up production. I went to one county age-group finals day and there were yellow pads everywhere. I didn’t see any long passing skills, it was just boom, boom, boom.

Sans une profonde refonte du jeu, Ryan voit des gigantesques Icebergs sur le chemin. « Je suis vraiment inquiet. Je vois les gars devenir plus gros, plus physique, et ils se font démolir de façon quotidienne. Même les enfants de moins de 14 ans se font démolir. Ne vous en faites pas pour le Brexit, on va juste faire augmenter la production des boucliers chez les fabricants. Je suis allé voir des finales régionales par groupe d’âge, et il y avait des boucliers partout. Je n’ai vu aucun exercices de longue passe, c’était juste boom, boom, boom.
“The school kids are looking at what the top players are doing. At the moment the perception is that the way to win professional games is through blunt-force trauma, winning ruck after ruck and going through 20 or 30 phases. In every single ruck there’s something going on. In the Top 14 the referees are being told: ‘Don’t even bother refereeing the breakdown, just see what happens.’ At the moment it’s just a mess. They’ve let it run away with itself.

Les jeunes regardent ce que font les joueurs pros. Pour le moment, on en perçoit que pour gagner un match pro, il faut aller tout droit en force, gagner ruck après ruck pendant 20, 30 phases de jeu. Dans chaque ruck il se passe quelque chose. Les arbitres de top 14 ont pour consigne « Ne vous embêtez pas à arbitrer les détails, regardez juste ce qu’ils se passe ». Pour le moment, c’est juste le bordel. Ils ont laissé le truc en autogérance.

  • Chams
    7093 points
  • il y a 1 an
@Chams

“We need people to start saying: ‘What is this going to look like in 20 years’ time?’ Do we want a more skill-based game that involves being on our feet more and requires tactics and technique over brawn and brute strength? If that’s our end goal, let’s look at our laws. Players who are just finishing their careers are already saying: ‘This isn’t fun.’ I’m thinking: ‘These guys are twice the size of me 20 years ago.’ What happens if that happens again in the next 20 years? Will they be wearing helmets? Or will something else have to happen?”

On a besoin que les gens commencent à se dire : « A quoi ça va ressembler dans 20 ans ? Est-ce qu’on veut un jeu plus technique, où on joue debout, qui requiert de la tactique et de la technique plutôt que de la force brute ? Si c’est notre but, regardons les règles du jeu. Les joueurs qui finissent leur carrière le disent déjà : « Ce n’est pas fun ». Je me dis que ces mecs font le double de mon poids il y a vingt ans. Il se passera quoi si ils doublent encore dans 20 ans ? On leur mettra des casques ? Ou quelque chose d’autre DOIT arriver ?
If only there were more prominent figures up on the barricades with the sharply-intelligent Ryan. He is in increasing demand, involved with, among others, UK Sport, the French Rugby Federation and a charity currently doing research into knife crime, but the 47-year-old’s deep concern for rugby’s future still burns. “I don’t think people are looking at the full picture. You can’t put a number on everything but we know the game is going in the wrong direction. There are still too many stakeholders and too many invested decisions. They need some independent consultants to say: ‘This is what is best for the game.’”

Si seulement d’autres personnalités importantes montaient au créneau, comme le fait Ryan avec son intelligence aiguisée.
Il est extrêmement demandé, par, entre autre, UK Sport, la FFR, et des œuvres de charité, mais la profonde inquiétude de l’homme de 47 ans demeure. « Je ne pense pas que les gens regardent le tableau d’ensemble. On ne peut pas tout chiffrer, mais le jeu dans son ensemble va dans la mauvaise direction. Il y a trop d’intervenants et trop de décisions liées aux investissements. Il leur faut des consultants indépendants pour dire : « C’est de ça dont a besoin le jeu ».
If not, let us pray it does not take a fatality in a high-profile Test to bring everyone to their senses. “I don’t mind being militant about this,” concludes Ryan. “We’re not thinking brightly enough. We’re very reactive and short-termist and people are just protecting themselves. The whole process of trying to make the product better is a broken one.”
Sinon, prions pour qu’il ne faille pas une horreur dans un test très médiatisé pour que tout le monde reprenne ses esprits. « Ça ne me dérange pas de militer pour ça », conclut Ryan. « On ne pense pas assez clairement. On est très réactifs et court-termistes, et les gens ne font que se protéger eux-mêmes. L’ensemble du processus pour essayer de faire un meilleur produit est cassé ».

  • Chams
    7093 points
  • il y a 1 an
@Chams

La traduction n'est pas parfaite, parce que ça prend du temps, et que ce n'est pas mon métier, donc n'hésitez pas à reprendre les bourdes que j'ai pu faire.
Mais quand l'entraîneur des Fidji 7's, médaillés d'or aux JO, te dit que tout le sport est condescendant avec les nations du tiers 2, si ce n'est raciste (ou au moins avec une mentalité coloniale, même si ce ne sont pas ses mots), qu'il est dangereux, et qu'il va dans la mauvaise direction, j'ai trouvé ça important que les non-anglophones puissent le lire.
J'ai laissé l'anglais pour les demi-anglophones gênés par certaines tournures de phrases.

  • Kallso
    3034 points
  • il y a 1 an
@Chams

Merci beaucoup !

  • Ranor
    20378 points
  • il y a 1 an
@Chams

Merci pour ce travail de traduction!

J'ai aussi beaucoup aime ce commentaire "There are at least three laws – collapsing rucks, not staying on your feet wilfully and shoulders below your hips – we just ignore. I think it’s incredibly dangerous."
C'est bien que des gens autre que les amateurs du ministere parle de ca car il y a en effet beaucoup a faire dans ce domaine.
Ensuite, il n'est clairement pas tres favorable au systeme de ligue des nations, car meme s'il y aura un systeme de montee/relegation, ce seront toujours les memes equipes qui joueront les unes contre les autres et les nations "mineurs" n' auront pas l' occasion de se developper et de grandir

@Le Haut Landais

A titre personnel, ce qui m'inquiète le plus c'est la position des épaules, "shoulders below your hips". Et je ne parle pas des pros mais des amateurs.
Quand je vois le nombre de joueurs qui expose leur nuque et leur dos en venant s'étaler sur les rucks... Sans parler des arbitres qui regardent ailleurs quand le match devient rude... c'est facile de faire très mal aux joueurs adverses dans la "légalité".

A uvu des matchs du week-end dernier, même d'un Ireland-New Zealand, ça ne risque pas de changer rapidement.

@Le Haut Landais

Ligue des nations, piège à cons. Le petit monde du rugby friqué se referme de plus en plus sur lui-même, finira par ressembler au polo ou au cricket Z'ont sans doute pas compris que l'avenir du rugby serait d'en faire un sport vraiment populaire, joué tout autour de la planète et non pas un truc de supermen. Déjà le déclin s'amorce au niveau des petits clubs amateurs avec les difficultés de recrutement pour les écoles de rugby, ce sport ne fait plus rêver les gamins (et encore moins leurs parents).

La cause est bonne mais sa comparaison est completement foiree. C'est dommage parce que tout le monde va lui tomber dessus à cause de ca au lieu de se concentrer sur le message qui est l'absence de moyens donnes à ces equipes.

Ben Ryan a tout-à-fait raison de dénoncer le traitement des équipes du Tier 2.
Par contre, attention aux comparaisons douteuses et très exagérées avec l'esclavage. Les vrais esclaves aimeraient beaucoup être à la place des joueurs de rugby pros, fussent-ils du Tier 2.

  • Chams
    7093 points
  • il y a 1 an
@Kad Deb

Un mot trop fort peut aussi permettre de faire buzzer l'article, et par conséquent d'attirer le regard sur le sujet de fond. C'est p-e l'objectif.

@Kad Deb

Ces joueurs on rarement leur destin entre leur mains, ils se doivent de gagner un maximum d'argent durant leur carrière pro pour subvenir au besoin de leur famille ettendu dans les iles. Du coup ils sont complètement à la mercie des clubs qui peuvent leur dicter leur loi. L'aspect sportif passe au second plan. Le cas Jonah Lomu est un example, le mec malgré sa notoriété est mort sans un sous car il avait tout donné à sa famille. J'aimerai bien voir un comparatif des salaires donnés au joueur Tier2 comparé au joueur Tier1 d'ailleur.

@Kad Deb

Je comprend ton point mais il dit que ce n'est pas loin d'etre de l'esclavage apres avoir mentionne le salaire que les joueurs japonais recoivent en comparaison a celui que les joueurs des nations majeures recoivent.
Il en va de meme de la repartition des gains, du temps de preparation que les joueurs de ces nations "mineures" ont ainsi que le traitement qui leur est reserve. En gros, soyez content de venir jouer chez nous et que vous puissiez passer quelques jours ici

@Kad Deb

Le mot est effectivement fort, et son origine évoque un traitement beaucoup plus inhumain que le traitement fait aux joueurs de rugby du T2, mais pour autant ce mot n'est pas choisi par hasard lorsqu'on s'aperçoit de la souffrance et l'errance de certains iliens lors de leur venu en France, par exemple.

@Marc Lièvre Entremont

Déjà entendu dans les couloirs d’un club de top 14 « les fidjiens ils abbatent le même boulot qu’un français, on les paye deux fois moins cher, et ils se plaignent pas ». Il a tellement raison! La plupart des fidjiens qui jouent en top 14 et que tout le monde connaît sont ceux qui s’en sortent le mieux. Mais que dire de tous les autres, quasi anonymes en top 14 et aux étages inférieurs..! Ils ont une telle pression financière de leurs familles au pays que même s’ils sont payés la moitié de leur vraie valeur ils ne disent rien. Et ça les clubs qui l’ont compris en abusent

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