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''Du jamais vu'' en ''zone de guerre'' : comment le XV de France Féminin a transformé une situation impossible en victoire face à l’Australie

Ce samedi 19 septembre, le XV de France Féminin a vécu un match surréaliste. Le choc face à l’Australie a été remporté, alors que les Bleues ont joué à 11 contre 15 durant plusieurs minutes.

Erwan Harzic 20/09/2026 à 11h18
Ce samedi 19 septembre, le XV de France Féminin a vécu un match surréaliste. Le choc face à l’Australie a été remporté, alors que les Bleues ont joué à 11 contre 15 durant plusieurs minutes. - (France TV)
Ce samedi 19 septembre, le XV de France Féminin a vécu un match surréaliste. Le choc face à l’Australie a été remporté, alors que les Bleues ont joué à 11 contre 15 durant plusieurs minutes. - (France TV)

La rencontre internationale entre les Bleues et les Wallaroos, au stade Maurice-David, a été le théâtre d’un scénario qu’aucune des deux formations n'avait sûrement déterminé à l’avance. Pour cause, ce samedi 19 septembre, le XV de France féminin a passé près de cinq minutes à onze joueuses sur le pré, tandis que les Australiennes étaient quinze. Une infériorité numérique qui a commencé dès la 18ᵉ minute de ce second match du WXV 2026 et qui a permis aux Océaniennes de planter trois essais. “On était enfoncées dans un trou noir. C'est du jamais vu ! C'était de la gestion de crise”, confiait Émilie Boulard auprès de L’Équipe après la rencontre. Malgré cela, les Tricolores sont revenues d’entre les morts, pour arracher un improbable succès (29-26).

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Un scénario digne d’un thriller

En Provence, les conditions étaient optimales pour jouer avec 27 °C et quelques nuages pour apaiser les chaleurs du soleil méditerranéen. Pourtant, ce cadre idyllique a révélé un véritable enfer, quand Ambre Mwayembe est sortie pour un coup d’épaule dans le visage de la pilier droit australienne (18ᵉ), ce carton jaune vire ensuite à l’écarlate avec le bunker. Réduites à quatorze, entre la 22ᵉ et la 23ᵉ minute, Léa Champon et Léa Murie vont toutes les deux recevoir un carton jaune pour un plaquage haut, sur deux actions distinctes. En parallèle, la Toulousaine Cloé Correa est exclue définitivement, pour des doigts dans la zone oculaire d’une adversaire lors d’un maul.

Entre la 18ᵉ et la 33ᵉ minute, la période où les Bleues n’ont pas pu jouer au complet, le XV australien a inscrit pas moins de trois essais, avec 19 unités au compteur. Chez les Wallaroos, Brittany Merlo (19ᵉ), Tania Naden (24ᵉ) et Caitlyn Halse (28ᵉ) ont profité de cet avantage numérique. Le jeu était clairement en leur faveur et les joueuses Gold & Green pensaient se diriger vers une victoire dans l'Hexagone. Ensuite, hormis un essai de Piper Duck (49ᵉ), plus aucun point ne sera inscrit pour les visiteuses.

Les Bleus, à domicile, ont voulu se rattraper dès la fin du premier acte, avec des essais enragés d'Anaïs Grando (38ᵉ) et Émilie Boulard (40ᵉ +1). En seconde période, Pauline Bourdon-Sansus a joué son rôle de capitaine de la meilleure des manières, avec une arrivée bienvenue en Terre promise (57ᵉ). La fin du match a souri à Élisa Riffonneau (68ᵉ) et Teani Feleu (75ᵉ) qui ont fait briller le coq à la conclusion d’un récit homérique. Une ultime possession australienne a été récupérée par un grattage salvateur de Maïlys Mailagi, juste avant la sirène.

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Une palette d’émotions uniques

En tout cas, les Françaises ont réussi à faire vibrer les supporters, dans le pire comme le meilleur. Les réactions insolites se sont succédées après le coup de sifflet final. Le sélectionneur François Ratier a évoqué un “chaos de très haut niveau”, concédant qu’il n’avait jamais observé telle situation. Toujours selon le quotidien sportif, la troisième ligne Axelle Berthoumieu a salué l’esprit de résilience de ses coéquipières, après avoir été réduites à onze : “Je suis trop fière des filles, je ne savais pas qu'on avait ça en nous.”

Au micro de France TV, la trois-quarts Gabrielle Vernier s’est montrée bien plus ferme avec le groupe : “Avoir autant de cartons, mettre autant de bazar, une aussi mauvaise gestion… Franchement, aujourd’hui, on n’a pas de quoi être fière de nous. On fait un très mauvais match sur la discipline, après c’est sauve-qui-peut pendant le reste de la rencontre. Dans cette situation, l’équipe a dû faire preuve de caractère et de solidarité entre nous pour décrocher cette victoire. On peut profiter de ça, quand même, surtout que l’on n’a pas toujours l’opportunité de jouer en France. Le public est toujours au rendez-vous et on n’y serait pas arrivé sans eux.”

🏉 #WXV | 🗣️ " On ne peut pas être fières de ce qu'on a fait aujourd'hui"
La réaction de Gabrielle Vernier après ce match au scénario ubuesque.

📺 Le match sur France 2 et la chaîne sport de France TV : https://t.co/Ne8qRu5Iin pic.twitter.com/sDUWnAw8dQ

— francetvsport (@francetvsport) September 19, 2026

En conférence de presse, le sélectionneur a salué le caractère de ses joueuses, après la demi-heure de jeu avec “plein de choses positives, sur le caractère, la solidarité et l'envie d'être ensemble”. Néanmoins, il affirme que le XV de France “ne peut pas retomber dans ce genre de scénario trop souvent”, selon des propos rapportés par Le Figaro. Il pointe du doigt les “erreurs techniques sur les plaquages” et compare le terrain à “une zone de guerre, même s’il n'y avait pas de morts bien sûr”. Désormais, les Bleues ont rendez-vous le samedi 26 septembre, au stade Marcel-Deflandre, pour un choc face au Canada, troisième meilleure nation mondiale et vice-championne du monde, lors de la dernière rencontre de cette phase européenne du WXV 2026.

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O'Livey
O'Livey

Ce match c'était un Kamoulox. Cartons à foison, un bus qui crame, la victoire au bout on est pas sûr comment...
Cette équipe d'Australie, franchement, c'était pas extraordinaire. Y'avais la 3 solide qui offrait une bonne rampe de lancement que ce soit en portant ou en donnant la passe sur une 3/4 dans le dos. La 8 un peu galère à plaquer qui aimait bien lâcher le ballon pour se relever et repartir (même si à quelques reprises, je pense que les australiennes doivent être sanctionnées sur ces actions où les joueuses qui viennent pour déblayer se retrouve devant la porteuse de balle et font donc une obstruction qui lui permet de se relever). Quand t'arrive pas à plier un match à 15 contre 11 c'est quand même que y'a un gros écart de niveau à la base.
De notre côté, la charnière a superbement géré le match. Vernier a fait quelques erreurs défensives inhabituelles, je pense liées à ce positionnement en 13 qui est nouveau pour elle, mais elle a sacrément bien tenu la baraque. Teani monstrueuse quand il fallait porter direct. J'ai beaucoup aimé la rentrée de la 20, qui insuffle énormément d'énergie. A confirmer, mais vu que je préfère Manae Feleu en 4 avec Fall en 5, et que pour moi il n'y avait que Champon et Escudero qui avaient verrouillé leur place en 3e ligne, il y a une place à aller chercher. Même si je commence à bien apprécier Berthoumieu.
Côté discipline, comment dire... D'un côté, les jaunes (y compris celui qui devient un rouge) sont mérités, faut se baisser. Par contre, c'est pas possible que les Australienne se fassent pénaliser qu'une seule fois là dessus. Quand je vois les placages dans ce match, je me dis que les 4 qu'on prend pour ça sont arrivés de façon complètement aléatoire. Sur quasiment chaque placage à 2, de chaque équipe, y'avais un contact à la tête à un moment ou à un autre. Si l'arbitre avait eu la même attention sur les placages hauts sur le reste du match, le match il aurait pas fini, il aurait du être arrêté pour nombre insuffisant de joueuses sur la pelouse. Et je suis même pas sûr que ce sont les françaises qui seraient tombé à 10, les australiennes étaient clairement pas en reste dans le domaine non plus.
Quant au rouge direct, j'ai beaucoup de mal aussi. La main dans la zone occulaire, ça ressemble plus à un "devine qui c'est" qu'à une tentative de fourchette. La joueuse passe le bras par dessus l'épaule de celle qui est gentiement en train de l'étrangler (pourquoi pas hein), se retrouve avec le bras coincé qui fait un genre d'aile de pigeon. Et c'est la paume de la main qui se retrouve au niveau des yeux d'une autre australienne qui a rien demandé à personne. Mais ça me semble évident qu'il n'y a aucune intention de fiche les doigts dans les yeux, et l'arbitre sort le rouge parce que le contact est "prolongé"... M'enfin quand je vois la position, je vois difficilement comment elle pouvait sortir la main de là, elle était dans un genre de clé de bras involontaire. Globalement, on est très loin du pétage de câble d'Etzebeth de l'année dernière contre le PgD, ou même de Jégou contre l'Ecosse. Ce qui me chagrine encore plus, c'est que si n'importe quel contact avec la zone des yeux, même clairement sans intention, c'est un rouge complet, si on est cohérent, y'en a quelques uns qui vont sortir à chaque match dans les mauls et les rucks, parce que ce genre d'accidents ça arrive quand même très souvent dans ces situations. Celui là était jsute un peu plus visible.


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pascalbulroland
pascalbulroland

C'est au caractére qu'elles ont gagné ce match, et franchement, elles m'ont scotchés de ce côté là...
En même temps, elles se sont mises dans la panade toute seule, il fallait au moins le match qu'elles ont sorti pour "excuser" tous ces cartons.
Beaucoup parlent d'un match fondateur, je l'espère sincèrement pour elles...


potemkine09
potemkine09

Le Canada sera un bon révélateur. Mais tout de même, deux rouges ça fait vraiment mauvais genre.


JFMA
JFMA

"Mais tout de même, deux rouges ça fait vraiment mauvais genre."


Si tu dis ça à Bordeaux en ce moment, mieux vaut avancer ton trajet retour ... ;)


J'ai pris le match à la mi-temps, mon cerveau a eu besoin de quelques secondes pour assimiler ce que résumait la commentatrice : 11/15 avec 2 rouges.
Avec les images surréalistes de l'incendie derrière le stade et l'absence de pub quand j'ai basculé sur TF1, mes méninges ont même frôlé le black-out.