Cotter, Cheika, Umaga, White… Quel bilan pour les coachs étrangers en Top 14 ?
Vern Cotter, Michael Cheika... Deux grands noms, pas la même réussite en Top 14.
Nombreux sont les étrangers à avoir exercé comme ''head coach'' depuis la création du Top 14, en 2005. Bilan.

Un sélectionneur étranger bientôt à la tête du XV de France ? Le président de la FFR, Bernard Laporte, mène une vaste campagne de communication en ce sens depuis plusieurs semaines. Choisissant même de consulter… les présidents des clubs amateurs, qui devront donner leur accord - ou non ! - sur la question lors d’un référendum du 9 au 12 avril. Manière de se dédouaner, en cas d’échec ?

XV de France - Pour ou contre un sélectionneur étranger ? Les dates du référendum connues

Toujours est-il que les noms de Warren Gatland, Joe Schmidt, Eddie Jones ou Jake White ont été prononcés ces dernières semaines. Peuvent-ils réussir à la tête des Bleus ? Dans les colonnes du Midi Olympique, Gonzalo Quesada explique :

Je pense que nommer un sélectionneur étranger pourrait marcher, sans aucun problème. En revanche, ce coach étranger aura pour obligation de vite comprendre la culture française, la langue française, les mentalités. À travers ce que je peux lire dans les déclarations d’intentions de certains, je sens parfois un manque de respect vis-à-vis du rugby français qui ne me plaît pas. Si un entraîneur étranger est nommé à la tête des Bleus, il devra prendre ce poste avec beaucoup d’humilité. Vouloir imposer coûte que coûte sa vision des choses, ça ne pourra pas fonctionner.

Le point de vue de l’Argentin est forcément légitime. Ancien joueur dans l’Hexagone, Quesada est l’un des étrangers à avoir exercé en tant qu’Head Coach en Top 14, au Stade Français Paris. Pour un bilan franchement positif. Seulement, tous les étrangers n’ont pas eu la même réussite depuis la création de la compétition, en 2005.

Alors, qui a le mieux réussi ? Qui s’est manqué en Top 14 depuis quatorze ans ? C’est l’heure du bilan, d’où sont exclus les entraîneurs étrangers ayant seulement exercé comme adjoints.


Ils ont réussi en Top 14

Sûrement le coach étranger le plus emblématique, ayant le mieux réussi en Top 14. Presque inconnu à son arrivée à Clermont, Vern Cotter a mené les Jaunards au premier Brennus de leur histoire (2010) après… trois finales perdues ! Il a également ramené un Challenge Européen place de Jaude (2007), l’ASM disputant au passage une ½ finale (2014) et une finale (2013) de H Cup. Bref, très solide : de 2006 à 2014, Clermont aura été l’équipe la plus régulière en championnat. Aujourd’hui à Montpellier, le Néo-Zélandais lutte pour la qualification au Top 6. Et si le jeu du MHR a été très critiqué, il convient de rappeler que Cotter a mené les siens jusqu’en finale la saison passée.

Entraîneur du jeu au pied du XV de France, l’Argentin Gonzalo Quesada débarque au Racing 92 comme entraîneur des lignes des arrières en novembre 2011, avant de succéder à Pierre Berbizier comme manager des Franciliens, l’été suivant. Pas de titre dans les Hauts-de-Seine, mais une 6ème place (élimination en barrages), et une Coupe d’Europe quittée dès les poules. Mais en 2013, il arrive au Stade Français Paris, où sous son mandat, de nombreux jeunes vont se révéler jusqu’à intégrer l’équipe de France. Les Soldats Roses raflent un Brennus (2015) et une Challenge Cup (2017). Pas mal.

Un autre Argentin en réussite : Mauricio Reggiardo. Sa première (courte) expérience dans l’élite date de 2007, où l’ancien pilier joue les pompiers de service d’avril à juin en compagnie d’Ugo Mola. Maintien assuré. De retour comme adjoint à Castres en 2015, il doit passer par la Pro D2 (à Albi) pour devenir n°1… avant de redevenir entraîneur des avants, à Agen, comme adjoint de Mathieu Blin. Le SUA remporte la finale d’accession en 2017, et accède au Top 14. Reggiardo succède à Blin, obtenant un premier maintien avec un plan de jeu ambitieux. Le deuxième maintien ne devrait pas tarder.

Si les temps sont durs pour la Section Paloise cette saison (10 points d’avance sur la zone rouge), il convient de rappeler que Simon Mannix a ramené la formation béarnaise dans l’élite. Champion de France de Pro D2 en 2015, qu’a-t-il fait par la suite, en Top 14 ? Trois maintiens successifs, tout de même, dont une belle 8ème place en 2017, année où la Section ira en ½ finale de Challenge Cup. A noter que le Néo-Zélandais s’est souvent entouré d’adjoints étrangers (Bordoy, Hayman, Tito, C. Smith).

Le placer dans les “Tops” peut surprendre. Mais que peut vraiment se reprocher Richard Cockerill ? Adjoint de Mike Ford à partir de janvier 2017, il termine la saison seul à la tête du RCT, une fois son compatriote remercié (en avril). Bilan ? Une finale de Top 14, perdue à Barcelone contre le Racing 92. Si Boudjellal n’a pas voulu lui faire confiance à moyen terme, on connaît la suite avec l’ère Galthié… Cockerill, lui, a permis à Edimbourg de (re)devenir une équipe qui compte en Pro 14 et en Europe.


C’est en cours

Heyneke Meyer réussira-t-il au Stade Français ? Après un départ canon, les Parisiens ont connu un coup de moins bien, alors que le management du Sud-Africain a été publiquement remis en cause. Le Stade est aujourd’hui 7ème, à quatre points de la qualification.

Difficile de juger Jono Gibbes, débarqué à l’automne à La Rochelle. Le Néo-Zélandais succède à Patrice Collazo, après le bel intérim mené par Xavier Garbajosa. Pour le moment, le bilan est excellent en Challenge Cup, où les Maritimes sont qualifiés pour une ½ finale à domicile. En Top 14, La Rochelle est 8ème, à quatre points de la qualification. Rappelons que Gibbes a exercé comme adjoint à Clermont, de 2014 à 2017.

Même son de cloche pour le Sud-Africain Dewald Senekal. A la tête du FCG - en duo avec Stéphane Glas - l’ancien 2ème-ligne a remporté une finale d’accession en Top 14, mais n’entraîne que depuis cette saison dans l’élite. Pour le moment, le FCG est 13ème et barragiste. A sa place.

Dernier de la bande : Joe Worsley ! Adjoint à l’UBB depuis 2012, l’Anglais a “survécu” aux départs d’Ibanez, Brunel et Teague, pour devenir le coach principal depuis novembre dernier. Et ça marche, les Bordelais occupant la 6ème place du championnat. Et si c’était sous le mandat de l’ancien joueur des Wasps que l’UBB accrochait enfin les phases finales ? L’an prochain, l’arrivée du trio Urios / Charrier / Laïrle semble le condamner.


Ils auraient pu faire mieux

Adjoint de Quesada au Stade Français Paris, le Kiwi Greg Cooper est promu manager à l’été 2017 après une 7ème place et une victoire en Challenge Cup. Mais repartira au pays dès le mois de janvier, pour raisons personnelles. Les Soldats Roses sont alors 11èmes du championnat, et qualifiés pour les ¼ de la Challenge Cup. Difficile de le juger.

Après près de dix ans de “règne”, Didier Nourault quitte Montpellier en mars 2009. Le MHR termine tant bien que mal l’année avec l’un de ses joueurs - le 3ème-ligne sud-africain Warren Britz - dans le staff du duo Navizet / Mancuso. L’été arrive, et Britz est promu entraîneur principal, en compagnie de Pascal Mancuso. Bilan ? 10ème place, pour un club alors habitué au ventre mou. Pas suffisant pour être conservé par Fabien Galthié à l’été 2010.

Encore un Sud-Africain, mais à la renommée nettement supérieure. Champion du monde 2007 avec les Boks, Jake White arrive en cours de saison à Montpellier pour gérer l’après-Galthié. Il terminera 8ème. Les moyens sont mis, les Sud-Africains recrutés, et le MHR gagne ensuite la Challenge Cup, atteignant les ½ finales 2016. Pour sa dernière saison, White échoue en barrages. Laissant une impression plus que mitigée…

Ni top, ni flop, c’est également le cas pour un certain Tana Umaga. Nommé manager d’un RCT alors en Pro D2 en 2007, il est sacré champion de France en mai 2008. Toujours à la tête du staff l’année suivante, le retour dans l’élite est forcément compliqué. Ses adjoints Crenca et Cottin sont remerciés. Hueber arrive. Et finalement, Toulon se maintiendra, finissant à la 10ème place. Pas si mal, vu l’effectif alors en place… Umaga sera tout de même “rétrogradé” pour laisser le champ libre à Philippe Saint-André, en juin 2009.

Ah, Ewen McKenzie. Ancien joueur du PUC, coach des Waratahs, il arrive au Stade Français en 2008, succédant à Fabien Galthié. Son bilan ? Une demi-finale perdue face au futur champion de France, Perpignan. Tout de même. Mais le futur sélectionneur des Wallabies sera finalement viré en septembre 2009 après un début de saison catastrophique (avant-dernière place après 5 journées).


Ils ont échoué en Top 14

L’un des grands noms de cette liste. Michael Cheika a pourtant totalement échoué au Stade Français Paris, dans l’une des périodes les plus difficiles du club de la capitale. Ses deux années (2010/2012) se soldent sur une 10ème et une 7ème place. Et une finale de Challenge perdue en 2011.

Cheika parti, c’est l’Anglais Richard Pool-Jones qui est nommé directeur sportif du Stade. Sans succès : en mars 2013, il quitte ses fonctions pour retrouver un poste de vice-président du conseil d’administration. Ses adjoints Christophe Laussucq et David Auradou ne sont plus supervisés, et terminent la saison seuls. Paris finira 10ème.

Six mois, c’est le temps qu’aura tenu Jeremy Davidson à Castres, comme entraîneur principal. Nommé en juillet 2007, l’Irlandais est débarqué en décembre de la même année… ou presque. S’il formait alors la paire avec Ugo Mola à la tête de l’équipe, et que le futur manager du Stade Toulousain est bien remercié, lui est “relégué” au rang d’adjoint du nouveau patron du sportif : Alain Gaillard. Il ira ensuite à Aurillac (Pro D2), l’UBB (toujours comme adjoint), et aujourd’hui à Brive (Pro D2) comme manager.

C’est l’un des gros flops de ces dernières saisons : Diego Dominguez et son (très) court passage à Toulon. L’Italo-Argentin aura tenu de juillet à octobre 2016, sans réellement obtenir la confiance de Mourad Boudjellal. Idem pour son remplaçant, Mike Ford. L’Anglais ne terminera même pas la saison, avec un départ en mars 2017. Le RCT, qualifié pour les ¼ de la Champions Cup, occupait tout de même la 4ème place du classement.

Longtemps adjoint de Fabrice Landreau, Bernard Jackman est nommé à la tête de l’équipe première du FCG en 2016. Mais son bilan n’est pas bon, puisque Grenoble est relégué… Passé ensuite aux Dragons de Newport, il est limogé six mois plus tard.

Si l’expertise de Patricio Noriega est plus que reconnue, sa seule expérience comme entraîneur principal en Top 14 a été en échec. A la tête du trio Morlas - Linde - Larrechea, il ne parvient pas à sauver l’Aviron Bayonnais. Une saison, une 13ème place, et puis s’en va.

Scott Murray, c’est 87 sélections sous le maillot écossais. Et une fin de carrière de joueur… au Stade Montois, où il arrive en 2012. Or, le club landais est mal en point en Top 14 : Marc Dantin est débarqué. Murray est promu coach des avants, en compagnie de Stéphane Prosper, qui s’occupe des ¾. Mais la mission est perdue d’avance, et Mont-de-Marsan descend. L’été suivant, Murray reste entraîneur, mais en tant qu’adjoint (de Christophe Laussucq) en charge des avants.

Comme Simon Mannix, l’Australien Tim Lane a été sacré champion de France de Pro D2, avec le LOU (en 2014). Mais contrairement au coach palois, lui n’a pas su maintenir les siens dans l’élite. Débarqué au mois de mars 2015, il laisse alors le club lyonnais à la 13ème place, relégué quelques semaines plus tard.

Plus proche de nous, le cas Rory Teague a fait beaucoup parler. D’abord adjoint de Jacques Brunel, l’Anglais lui succède en janvier 2018. Mais l’UBB échoue (encore) dans la course à la qualification, et termine même à une bien triste 10ème place. Et cette saison ? Teague n’est déjà plus là, quittant la Gironde en novembre. Son management n’aurait pas été très apprécié dans le vestiaire.

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  • Flane
    1979 points
  • il y a 2 mois

Alors Cockerill avec Toulon c'était au stade de France face a Clermont. Et le jeu tout en finesse des toulonnais avait bien failli l'emporter. Bah alors M le ministre?

Proportionnellement les entraîneurs Argentins ont de plutôt meilleurs résultats que les Anglo-Saxons. Té, la France serait ainsi un pays de Latins ???

Comme pour Novès et PSA

Je l'ai déjà dit plusieurs fois mais Cotter est pour moi le plus qualifié :
* il parle bien français
* il connaît les forces et faiblesses de notre rugby passé et présent sur le bout des ongles
* il connait déjà la plupart des entraîneurs des clubs pro
* il a un joli palmarès
* il fait beaucoup bosser ses joueurs
* il a un jeu résolument offensif, où il fait notamment courir ses gros, ce qui est adapté au rugby international moderne
* il aime utiliser des joueurs issus de la formation française
* c'est un mec qui aime construire une équipe sur plusieurs année autour d'un projet
* ses joueurs (à part apparemment quelques Sud Africains de Montpellier) n'ont quasiment que des éloges à son encontre
* il sait s'entourer

je ne comprends même pas pourquoi la FFR ne lui a pas déjà proposé le poste, c'est le plus Frenchy des entraîneurs Neo Z.

  • gjc
    2031 points
  • il y a 2 mois
@Les courses en houle

On peut ajouter qu'ils ne sont pas beaucoup d'entraîneurs étrangers à avoir l'expérience du Top14 et d'une sélection, et il n'y a que Cotter qui ait fait la démarche d'acquérir la nationalité française pour lui et sa famille.
Qu'est-ce qu'on peut demander de plus!

@ La Rédaction Du Rugbynistère
"Head Coach" est moche. Madame la rédaction qu'elle est toulousaine, pourquoi nous balancer du briton à longueur d'article ? En France nous avons des entraîneurs principaux, qui malgré la ringardise qu'il semble y avoir pour l'usage du français font le même boulot.

"je sens parfois un manque de respect vis-à-vis du rugby français qui ne me plaît pas." la meilleurs blague jamais écrite sur ce site.

  • breiz93
    33970 points
  • il y a 2 mois
@coupdecasque

Je pense que Gonsalo est vraiment sincère en disant cela, et par la bande c'est une pierre dans le jardin de Heyneke Meyer...

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