Comment les États-Unis sont-ils parvenus à s'imposer dans le rugby à 7 ?

Comment les États-Unis sont-ils parvenus à s'imposer dans le rugby à 7 ?
Les États-Unis vivent actuellement leur meilleure saison sur le circuit mondial.
Si le rugby à XV américain est encore en phase d'apprentissage, le rugby à 7, lui, connaît sa plus forte expansion.

Transferts - All Blacks : Kieran Read va rejoindre le Japon après le Mondial 2019À l'heure d'un rugby à XV qui ne cesse de se développer à travers le monde, à l'image des Japonais qui attirent aujourd'hui les plus grandes stars néo-zélandaises dans leur championnat, les États-Unis ont su prendre la part des choses en lançant la Major League Rugby en 2017. Mais cette compétition reste encore en phase de développement aujourd'hui.

USA : que faut-il savoir sur la Major League Rugby, qui entame sa deuxième saison ?D'autre part, les Américains sont actuellement les leaders du circuit mondial de rugby à 7, grâce à une équipe composée de rugbymen aguerris, mais également d'anciens footballeurs américains et de sprinteurs. Un mélange qui a fait grandir cette équipe au fil des années et qui donne lieu aujourd'hui à une domination des USA sur le circuit mondial. « L'Amérique est un pays tellement diversifié », a expliqué Mike Friday, entraîneur de cette sélection, à The Guardian. « Dans notre équipe, nous avons certainement représenté cette diversité. Et si celle-ci peut être votre plus grande force, elle peut aussi être le talon d’Achille. En ce qui concerne la communication, les perceptions et la compréhension, on peut parfois avoir du mal à comprendre ce que les gens peuvent être ou sont. »

Un coach à l'écoute

Passé par les Wasps, l'Angleterre ou encore le Kenya, Mike Friday est en poste depuis 2014 au sein de la Fédération américaine de rugby, en tant que responsable de l'équipe de rugby à 7 masculine. S'il effectue un travail colossal auprès des joueurs sur le terrain, il est surtout très attaché aux petits détails qui touchent une équipe en dehors de celui-ci :

De toute évidence, nous avons travaillé dur sur notre développement physique, tactique et techniqu. Ils ont beaucoup appris. Mais nous avons entrepris un travail considérable hors du terrain il y a environ 10 mois, en travaillant sur la communication, la sensibilisation des autres et la conscience de soi. Il s'agit de savoir comment vous devez être prêts à faire des compromis, à réconforter et à servir de médiateur à la fois avec ce que vous dites et ce que disent les autres, et à travailler dur pour avoir cette flexibilité dans la communication.

Le défi n'est pas facile dans le sens où ses joueurs viennent tous d'horizons très différents. On retrouve dans cette sélection des joueurs venant des côtes, du centre des États-Unis, de différents milieux sociaux, éducatifs et même politiques. Il faut donc suivre un long chemin pour arriver à faire travailler ces différents athlètes ensembles. Aujourd'hui, cette tactique semble payer puisque les Américains ont atteint la finale à chaque reprise sur les cinq premières étapes du circuit mondial et ont remporté leur premier tournoi cette saison, chez eux, à Las Vegas.

Crédit vidéo : World Rugby.

La renaissance des Eagles

« Cela a pris du temps, mais nous en voyons les avantages maintenant. » Effectivement, du temps, et surtout du courage, Mike Friday en a eu. Après une saison 2013-2014 catastrophique marquée par une treizième place, le sélectionneur a ramené les Eagles dans le top 10, et plus exactement, dans le top 6,  lors de sa première année à la tête de cette formation. Son meilleur résultat depuis ? Une cinquième place lors de la saison 2016-2017. Après avoir manqué le rendez-vous à San Francisco l'année dernière lors de la Coupe du monde (éliminés en quarts de finale), Mike Friday et ses hommes semblent aujourd'hui avoir trouvé le bon rythme. Quoi de plus rassurant en cette année de qualification olympique : « La réalité est que nous sommes tous sur la qualification olympique cette année et pour cela, nous devons nous classer parmi les quatre premiers. Briser l'emprise des superpuissances, voilà le défi. » Il est également rassurant de voir qu'aujourd'hui, les États-Unis ne dépendent pas que de Perry Baker, le meilleur joueur du monde de ces deux dernières années. En effet, si les Américains ont remporté leur premier tournoi de la saison à Las Vegas,  Baker, lui, n'était pas de la partie. Blessé lors du match face aux Tonga à Hamilton, il souffre d'une fracture de la mâchoire et n'est pas encore rétabli.

Hamilton 7s - Perry Baker victime d'une fracture de la mâchoire !En son absence, ils ont pu malgré tout s'en remettre en grande partie à l'autre « flèche » de cette sélection, le sprinteur Carlin Isles, auteur de 9 essais sur le tournoi, mais également à Kevon Williams, un pur produit du rugby universitaire, qui plaît beaucoup à Mike Friday. Un effectif qui permet aujourd'hui à l'entraîneur de voir les choses en grand : « Notre défi pour les 18 prochains mois est d'identifier et de nourrir une équipe capable de nous faire avancer jusqu'à 2020. Et en tant que nation de rugby de deuxième plan dans une économie de premier plan, cela sera dur. » D'autant que les joueurs qui composent cette équipe américaine ne sont pas payés plus de 24 000 dollars par an (environ 21 000 euros). Un facteur que Mike Friday prend bien évidemment en compte :

Il faut beaucoup de sacrifices pour poursuivre ce rêve. Ces garçons vivent sur le seuil de pauvreté, sur le salaire minimum. C’est la réalité. Ils font ce sport parce qu'ils l'aiment et veulent devenir des modèles. Une fois que vous êtes devenus un modèle et que vous avez capté l'attention de la population et, plus important encore, du monde commercial, vous avez une chance.

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