Dans le podcast Le Rugby Confidential, Sacha Valleau a lâché une bombe : « Aaron Grandidier fait partie des trois mecs avec le plus long temps de suspension comparé à la NBA. Il y a LeBron James, Anthony Edwards… et lui. » Une phrase choc, mais qui pose une vraie question : un joueur de Top 14 peut-il réellement rivaliser avec les stars NBA en temps passé en l’air ? La réponse est surprenante.
Plus de 3 mètres pour attraper un ballon : un super-pouvoir
Toujours d’après Sacha Valleau, Aaron Grandidier est monté à plus de 3 mètres bras tendus pour capter un ballon haut cette saison, lors d’une rencontre de Top 14. Dans un secteur historiquement dominé par les Sud-Africains et les nations anglo-saxonnes, la France est en train de progresser à vitesse grand V… et Grandidier en est l’un des symboles.
En utilisant les lois simples de la gravité, on peut estimer le temps de suspension correspond la durée pendant laquelle un athlète est totalement en l’air, entre le moment où ses pieds quittent le sol et celui où ils le touchent à nouveau. À partir d’un calcul simple, on peut estimer qu’un saut de 3 mètres correspond à environ une seconde complète en l’air, voire plus.
Cette seconde peut sembler courte. Mais dans un sport collectif, au milieu d’un duel aérien, c’est une éternité. Pourquoi Sacha Valleau parle de « 3 secondes » ? Dans le podcast, Sacha Valleau évoque un chiffre encore plus spectaculaire : « Il est capable de tenir presque trois secondes en l’air. »
Physiquement, rester trois secondes en suspension pure serait impossible pour un être humain. Cela correspondrait à un saut de plusieurs mètres au-dessus des capacités biologiques.
Mais Valleau parle en réalité de l’impression visuelle : le temps où Grandidier quitte le sol, domine son adversaire, attrape le ballon, puis retombe. Ce n’est pas un chronomètre scientifique, c’est une image. Et cette image dit une chose : il semble flotter.
La tête de Cristiano Ronaldo comme point de comparaison
À titre de comparaison, impossible de ne pas penser au but mythique de Cristiano Ronaldo en Ligue des champions, lorsqu’il s’élève à 2,93 mètres pour placer une tête au-dessus de tous les défenseurs. Ce jour-là, le monde du football avait parlé d’un saut « surhumain », qu’aucun footballeur n’a depuis réalisé. Aaron Grandidier a choisi le rugby, mais dans un duel aérien avec CR7, il aurait probablement pu lui manger le ballon sur la tête.
Un dunk NBA… mais avec un ballon ovale
Visuellement, certaines prises de balle de Grandidier ressemblent à un dunk NBA. Quand un basketteur s’envole pour claquer un dunk, le public a l’impression qu’il reste suspendu dans l’air. Exactement la même sensation se produit quand Grandidier monte bras tendus au-dessus de tous les autres joueurs pour capter le ballon.
A son prime, la légende LeBron James planait à 3,10 mètres en moyenne. Avec un visage à hauteur de l'anneau. A titre informatif, ce dernier est situé à 3,05m. Aaron Gordon, qui aime aussi dunker, est annoncé à 3,20 mètres (bras tendus). Le champion olympique à 7 ne joue pas en NBA, mais il évolue aujourd’hui dans la même zone aérienne que les baketteurs les plus athlétiques. De plus, Grandidier saute contre quelqu’un, dans un espace réduit, avec un timing millimétré.
La révolution technique : adieu « la panière », bonjour les bras tendus
Autre point clé à noter : la technique du jeu aérien a légèrement changé. Et le Palois maîtrise parfaitement ce nouveau geste. Avant, les joueurs montaient et mettaient les bras en « panière », les bras pliés, ballon pris devant le visage. Aujourd’hui, les bras sont tendus au-dessus de la tête. La lecture de trajectoire est ainsi encore plus difficile, la dextérité doit être irréprochable, mais le gain de plusieurs centimètres est précieux.
Aaron Grandidier ne joue pas en NBA et ne marque pas de buts en Ligue des champions. Pourtant, avec ses envolées à plus de trois mètres et cette impression unique de flotter dans les airs, il a fait entrer le rugby français dans une nouvelle dimension. Ce qui relevait autrefois de l’exception devient aujourd’hui un standard d’excellence. Et si le jeu aérien est en train de changer, c’est aussi parce que certains joueurs, comme lui, ont décidé d’aller chercher le ballon là où seuls les basketteurs et les légendes du football semblaient pouvoir monter.
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