« Les premiers mois en France, j'ai souffert »
Certains imagineaient facilement Taniela Tupou débarquer en Top 14 et déplacer quelques piliers dès ses premières mêlées grâce à ses gros cuisseaux. Le scénario a été moins simple. Arrivé au Racing 92 en décembre 2025, le puissant droitier australien reconnaît avoir eu besoin de temps pour apprivoiser le rugby français. « Les premiers mois en France, j'ai un peu souffert », explique-t-il à Planet Rugby. Il pensait que son adaptation serait rapide. Plusieurs mois ont finalement été nécessaires pour comprendre une mêlée française différente dans ses placements et sa préparation.
VIDÉO. Depuis son arrivée au Racing 92, Taniela Tupou semble libéré : le pilier australien signe un doublé et régale même au pied face au JaponMême 148 kilos doivent apprendre à se placer
Si ce témoignage est intéressant, c'est parce qu'il concerne non pas un Espoir qui découvre l'élite. Mais un joueur de 1,84 m pour 148 kg, qui compte désormais 73 sélections avec l'Australie. Tupou possède une puissance suffisamment spectaculaire pour avoir construit une partie de sa réputation sur ses charges et ses accélérations. Mais une mêlée de Top 14 ne se résume pas à savoir pousser très fort. Le pilier évoque lui-même la manière de se placer et de préparer l'affrontement comme les principales différences rencontrées en France.
Un regard qui en dit long sur le championnat français. Les piliers étrangers découvrent chaque semaine des profils très différents. Des premières lignes capables de modifier leurs hauteurs ou leurs angles et une importance considérable accordée à cette phase. Tupou estime avoir commencé à produire son meilleur rugby avec le Racing en fin de saison. Les chiffres du club montrent aussi son activité ballon en main : 12 matchs et déjà 5 essais sous le maillot ciel et blanc.
Du Racing aux Wallabies, le déclic de Tupou
Cette montée en puissance a surtout rouvert une porte que l'on pouvait croire refermée. Joe Schmidt l'a rappelé avec les Wallabies et Tupou vient d'enchaîner cinq nouveaux matchs internationaux. Dont deux comme titulaire, pour trois essais. Face au Japon, il a même signé un doublé. Aucun pilier australien n'avait réussi pareille performance depuis 95 ans.
Et le contexte actuel rend toute cette histoire encore plus passionnante. L'Australie reste sur cinq rencontres sans défaite avant de recevoir les Springboks dimanche à Perth, avec une Coupe du monde 2027 à domicile qui commence déjà à occuper les esprits. Et Tupou va justement retrouver l'un des meilleurs examens possibles pour mesurer les progrès réalisés en France : la mêlée sud-africaine.
La galère française devenue un atout ?
À 30 ans, le « Tongan Thor » a sans doute (enfin) atteint l'âge de la maturité à son poste. Il possède toujours cette capacité assez improbable à ressembler à un troisième ligne lorsqu'il prend de la vitesse. Son passage au Racing lui ajoute désormais une expérience différente : celle d'un pilier qui a dû reprendre ses repères et apprendre d'autres codes malgré 73 sélections internationales.
VIDEO. Pour préparer l'Angleterre, Taniela Tupou s'amuse avec une barre à 180 kilosMais son aveu rappelle surtout une réalité appréciée des amoureux du Top 14 : même l'un des piliers les plus puissants de sa génération peut débarquer en France et découvrir que, dans une mêlée, quelques centimètres de placement pèsent parfois aussi lourd que 148 kilos.
Aucun commentaire pour le moment...