L'ES Catalane évolue en Fédérale 3, où elle reste une grosse écurie du Roussillon. Le stade Gaston-Pams et sa belle école de rugby ont perduré. Mais le club n'a plus le lustre d'antan.
Car en 1996, l'Étoile Sportive Argelésienne avait réalisé l'un des exploits les plus marquants du rugby français. Un petit club de 10 000 habitants, composé essentiellement de joueurs du cru, s'était invité parmi les 16 meilleures équipes de France. Chose qu'a voulu fidèlement raconter le doc ''Argelès, le dernier petit poucet'' de Mêlée à 5 et Anthony Lancien.
11-10 à la pause !
D'abord, les hommes de Pierre Aylagas avaient terrassé Nice (12-9 après prolongation), grâce à un drop de Pascal Amalric. De quoi s'offrir un huitième de finale face au grand Stade Toulousain.
Et quel Toulouse ! Champion de France en titre et fraîchement sacré champion d'Europe, le Stade alignait les Ntamack, Castaignède, Califano ou Carbonneau. Un monde d'écart avec les Catalans, qui s'entraînaient trois fois par semaine, après le travail.
Pourtant, à Carcassonne, Argelès fit vaciller l'ogre haut-garonnais. Grâce à une combinaison en touche, les hommes d'Aylagas inscrivirent un essai et regagnèrent les vestiaires à 11-10 à la pause !
Toulouse finit par imposer sa puissance devant pour l'emporter 27-16. Mais les Catalans avaient gagné le respect de tous. Jusqu'à Émile Ntamack, à qui sont attribués ces mots : « Ce jour-là, j'aurais aimé faire partie de cette équipe d'Argelès. »
Une épopée sans lendemain, hélas. Faute de moyens, Argelès refusa la montée dans l'élite. Mais trente ans plus tard, cette bande de copains, parmi lesquels trois frères Lièvremont, incarne encore l'une des plus belles histoires du rugby de terroir.
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