Une reprise à huis clos ? ''Ça voudrait donc dire la fin du rugby professionnel'' pour Goze
Une reprise à huis clos ? ''Ça voudrait donc dire la fin du rugby professionnel'' pour Goze.

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Dans une interview accordée au Figaro, Paul Goze a évoqué les conséquences d'une reprise à huis clos.

Quand la saison 2020/2021 du TOP 14 reprendra-t-elle ? Et surtout, dans quelles conditions ? Voilà deux questions pour lesquelles il semble impossible de répondre pour le moment. Ce dimanche, sur RTL, la ministre des sports a notamment évoqué le besoin d'un vaccin pour un "retour à la normale" dans le sport. Rugby y compris, donc.

Pour Roxana Maracineanu, il n'y aura pas de retour à la normale sans vaccinPour Roxana Maracineanu, il n'y aura pas de retour à la normale sans vaccinPrésident de la Ligue Nationale de Rugby, Paul Goze a de son côté accordé une interview au Figaro. L'ancien patron de l'USAP d'évoquer le scénario d'une reprise à huis clos, au mois de septembre, qu'il compare à un "tsunami" :

En cas de huis clos, ou même de jauge partielle, jusqu’à la fin de l’année civile, ça veut dire obligatoirement dépôt de bilan et faillite d’un grand nombre de clubs, tous ceux qui ne sont pas soutenus financièrement par un actionnaire puissant. Les revenus liés à la présence de ­public et de partenaires (hospitalités) lors des matchs représentent 60 % des revenus des clubs. Contre seulement 20 % pour la part des droits télé. On ne peut pas s’en passer, alors que pour certains clubs de foot c’est à peu près la proportion inverse. Ça voudrait donc dire la fin du rugby professionnel en France. - Paul Goze via le Figaro

Voilà qui est clair. Pour Goze, un plan massif devra être mis en place si ce scénario est confirmé. "Nos clubs auront deux à trois mois d’autonomie maximum." Ce plan massif ? "Une exonération des charges salariales et patronales jusqu’à fin 2021. Qui compenserait un huis clos de quatre à cinq mois," précise-t-il au Figaro.


Et aussi : 

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Et si la ligue se serrait la ceinture et laissait les club avec leur argent plutôt que de les ponctionner pour une structure, qui ne sert qu'à engraisser ces dirigeants ? Ce serrai déjà pas mal

  • jojo7
    2139 points
  • il y a 3 mois

Vous pouvez examiner le problème dans tous las sens , sous tous ses angles et , si vous êtes objectifs , vous constaterez que le rugby ne peut pas suivre les impératifs imposés par le professionnalisme . Comparé à d'autres disciplines le rugby ne propose pas des salaires exorbitants . Quelques uns peut être . Une entreprise viable vit de son travail . Le rugby , lui , ne peut pas . Sans mécène , sans aide des collectivités , sans sponsors il est inexistant ! Et , si on aborde le problème " santé " c'est dramatique !

Une course de roadster intersidéral à huis-clos, c'est la fin de Tatooine, a dit Jabbah The Hut

Et pourquoi ne pourrait-on pas baisser les salaires?
Legalement, c'est chaud mais si les clubs sont a ce point en danger, les joueurs feront un effort plus important que ce qu'ils ont consenti pour le moment.
Comme dit @amoureuxdubeaujeu, pourquoi privilegerait-on le sport pro plutôt que d'autres pans de l'industrie?

@Le Haut Landais

La complexité du sujet se base sur les causes de cette décision et sur la frontière entre les principes et la pratique. En essayant de faire simple et de ne pas trop partir dans tous les sens :

- En gros le modèle économique catastrophique du rugby pro se casse la gueule. Ce modèle a été choisi par les clubs, les joueurs ont certes profité de ces salaires démesurés au regard de l'économie réelle du rugby mais ils ne les ont pas imposés.

- Le principe, en enlevant la partie "joueur pro privilégié" qui fausse le débat, c'est que le patron a mal géré son entreprise et pour la sauver la solution retenue c'est de racketter son employé en utilisant un chantage solidaire "si tu ne baisses pas ton salaire de toute façon la boite ferme et tu n'auras plus de salaire" (ici agrémenté de "vous avez un salaire de dingue", couplé avec "pensez à la secrétaire du club qui peut se retrouver à la rue"). Le principe est tout simplement injuste, et ne tient pas compte de l'intégralité de la situation. Le patron pense à sa boite qui est dans la mouise, mais pas à la situation de l'employé : l'employé peut avoir avoir investi de l'argent dans des crédits/entreprises et avoir tout simplement besoin de son salaire, même s'il est hors-norme (on vit généralement à hauteur de son revenu). On est dans le paradoxe où beaucoup trouvent normal que l'entreprise qui n'a pas anticipé une crise puisse demander à l'employé de venir à son secours, mais si l'employé est dans le rouge lui-même on va lui reprocher la situation (si un joueur pro déclare ne pas vouloir réduire son salaire parce que son train de vie est élevé pour qu'il puisse le faire, il va se faire défoncer parce qu'il est irresponsable et qu'il avait juste à mieux gérer son argent.
L'autre point est que valider cette solution, c'est conforter le patron dans sa mauvaise gestion. S'il suffit de saigner ses employés pour surmonter la crise, on ne remet pas en cause le système.

- La pratique, où les joueurs ont en effet des revenus très confortables. Ils font partie d'une catégorie d'employés assez rares, ceux qui croquent une partie de l'économie qu'ils produisent. En effet quand le rugby va bien le joueur de rugby se met généralement bien, là où l'employé moyen ne voit pas de grosse différence (perso j'arrive même à voir ma prime d'intéressement diminuer les années où ma boite déclare des bénéfices records). Du coup au-delà de la réflexion de principe ci-dessus, on est tenté de se dire que si l'employé croque quand ça va bien on peut aussi lui demander des efforts quand ça va moins bien. Doublé du fameux prisme du "privilégié" qui veut qu'on trouve toujours normal de demander plus à ceux qui sont plus à l'aise que nous (ou que l'on pense plus à l'aise)... mais attention à la dérive facile, parce que nous sommes tous les privilégies d'un autre (ce que les politiciens ont bien compris depuis longtemps).


Globalement cela ne me dérange pas que l'on demande aux joueurs de participer à l'effort. À condition que cela ne soit pas imposé aveuglément (attention notamment aux différences importantes de salaire entre les joueurs), et que cela ne soit pas sans contrepartie : les joueurs participent, mais en échange le rugby pro doit revoir sa copie rapidement.
Même si je ne me fais aucune illusion, le rugby pro ne se remettra pas plus en question que le reste de la société, et les efforts seront demandés sans contrepartie (ou des contreparties comme l'État impose aux grosses boites qu'elle soutient "si on vous aide vous seriez sympa de pas licencier, enfin pas trop, enfin de toute façon si vous licenciez on dira rien")

@Team Viscères

je suis tout a fait d'accord avec toi.
mais j'avais la flemme d'écrire un beau pave comme le tien.
en fait, mon trop court post était une reaction a la proposition de Goze "exonération des charges salariales et patronales jusqu’à fin 2021".
Enfin, comme tu le dis, le système rugby pro ne se remettra pas en question, qui paiera les pots casses reste en suspens

@Le Haut Landais

@Team Viscères
Je ne voudrais pas faire dans la désespérance, mais ce que vous appelez le système, c'est à dire l'organisation sociale, me fait penser à un culbuto : une petite révolte, voire une grande révolution, donne une poussée, puis après quelques oscillations le système revient à l'équilibre antérieur, comme un pendule de Foucault. Certes il y a au fil des siècle bien des améliorations matérielles mais fondamentalement le mépris des classes dirigeantes pour les citoyens lambda n'a guère diminué. Et rien ne serait plus insupportable s'il n'y avait la démission complète de la majorité de ces citoyens lambda que l'on continue de lobotomiser grâce aux medias. Panem et circenses, rien n'a changé en 2000 ans.

@lelinzhou

seul qui fait partie de cette classe dirigeante a change (un peu mais pas beaucoup), pas son comportement

@Le Haut Landais

Malheureusement le comportement de ceux qui ne font pas partie des classes dirigeantes non plus...

@lelinzhou

tout a fait
behhh behhh behhh

@lelinzhou

C'est ça. Tu peux renverser la pyramide autant de fois que tu veux, à la fin il y aura toujours quelques personnes avec beaucoup en haut et beaucoup avec rien en bas (et ceux du haut qui persuadent ceux du milieu que c'est à cause de ceux d'en bas si c'est la mouise).

@Team Viscères

Ben ceux du milieu sont d'autant plus faciles à persuader que leur rêve est de faire partie de ceux d'en haut auxquels ils s'identifient.

@Team Viscères

oui mais en ce moment la pyramide devient de plus en plus haute. les différences entre les nantis et les autres ne fait qu'augmenter depuis les années 80 alors qu'elle avait bien diminue depuis les années folles

@Le Haut Landais

J'avais mis la proposition de Goze de côté parce qu'elle contient tout ce qu'il y a de plus détestable sur le sujet : le terme de "charges" au lieu de "cotisations" et le fait de présenter la défiscalisation du salaire de l'employé comme une solution qui évite de ponctionner le salarié, alors que les cotisations qu'on ne verse pas viennent réduire les prestations sociales dont bénéficiera à terme le salarié.

Ces gens là oublient (bien volontairement) que les cotisations ne sont pas de l'argent de l'employeur que l'État vient racketter mais de l'argent du salarié et de l'employeur qui ponctionnés à la source pour alimenter les différentes caisses de solidarité (caisses que l'employeur est bien content de voir exister en temps de crise).

@Team Viscères

la base d'un système social

Sans présumer de quelque chose surtout dans cette situation exceptionnelle, et même si je suis un amoureux de notre sport, je trouverais illogique d'aider plus un secteur comme le sport pro par rapport à des pans entiers de l'économie qui vont s'écrouler comme un château de cartes (tourisme, restauration, etc...)
Tout le monde évoquait depuis 10 ans que les deux sports principaux (Foot et Rugby) de l'hexagone vivaient au dessus de leur moyens, en tablant sur la vente de joueurs, de prévisions de résultats en fin de saison pouvant apporter des dizaines de millions, de subventions municipales pour combler un trou (même si cela diminue de plus en plus vu les restrictions administratives et les budgets municipaux en baisse). Les salaires des joueurs ont explosé au possible, et ce n'est pas la faute des joueurs !
A un moment, il ne reste que peu de solutions : la planche à billets façon US, la magie, le serrage de ceintures ou la clé sous la porte pour le sport pro.

Ultime solution : Bernie multiplie les pains et les millions pour en donner beaucoup à son copain Paul Goze ! Quoi, c'est pas possible ? sont pas copains ? ...

  • Loohr
    526 points
  • il y a 3 mois

"Une reprise à huis clos : "mort du rugby pro" "
"Pas de reprise du championnat : "mort du rugby pro" "

Dans les deux cas, Goze est au chômage..

"Une exonération des charges salariales et patronales jusqu’à fin 2021. Qui compenserait un huis clos de quatre à cinq mois," : le huis clos risque d'être bien plus long . Le rugby pro mourrira peut être mais le rugby non et c'est bien là l'essentiel

La fin du rugby professionnel, le rêve !

  • Tchou63
    2492 points
  • il y a 3 mois

Et si l'argent que touche la Ligue via les droits télé pour assurer son fonctionnement pharaonique allait directement dans la poche des clubs, ce ne serait pas plus facile pour traverser cette période ??

@Tchou63

Et si l'on avait utilisé une partie de l'argent des droits TV pour constituer une trésorerie de réserve, ce serait probablement plus facile de traverser cette période. Mais les clubs n'ont pas voulu, ils ont préféré qu'on leur donne l'argent directement dans les poches. On constate aujourd'hui que leur mettre l'argent directement dans les poches ne garantit pas plus une bonne gestion de cette argent. Que ce soit FFR, LNR ou clubs le problème est le même, cela ne vit que dans l'immédiat et une économie qui est une fuite vers l'avant.

@Tchou63

je croirais lire l'ITW récente du Président Altrad :
« ... Prenez le coût de fonctionnement de la LNR. Cette institution, qui emploie beaucoup de personnel et fait appel à des prestataires extérieurs, a des frais de conseils, d'avocats, de déplacement, de bouche, de communication, de marketing… alors qu'elle n'a pas de recettes propres et vit des droits télés qui devraient revenir en grande partie aux clubs... »

@Tchou63

D'un côté tu n'as pas tort, de l'autre c'est complètement dérisoire comparé au budget d'un club.

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