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« Toulouse ou Bordeaux. Question suivante ? » : ce journal anglais voit une Champions Cup déjà jouée

Et si la Champions Cup était déjà jouée ? En Angleterre, le Guardian place Toulouse et Bordeaux devant tous les autres, au risque de frustrer leurs adversaires.

Thibault Perrin 13/10/2026 à 14h33
Toulouse ou Bordeaux ? Robert Kitson ne voit pas d’autre vainqueur possible en Champions Cup. Un pronostic flatteur qui cache une inquiétude encore bien réelle. ©INPHO/Billy Stickland
Toulouse ou Bordeaux ? Robert Kitson ne voit pas d’autre vainqueur possible en Champions Cup. Un pronostic flatteur qui cache une inquiétude encore bien réelle. ©INPHO/Billy Stickland

À trois jours du coup d’envoi de la Champions Cup, le verdict tombe déjà de l’autre côté de la Manche. Pour Robert Kitson, chroniqueur du Guardian, le futur champion européen ne peut être que Toulouse ou Bordeaux-Bègles. « Le vainqueur de cette saison sera Toulouse ou Bordeaux-Bègles. Question suivante ? », écrit-il dans sa chronique du 13 octobre. Les bookmakers britanniques placent les deux formations à la même cote de 13 contre 5, devant le Leinster, Bath, Northampton et Montpellier. Une prédiction tranchée, alors que 24 clubs s’apprêtent à disputer la compétition.

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Il faut dire que les chiffres ont de quoi refroidir les concurrents. Depuis le succès d’Exeter en 2020, le trophée a systématiquement été remporté par un club français. Toulouse s’est imposé en 2021 et 2024, La Rochelle en 2022 et 2023, puis l’UBB en 2025 et 2026. Six sacres consécutifs pour les clubs du Top 14, avec une dernière finale remportée 41 à 19 par Bordeaux contre le Leinster. En Angleterre, cette domination commence à poser une question gênante : quel suspense reste-t-il aux autres ?

Deux favoris, et un fossé à combler

Le regard de Kitson dépasse néanmoins le simple palmarès. Il admire le rugby proposé par les grandes écuries françaises, leur capacité à trouver les espaces et à sanctionner la moindre hésitation défensive. À Toulouse, Antoine Dupont incarne cette faculté à accélérer quand le rideau semble en place. À Bordeaux, Louis Bielle-Biarrey pousse constamment les défenses à surveiller leur profondeur. Le journaliste rapproche d’ailleurs ces qualités offensives de celles développées par les meilleures équipes néo-zélandaises. Avec de tels talents, jouer au même rythme que ces formations peut vite tourner à la mauvaise idée.

Mais la couronne n’est pas encore distribuée. Kitson cite le Leinster parmi les poursuivants les plus crédibles, avec Bath, Northampton ou Montpellier. Il évoque également Glasgow, les Stormers et même Pau, deuxième du Top 14 après six journées, comme possible surprise. Le défi de ces équipes est moins de produire davantage de courses spectaculaires que de contrôler les zones où Toulouse et Bordeaux font basculer leurs rencontres : la vitesse des rucks, la conquête, le jeu au pied et les ballons récupérés dans les airs. Sans maîtrise collective, les individualités adverses finissent par trouver la brèche.

Un format qui inquiète autant que les favoris

Le malaise britannique concerne aussi l’organisation du tournoi. La Champions Cup rassemble 24 clubs répartis en quatre poules de six, mais chacun ne dispute que quatre rencontres avant les huitièmes. Cette saison, les trois premiers de chaque poule seront directement qualifiés, puis les quatre meilleures équipes restantes compléteront le tableau. Autre nouveauté, le bonus offensif exige désormais trois essais de plus que l’adversaire, comme en Top 14. Kitson redoute que ces évolutions compliquent encore la tâche des effectifs moins profonds, déjà contraints de choisir leurs batailles.

Et le premier week-end illustre ses craintes. Vendredi 16 octobre, Bordeaux défendra son titre à Gloucester, où le Guardian évoque la possibilité d’une équipe anglaise remaniée. Un drôle de signal pour une compétition censée réunir l’élite, d’autant que Gloucester s’était imposé 26 à 17 à Bordeaux lors d’une précédente campagne. Dimanche 18, Toulouse accueillera Exeter. Pour bousculer les favoris, Kitson préconise de prendre rapidement l’avantage, de rester discipliné et d’exploiter les duels aériens. Un programme moins flamboyant que les highlights de Dupont, mais probablement plus efficace.

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Une finale franco-française déjà écrite ?

Le Britannique imagine donc un Toulouse–Bordeaux le 22 mai 2027, à Lyon. Sur le papier, l’affiche aurait de l’allure, avec deux clubs capables d’enflammer un match depuis leur camp. Pour l’EPCR, une telle finale consacrerait aussi une septième victoire française d’affilée. Reste cette ironie : au moment où le rugby européen devrait vendre de l’imprévu, son affiche la plus séduisante serait presque devenue la plus attendue. Encore faut-il que le terrain respecte le scénario du Guardian.

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