Toulouse retrouve déjà son « péché mignon »
À trois jours de retrouver Ernest-Wallon, le Stade Toulousain a reçu un premier rappel à l’ordre. Dimanche à La Rochelle, les champions en titre menaient 24-10 à la pause avant de s’incliner 30-27. Les Rochelais ont donc remporté le second acte 20-3, avec la pénalité de la gagne d’Antoine Hastoy à la 80e minute. Un scénario qui a réveillé un sujet déjà identifié en interne : cette équipe laisse (encore) revenir un adversaire qu’elle pensait avoir maîtrisé.
TOP 14. 10 essais, 1,98 m et un profil façonné à 7 : pourquoi Esteban Capilla colle autant au jeu de ToulouseLe constat n’est pas né à Deflandre. Après la finale de juin remportée 28-20 contre Montpellier, Ugo Mola avait déjà pointé la seconde période. Sans oublier les revers concédés en Champions Cup face à Glasgow et aux Saracens après des scénarios similaires. Rodrigue Neti insiste désormais sur la nécessité de ne pas vivre sur les acquis. Tandis que Matthis Lebel évoque lui aussi via RugbyPass une « marge » et l’envie d’aller vers un rugby plus abouti. Le vocabulaire de septembre ressemble donc beaucoup à celui de juin.
La marge se joue surtout après la pause
Le chiffre qui interpelle reste celui des quarante dernières minutes à La Rochelle. Toulouse avait construit quatorze points d’avance avant la pause, puis n’a ajouté qu’une pénalité. La Rochelle a marqué deux essais et deux pénalités pour renverser le match. Lorsque le rythme baisse, les Rouge et Noir rendent de l’oxygène à l’adversaire et le remettent dans le match. Mola a lui-même parlé d’un « péché mignon » revenu dès la première journée. Déjà questionné l'an passé, cet inscrit de tueur serait encore aux abonnés absents cette saison ?
Thibaud Flament a confirmé que la défense figurait parmi les secteurs ciblés après une fin de saison où Toulouse pouvait beaucoup marquer, mais aussi trop concéder. Kalvin Gourgues ramène le problème à une idée limpide : « Un match, c’est 80 minutes. » Pour l'analyse fine, on repassera. Mais dans les faits, il n'a pas tort. Et pour une équipe capable d’écraser le Racing 71-17 en demi-finale quelques mois plus tôt, la difficulté consiste justement à conserver la même exigence quand la rencontre semble déjà pencher de son côté.
TOP 14. Sans Cameron Woki à Ernest-Wallon, l’UBB perd l’un des profils les plus précieux de son pack pour défier ToulouseBordeaux arrive avec dix essais dans les valises
Le calendrier ne laisse aucun sas de décompression. Dimanche à 21h05, l’UBB débarque à Ernest-Wallon après avoir passé 64 pions au Racing 92. Bordeaux a inscrit dix essais, menait 38-0 à la pause et a encore marqué 26 points après le repos. L’endroit précis où Toulouse a souffert à La Rochelle correspond donc à une période où les Girondins viennent de montrer qu’ils pouvaient continuer à accélérer.
Le rendez-vous possède aussi un parfum particulier. Bordeaux avait éliminé Toulouse en quarts de finale de Champions Cup au printemps dernier. Cette fois, l’enjeu n’a rien d’un match couperet. Mais recevoir dès la deuxième journée une équipe aussi dangereuse ballon en main offre un test idéal pour mesurer les progrès annoncés : replacement défensif, discipline, sorties de camp et capacité à rester connecté après la 50e minute.
Un test, pas encore une alerte
Une défaite inaugurale ne suffit pas à fragiliser une équipe qui a remporté six des sept Boucliers de Brennus attribués depuis 2019. Patrice Collazo rappelait avant la saison que Toulouse reste ce club qui finit souvent par gagner. Mais dimanche, les Rouge et Noir auront une occasion très concrète de montrer que leur fameuse marge de progression dépasse le simple thème de rentrée.
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"Bordeaux n'arrive pas avec 10 essais dans les valises", comme vous dîtes, mais 10 essais au compteur. C'est pas pareil...