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Exporter un match du Tournoi aux États-Unis ? Avant le Mondial 2031, World Rugby envisagerait un pari inédit

Italie–Irlande à Boston dans le Tournoi ? World Rugby étudie une délocalisation aux États-Unis avant le Mondial 2031. Le projet fait déjà débat.

Thibault Perrin 10/09/2026 à 17h27
Le Tournoi loin de l’Europe ? World Rugby réfléchit à un match aux États-Unis avant 2031. Boston et Italie–Irlande figurent parmi les scénarios évoqués. Crédit :  TF1+
Le Tournoi loin de l’Europe ? World Rugby réfléchit à un match aux États-Unis avant 2031. Boston et Italie–Irlande figurent parmi les scénarios évoqués. Crédit : TF1+

Le Tournoi des 6 Nations pourrait, un jour, faire ses valises pour les États-Unis. Selon The Times, World Rugby pousse l’idée d’y organiser une rencontre avant la Coupe du monde 2031, attribuée aux États-Unis. L’Italie est citée comme une fédération ouverte à l’idée d’abandonner une réception, avec un Italie–Irlande à Boston parmi les scénarios évoqués. Aucun accord n’existe à ce stade et les six fédérations doivent encore donner leur feu vert.

200 millions de livres pour préparer 2031

Cette réflexion s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large. World Rugby a annoncé en mai vouloir investir 200 millions de livres aux États-Unis d’ici au Mondial 2031, avec l’objectif de développer le jeu sur le premier marché sportif mondial. L’instance vise aussi un surplus supérieur à un milliard de dollars grâce à cette Coupe du monde. Signe du poids commercial donné au rendez-vous américain.

Exporter le 6 Nations offrirait donc une vitrine difficile à reproduire avec un simple test-match. Le Tournoi apporte ses rivalités, ses habitudes et plus d’un siècle d’histoire. Et Boston permettrait, dans le scénario évoqué par la presse britannique, de rapprocher une affiche irlandaise d’un marché américain sur lequel World Rugby veut désormais accélérer.

Boston, un choix loin d'être innocent

Sur une carte, Boston n'est peut-être pas la première ville américaine à laquelle on pense pour exporter le Tournoi. Sur le plan démographique, le choix devient beaucoup plus logique. Selon l'American Community Survey 2024, 88 524 habitants de Boston déclarent une ascendance irlandaise et 51 878 une ascendance italienne, pour une ville de 673 822 habitants.

Un Italie-Irlande trouverait donc à Boston un terrain assez particulier : deux sélections européennes évoluant à plusieurs milliers de kilomètres de Rome et Dublin, mais devant un public où les deux diasporas sont fortement représentées. Et pour remplir un stade américain avec du rugby, ce détail a son importance. 

Chicago a déjà laissé un souvenir immense

L’Irlande sait d’ailleurs ce qu’un grand rendez-vous américain peut produire. Le 5 novembre 2016, au Soldier Field de Chicago, les hommes de Joe Schmidt avaient battu les All Blacks 40-29. C’était la première victoire de l’histoire du XV du Trèfle contre la Nouvelle-Zélande. Dix ans plus tard, ce match reste une référence immédiate dès qu’il est question d’exporter une affiche internationale aux États-Unis. Lesquels vont aussi accueillir ce samedi l'ultime choc entre l'Afrique du Sud et les All Blacks à Baltimore.

Pour l’Italie, le sacrifice serait loin d’être neutre

Mais déplacer une réception italienne aurait un prix. En 2026, les deux matchs joués au Stadio Olimpico ont attiré 137 230 spectateurs et généré plus de 7 millions d’euros de recettes de billetterie. L’Italie y a également battu l’Écosse puis l’Angleterre, terminant pour la première fois un Tournoi invaincue à domicile. Rome n’est donc plus seulement une belle carte postale du calendrier.

La dimension culturelle compte tout autant. Depuis 2012, l’Olimpico est la maison des Azzurri dans le Tournoi et la FIR a progressivement construit autour des rencontres un véritable rendez-vous populaire. En 2026, plus de 120 000 spectateurs sont encore passés par le village d’après-match. Déplacer une affiche, c’est aussi retirer un week-end de 6 Nations au public italien.

Gagner une exposition américaine avant 2031 peut servir la croissance mondiale du rugby. Mais la FIR devrait renoncer à une partie de ce qui fait aujourd’hui la valeur de ses réceptions : revenus, avantage du terrain et lien avec son public. Pour l’instant, Boston reste une piste. Le simple fait qu’elle soit étudiée montre toutefois jusqu’où World Rugby veut pousser son pari américain.

Aurélien Boucherie (Amis à Laporte)
Aurélien Boucherie (Amis à Laporte)

Organiser le T6 au Qatar me semblerait une très bonne chose aussi...