À l’heure de retrouver l’Italie à Lille dimanche dans le 6 Nations, une question revient : le Stade Pierre-Mauroy – ex-Grand Stade Lille Métropole, aujourd’hui Decathlon Arena – réussit-il vraiment au XV de France ? Les chiffres sont clairs. En quatre matchs officiels disputés à Villeneuve-d’Ascq, les Bleus n’ont jamais perdu.
Le 17 novembre 2012, ils dominent l’Argentine 39–22 lors du premier match joué en France avec un toit fermé. Le 17 novembre 2018, rebelote face aux Pumas (28–13) malgré un score à la pause de 11 à 10 en faveur des Bleus. Ce jour-là, Teddy Thomas avait inscrit un doublé.
Le 14 septembre 2023, en pleine Coupe du monde, la France s’impose 27–12 contre l’Uruguay. Enfin, le 25 février 2024, lors du Tournoi, les Tricolores concèdent un nul frustrant face à l’Italie (13–13). Bilan brut : 3 victoires, 1 nul, 0 défaite, 107 points marqués, 60 encaissés, soit +47 de différence.
Discret dans les mots, colossal dans les chiffres : Charles Ollivon, un capitaine sans brassardUne moyenne flatteuse… mais révélatrice ?
En moyenne, la France inscrit 26,75 points par match à Lille et en encaisse 15. Sur le papier, c’est positif. Défensivement, les Bleus y ont souvent maîtrisé les débats, notamment face à l’Argentine, deux fois muselée. En 2023, lors de la Coupe du monde, le succès face à l’Uruguay avait permis de gérer l’effectif tout en sécurisant l’essentiel. Non sans subir quelques critiques par rapport à la prestation française.
Mais au-delà des scores, il faut contextualiser. Les deux succès contre l’Argentine s’inscrivaient dans des périodes de reconstruction. Celui face à l’Uruguay opposait deux équipes aux ambitions différentes. Le seul match à haute tension récente reste le 13–13 contre l’Italie en 2024. Et ce souvenir-là est moins confortable.
Le 13–13 face à l’Italie : avertissement nordiste
Ce nul face aux Transalpins, lors du Tournoi 2024, reste dans les mémoires. Dominateurs sur le papier, les Bleus avaient buté sur une défense italienne accrocheuse malgré un essai dès l'entame d'Ollivon. Et manqué d’efficacité dans les zones de marque dans le premier acte jusqu'au rouge de Danty. Ce jour-là, Lille n’avait pas été une forteresse imprenable, mais le théâtre d’une frustration collective.
Sans un coup de pied manqué de Garbisi en fin de partie, l'Italie remportait son premier match face aux Bleus en France. Mais le ballon du buteur italien, perturbé par la chute du cuir au dernier moment, avait trouvé le poteau. Un nul aux allures de défaites pour les hommes de Fabien Galthié. Lequel ne manquera pas de rappeler à ses ouailles qu'il ne faut surtout pas sous-estimer cette formation italienne, bien meilleure en 2026 qu'à époque.
Un stade taillé pour le spectacle
Avec son toit fermé possible, son acoustique particulière et une proximité tribunes-terrain, le Stade Pierre-Mauroy offre une atmosphère dense. Historiquement, la France a parfois eu besoin de sortir du Stade de France pour se relancer ou tester des dynamiques différentes. Lille s’inscrit dans cette logique : une enceinte moderne, capable d’accueillir les grands rendez-vous, et où les Tricolores ont, jusqu’ici, répondu présents.
Tout du match piège
À l’approche du prochain France–Italie, le bilan lillois est un argument positif mais pas une garantie. Oui, les Bleus y sont invaincus. Oui, la différence de points est favorable. Mais l’échantillon reste limité à quatre rencontres, et le dernier souvenir en Tournoi est un nul.
On peut dire qu'il y une pression modérée mais réelle sur les Bleus pour ne pas briser cette série et rester en course pour le Grand Chelem. Quant à l'Italie, elle sait qu’elle a déjà accroché les Bleus ici. Psychologiquement, cela compte. Surtout après sa victoire inaugurable contre l'Ecosse, et sa prestation plus qu'encourageante en Irlande. Pour les Bleus, c'est clairement le match piège.
Lille n’est pas encore une citadelle historique comme certaines terres du rugby mondial. Mais les chiffres parlent : jusqu’ici, les Bleus s’y sentent plutôt bien. Reste à savoir si, dimanche, la pelouse nordiste confirmera cette tendance… ou rappellera que seule la vérité du terrain compte
Meafou incertain et des cadres absents face à l’Italie : le moment idéal pour lancer un bizuth aux dents longues ?
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