Elle doit révolutionner l’écosystème du rugby de club et répondre à une question : qui sont les meilleurs ? Toutefois, la réponse devra se faire attendre. En effet, le Midi Olympique a annoncé, ce vendredi 7 août, que le Mondial des clubs de rugby ne verrait pas le jour en 2029, comme cela était annoncé. Pour la deuxième fois en l’espace de quelques mois, cette nouvelle compétition connaît un nouveau coup d’arrêt. Pour l’instant, aucune date de report n’est fixée.
ÉDITO. La folie des grandeurs : le futur du rugby bridé par son calendrier infernal ?Le Mondial des clubs de rugby galère
Initialement, la Coupe du Monde des clubs était annoncée pour la fin du printemps 2028. Numériquement, elle devait remplacer la phase finale de la Champions Cup, alors que la phase de poules se transformait en qualifications tardives. Toutefois, un obstacle s’est mis en travers de la route de ce projet ambitieux : le calendrier. Véritable casse-tête du rugby professionnel depuis ses débuts, ce dernier démontre régulièrement que les douze mois de l’année ne sont pas assez nombreux pour contenter toutes les instances de l’Ovalie.
En 2028, le problème était la proximité avec le mondial des sélections, attendu pour l’automne 2027 en Australie. Les deux échéances se seraient jouées aux deux extrémités d’une même saison, promettant un exercice long et marqué par des déplacements considérables pour de nombreux joueurs. Pour 2029, le problème est aussi lié à des échéances internationales, mais, ici, elles sont loin des préoccupations de l’Hexagone.
En effet, le calendrier négocié jusqu’alors serait, toujours selon le Midi Olympique, tardif. Il se déroulerait une semaine plus tard que ce qui serait attendu par les instances, australiennes et néo-zélandaises notamment. Prévus sur le dernier week-end d'août, les Australiens trouveraient que la finale devrait avoir lieu le 23 juin 2029, pour permettre aux Wallabies d’accueillir la Géorgie, une semaine plus tard. Les All Blacks, eux, commenceront à préparer la tournée face aux Lions britanniques et irlandais, sur la fin juin 2029, et craignent de voir leurs rendez-vous sportifs se chevaucher.
Avant le Mondial, les Bleus sous surveillance en Top 14 : la saison 2023 comme référence ?Construire sans diviser
De son côté, l’EPCR veut construire sans diviser et préconise un report. L’organisme chargé de la Champions Cup et de la Challenge Cup, représentant les intérêts des clubs français, irlandais, gallois, écossais, anglais, italiens et sud-africains, serait bien ancré sur ses appuis. Bien aidé par ses compétitions qui ont repris du poil de la bête depuis le Covid_19, il souhaite satisfaire tout le monde afin que ce projet reste dans l’esprit de toutes les institutions. Que l’idée du Mondial des clubs reste en vie, s’il faut le dire sans détours.
Cependant, jusqu’à quand les reports vont-ils aller ? Depuis des années, les compétitions de clubs européennes prennent de plus en plus de place en Europe, alors que les Sudistes privilégient le rugby de sélection. L’annonce de l’Afrique du Sud de possiblement quitter la Champions Cup et la Challenge Cup montre bien cet intérêt, pour un acteur qui fait le grand écart entre les deux hémisphères. Si la machine est lancée, le format d’une compétition de quatre semaines tous les quatre ans ne devrait avoir aucun mal à se renouveler, mais il faut que le moteur démarre, sans se noyer avant.
''Ce n’est pas tenable'', les Sud-Africains vont-ils claquer la porte de la Champions Cup ?Le Top 14 est-il bloquant ?
Dans nos contrées, le Top 14 a sûrement son mot à dire. Si le championnat français n’est jamais cité comme responsable de l’incapacité chronique à trouver un calendrier convenable, sa densité naturelle en est un obstacle évident. Parmi ceux concernés par le Mondial des clubs, aucun autre championnat ne se joue sur 26 journées de saison régulière. En Super Rugby, les équipes avancent vers la phase finale après 14 week-ends. En Premiership, United Rugby Championship et Japan Rugby League One, ce sont 18 semaines qui précèdent le sprint final.
Encore une fois, notre championnat n’est pas pointé du doigt. Néanmoins, il paraît évident que notre rendez-vous national est celui qui aurait le plus de difficultés à s’adapter à une Coupe du monde des clubs. Si le lancement était avancé dès la fin du mois de mai et sa conclusion à l’entame de l’été, les huit journées en plus que compte le Top 14 par rapport à ses équivalents pèsent dans la balance.
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