Leur entrée dans cette compétition a généré de nombreux débats, la possibilité de leur départ pourrait en faire de même. Cette semaine, le congrès annuel de la fédération sud-africaine (SA Rugby) a permis au président de l’institution, Mark Alexander, de s’exprimer sur l’orientation que prendrait le rugby national, sur les années à venir. Durant ce rendez-vous, l’homme fort du rugby sud-africain a explicitement évoqué que les franchises professionnelles du pays “pourraient abandonner” des compétitions où elles sont actuellement engagées.
Dans la foulée, le média sud-africain Netwerk 24 et The Times ont annoncé que les compétitions ciblées étaient celles de l’EPCR, soit la Champions Cup et la Challenge Cup. De son côté, Mark Alexander n’a cité aucun tournoi précisément. Cependant, ce sont bien les échéances internationales qui semblent être la cible de la politique du dirigeant. “En juillet, nous organiserons une réunion durant laquelle nous devrons décider quelles compétitions seront conservées”, a indiqué ce dernier lors du congrès annuel de SA Rugby. Ce départ pourrait vraisemblablement être effectif pour la saison 2027/2026, s’il est acté.
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Pour déclencher un tel débat au sein de SA Rugby, plusieurs éléments perturbateurs sont venus mettre à mal les plans d'expansion de l’ovalie d’Afrique australe. Tout d’abord, les franchises de la nation arc-en-ciel peinent à briller sur ces échéances. Bien que les Sharks de Durban aient remporté la Challenge Cup en mai 2024, aucun club n’a réussi à atteindre les demi-finales de la compétition, depuis son intégration à cette dernière sur la saison 2022/2023.
Selon la fédération sud-africaine, cette méforme s’explique par le calendrier surchargé des franchises sud-africaines. Alors que sa sélection est toujours calquée sur le calendrier sudiste, les clubs professionnels du pays, eux, doivent disputer leurs échéances au rythme de l’hémisphère nord. Résultat des courses, de nombreux joueurs jouent sur une période très étendue, de début juillet à mi-juin. Ainsi, des discussions internes auraient mis en avant le fait que les effectifs sud-africains engagés accordent bien plus d'intérêt à l’United Rugby Championship qu’à la Champions Cup.
Face aux différents acteurs du rugby sud-africain, Mark Alexander a montré l’impasse dans laquelle se trouvaient les équipes engagées, selon lui. “Nos revenus proviennent de notre participation à des tournois. La participation est importante, mais nos joueurs sont surmenés. [...] Nous devons trouver un équilibre pour que nos joueurs puissent se reposer suffisamment. Ils ne peuvent pas jouer 11 mois par an”, a-t-il affirmé selon des propos relayés par SA Rugby Mag.
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Au moment de rejoindre les compétitions de l’EPCR, SA Rugby était déjà bien au courant de cette problématique. Néanmoins, la fédération pensait qu’un accord serait trouvé avec World Rugby pour harmoniser l’ensemble des calendriers. Aujourd’hui, elle semble s’être fait une raison et admet qu’un calendrier unique n’est pas au goût du jour : “Les discussions concernant un calendrier mondial de rugby durent depuis 14 ans sans qu'aucun résultat concret n'ait été obtenu. [...] En tant qu’organisation, nous devons prendre des décisions difficiles. Nous le ferons lors des deux prochains mois, dans l’intérêt de nos joueurs.”
Cette déclaration cinglante pourrait viser l’institution internationale. En effet, elle ne paraît pas très active au sujet de trouver un point d’entente entre tous les acteurs majeurs du rugby international. Recherché depuis le début de la professionnalisation du rugby à XV, l’alignement des compétitions de clubs et internationales sur les mêmes dates a pris des airs de Serpent de Mer au fil des ans. Récemment, le PDG de World Rugby, Alan Gilpin, s’est même permis une critique du système sud-africain, au micro du podcast Rugby Unity.
La course invisible aux places de Champions Cup peut-elle animer la fin de saison en Top 14 ?En mars dernier, il arguait ceci : “Les joueurs sont au cœur du problème. Si vous êtes un joueur sud-africain, qui joue en Europe et avec les Springboks lors des compétitions internationales, notamment le Rugby Championship, cela représente une saison de 11 mois. Ce n'est pas tenable quand on joue au rugby de haut niveau.” À la vue du timing, on peut imaginer que le débat autour des compétitions de l’EPCR en Afrique du Sud a pu être affecté par cette prise de parole d’Alan Gilpin.
D’autant plus, le PDG de World Rugby a confié qu’il “restait du travail à effectuer” sur la question de l’harmonisation des calendriers. “C’est un défi car les problématiques varient selon les régions du monde. Différentes compétitions professionnelles nationales ont lieu et leurs modèles économiques sont basés sur le calendrier existant. [...] Ainsi, déplacer l’une d’entre elles nécessite des compromis dans d'autres domaines, et c'est là tout le problème du débat”, indiquait-il. De fait, il semble très peu probable d’imaginer un calendrier mondial aligné, entre sudistes et Européens, dans les prochaines années.
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