Une victoire au bout du bout devant un stade Gaston-Petit en ébullition et complètement acquis à la cause des Bleues, qui ont décroché un résultat quasi inespéré au vu du début de rencontre.
Et pour cause : réduites à 11 après de nombreux cartons dans le premier acte, les coéquipières de Gabrielle Vernier auraient pu voir la partie virer rapidement au cauchemar.
Mais, comme un symbole, celle qui portait pour la 61e fois le maillot du XV de France a tapé en touche à la sirène pour sceller définitivement un succès acquis dans les dernières minutes de la partie, qui s'explique en grande partie par la débauche d'énergie de la numéro 13.
Coupe du Monde. Gabrielle Vernier : la patronne silencieuse du XV de France [Décryptage]5 plaquages offensifs, 5 turnovers remportés
Pour son retour avec les Bleues, Gabrielle Vernier n'a pas fait dans la dentelle. Et pour cause : si on l'avait quittée lors du dernier Tournoi des Six Nations 2026 avec une blessure à l'épaule, la centre nous a gratifiés d'une copie XXL.
Et il fallait s'y attendre : dès la 28e seconde, elle s'est retrouvée sous un coup de pied de Pauline Bourdon Sansus pour envoyer un énorme carreau à l'arrière australienne.
Elle a ainsi terminé la partie avec 5 plaquages offensifs et surtout 5 turnovers, d'autant plus précieux que les Bleues étaient en infériorité numérique.
À l'issue des 80 minutes, après l'essai de sa partenaire du centre de l'attaque, c'est elle qui a expédié le ballon en tribune pour sceller, comme un symbole, cette victoire des Bleues, acquise dans la douleur certes, atteste d'un état d'esprit irréprochable.
5 - Gabrielle Vernier (@FranceRugby) a remporté 5 turnovers face à l’Australie, aucune joueuse n’a fait mieux lors d’un match de WXV (également Evie Gallagher v Italie en 2024).
— OptaJean (@OptaJean) September 21, 2026
Elle a aussi effectué 5 plaquages dominants, aucune arrière n’en a réussi plus lors d’un match de… pic.twitter.com/H8IT6keuHG
Gabrielle Vernier à l'heure anglaise
Si sa performance ravit très certainement l'ensemble des amoureux de la balle ovale dans l'Hexagone, il n'est pas impossible que certains voisins d'outre-Manche aient un œil attentif sur la performance de Gabrielle Vernier.
Et pour cause : après sept ans de bons et loyaux services à Blagnac, la native de Suresnes a quitté le club pour tenter l'aventure dans ce qui s'apparente au meilleur championnat féminin du monde, le Premiership Women's Rugby, en Angleterre, qui démarrera le 21 novembre prochain
Elle a rejoint cet été la formation de Gloucester, trois fois vainqueure du championnat de 2023 à 2025. Un changement radical de statut pour celle qui faisait partie des 24 premières joueuses à "vivre" du rugby en signant un contrat fédéral à mi-temps, à l'aube de l'actuelle décennie.
Là-bas, elle a signé en tant que professionnelle et va découvrir le gratin du rugby mondial. Comme elle le confiait à L'Équipe il y a quelques semaines, ce changement s'accompagne de nombreux sacrifices, mais la joueuse de 29 ans semble parfaitement prête à franchir un cap.
"C'est le fruit d'une longue réflexion. Ça fait déjà deux-trois ans que j'ai ce projet d'aller jouer à l'étranger en tête, sans avoir vraiment le courage de franchir le pas. J'ai posé ma démission pour pouvoir me lancer dans cette aventure. Au moment où je l'ai fait, je me suis dit que je ne pouvais plus faire machine arrière. Je pense que ça ne peut pas faire de mal de s'entraîner dans des structures un peu plus professionnelles et de pouvoir matcher contre des équipes où il n'y a quasiment que des internationales. J'espère que ça va me permettre de progresser et de ramener d'autres compétences en équipe de France. C'est tout le but de ma démarche."
Gabrielle Vernier pour L'Équipe.
Certainement la meilleure au monde à son poste...du moins pour moi.