Certaines séries semblent décidément impossibles à briser. Depuis leur première confrontation en 1905, l'Écosse a affronté la Nouvelle-Zélande à 33 reprises, sans jamais parvenir à s'imposer. Le bilan donne le vertige : 31 défaites et seulement deux matchs nuls. Samedi, à Murrayfield, les hommes de Gregor Townsend auront une nouvelle occasion de faire tomber l'une des plus vieilles malédictions du rugby international.
Les All Blacks restent même sur 21 succès consécutifs face au XV du Chardon. Mais les Écossais disposent d'un motif d'espoir : en novembre 2025, toujours à Murrayfield, ils avaient sérieusement bousculé les Néo-Zélandais avant de s'incliner 25-17. Huit petits points qui alimentent aujourd'hui les ambitions de Townsend.
Un siècle d'histoire et quelques regrets
La première confrontation remonte à novembre 1905, lorsque les légendaires Original All Blacks s'imposaient 12-7 à Inverleith. Depuis, les générations se succèdent sans parvenir à renverser la montagne néo-zélandaise. Une anomalie sportive pour une nation qui a pourtant régulièrement produit des joueurs de classe mondiale.
Interrogé jeudi, Townsend a justement évoqué le précédent de 2025. Le sélectionneur estime que son équipe a appris à mieux gérer les moments où un match bascule. Et avec une majorité de joueurs ayant déjà affronté les All Blacks, il espère que l'expérience permettra enfin de franchir ce fameux cap.
Dix joueurs de Glasgow pour construire l'exploit
Pour tenter de renverser la hiérarchie, le technicien a misé sur des associations bien connues. Pas moins de dix joueurs de Glasgow Warriors figurent dans le XV de départ, dont le capitaine Sione Tuipulotu. Le centre retrouve Huw Jones, désormais à Toulon, tandis que Finn Russell disputera sa 96e sélection.
Cette familiarité constitue un argument intéressant. Les automatismes entre partenaires de club peuvent faciliter les enchaînements offensifs et la communication défensive. Mais face à des All Blacks toujours capables d'accélérer brutalement le rythme, l'Écosse devra surtout sécuriser ses sorties de camp, protéger les rucks et produire des ballons rapides pour Russell.
Des All Blacks différents, un défi toujours immense
Townsend a d'ailleurs prévenu que la Nouvelle-Zélande avait évolué sous les ordres de Dave Rennie, avec un rugby plus ambitieux offensivement. Le défi sera donc différent de celui de 2025. Pour espérer l'emporter, les Écossais devront maintenir leur intensité pendant 80 minutes et éviter ces passages à vide qui leur ont parfois coûté cher.
À Murrayfield, l'occasion paraît belle pour une génération expérimentée qui possède des joueurs capables de faire mal aux meilleures défenses. Reste à savoir si elle trouvera enfin les ressources pour transformer ses ambitions en résultat. Après 121 ans d'attente, le peuple écossais ne demanderait certainement pas mieux qu'une première victoire historique.
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