Il fut un temps où le XV du Poireau puisait l'essentiel de ses forces dans les provinces galloises. Mais les choses ont bien changé. Pour affronter le Japon samedi à Cardiff, Steve Tandy a composé une équipe dont 12 des 23 joueurs évoluent dans le championnat anglais, soit 52,2 % de sa feuille de match. Un chiffre particulièrement révélateur de l'évolution du rugby gallois.
Selon RugbyPass, neuf titulaires jouent en Premiership, auxquels s'ajoutent trois remplaçants. Parmi eux, des cadres comme Dewi Lake et Jac Morgan, désormais à Gloucester, Tomos Williams à Saracens ou encore Louis Rees-Zammit à Bristol. Et cette expatriation massive pose quelques problèmes au sélectionneur.
Une règle modifiée qui a ouvert les frontières
La tendance s'explique notamment par l'assouplissement des règles de sélection galloises. En février 2023, le seuil de sélections nécessaire pour rester éligible au XV du Poireau en évoluant à l'étranger a été abaissé de 60 à 25. Une décision qui a facilité les départs vers la Premiership, où plusieurs internationaux poursuivent désormais leur carrière.
Pour mesurer le phénomène, rappelons que seulement six joueurs évoluant en Angleterre figuraient dans le groupe de 33 retenu pour la Coupe du monde 2023. Les effectifs ne sont pas directement comparables avec une feuille de match de 23 joueurs, mais la situation actuelle montre combien le championnat anglais occupe désormais une place importante dans le réservoir gallois.
Le casse-tête des rassemblements internationaux
Sportivement, les conséquences sont très concrètes. La semaine dernière, plusieurs internationaux évoluant en Angleterre ont dû quitter le rassemblement gallois en milieu de semaine pour retrouver leurs clubs et disputer la Premiership. Ils sont ensuite revenus préparer le Japon. Difficile, dans ces conditions, de travailler les automatismes avec la même continuité.
Mais Tandy refuse d'y voir uniquement un handicap. Dans des propos rapportés par la Press Association, il défend une sélection basée sur le niveau des joueurs, indépendamment de leur club. Les expériences accumulées dans d'autres environnements peuvent aussi enrichir le collectif. Encore faut-il réussir à exploiter cet apport pendant des rassemblements parfois raccourcis.
Le Japon pour lancer un mois décisif
Cette organisation sera mise à l'épreuve dès samedi, avant les réceptions autrement plus relevées de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie. Tandy devra notamment trouver le bon équilibre entre des joueurs qui évoluent dans des championnats différents et disposent de moins de temps pour travailler ensemble.
Car avec plus de la moitié de son groupe installé de l'autre côté de la frontière, le pays de Galles doit apprendre à fonctionner autrement. Et si le talent de ses expatriés reste une richesse, la question de la cohésion collective pourrait bien devenir l'un des principaux chantiers du rugby gallois.
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