De la folie de Singapour à la Fédérale 2, la saison à rebondissement d'un amateur tricolore
Pierre Dayde a quitté Singapour pour le Football Club Toac Toec Rugby en Fédérale 2.
Pierre Dayde a passé deux ans à Singapour. Revenu en France, il a toujours un oeil sur l'Asie alors que la saison en Fédérale est suspendue en raison de la pandémie.

Il y a un peu plus d'un an, nous vous avions fait voyager à Singapour avec le Français Pierre Dayde. En cette période de crise sanitaire, nous avons voulu prendre des nouvelles. D'autant plus que l'Asie a été particulièrement touchée par le coronavirus. S'il est rentré en France, il garde toujours contact avec ses anciens coéquipiers. 

SINGAPOUR : voyage au cœur du rugby local avec le Français Pierre DaydeSINGAPOUR : voyage au cœur du rugby local avec le Français Pierre Dayde

Quelles sont les nouvelles en provenance de Singapour ? Tes anciens coéquipiers n'ont pas été trop touchés ?

Singapour est un pays très rigoureux sur les règles mises en place et le système de santé est l'un des meilleurs du monde. Jusqu'au début de cette semaine, il n'y avait pas de mesures comme en France qui étaient prises donc les copains ont pu finir la saison normalement. Ils ont d'ailleurs perdu en finale, comme l'an dernier mais de deux points cette fois... Par contre, le gouvernement vient d'annoncer la fermeture des lieux de rencontres : cinémas, centres commerciaux, terrains de sport, mais aussi bars et boîtes de nuit ; et c'est ça qui me fait du soucis, surtout pour Valentin (le deuxième sur la photo ci-dessous), Dada, Aurélien Cognon, Cazaux (le 3eme sur la photo) et d'autres, qui aiment vraiment l'apéro ! On va essayer de s'organiser des apéros en télétravail. Mais avec 7h de décalage horaire, le Ricard au petit dej pour moi, compliqué !

Pourquoi es-tu rentré ?

On a passé deux ans avec ma conjointe pour une mission d'expatriation et la mission se terminait. C'est pour des raisons professionnelles que nous sommes rentrés en France.

Peux-tu nous parler de la fin de ton aventure là-bas ? 

D'abord j'en garde des supers souvenirs, sur le plan sportif (même si c'était pas la raison première de mon expatriation), sur le plan professionnel, mais surtout sur le plan humain ! Un expérience à l'étranger est je pense très enrichissante à tous points de vue. Mais cette aventure à Singapour restera surtout marquée par les rencontres que nous avons pu faire. Et c'est vrai que le rugby a beaucoup aidé. Ce qui a aussi amené des énormes bringues (surtout sur la fin justement...) ! Niveau rugby, malheureusement mon dernier match avec le XV Gaulois était une défaite en finale. Mais deux saisons incroyables où le club s'est engagé dans le championnat de 1ère division.

Quel souvenir gardes-tu de cette expérience ? 

Tout ! Les voyages dans toute l'Asie, la visite des copains de France, de la famille, les bringues... l'environnement de Singapour en général ! Jouer au rugby au pied des tours, c'est extraordinaire ! (photo) Mais il y a deux souvenirs qui resteront gravés :
- Quand mes copains de France et mon frère sont venus me rejoindre pour le tournoi Bangkok 10's. C'était génial ! Dur de jouer au rugby, mais super ambiance. Mais surtout après le tournoi, on en a profité pour faire un petit tour de la Thaïlande (photo ci-dessous), ça valait le coup !
- Le tournoi Hong Kong 7s, c'était mon dernier week-end en Asie, juste avant de revenir définitivement en France. C'est exceptionnel. Une ambiance incroyable, et surtout le France est allée en finale contre les Fidji.

As-tu eu du mal à retrouver un club en France ? 

J'ai commencé le rugby à 5 ans au TOEC Pradettes à Toulouse. J'ai joué dans ce club, maintenant FCTT, pendant 20 ans (avec un intermède de 4 ans à Colomiers). La saison avant de partir à Singapour, j'ai connu la montée Fédérale 3 vers Fédérale 2. Le FCTT c'est mon club de cœur. En revenant en France, je ne savais pas si je voulais reprendre, car la saison est longue et prenante. A Singapour, tu commences en novembre, en mars la saison est terminée. Tu as tout le reste de l'année pour voyager le week-end. Mais j'ai 28 ans, et je suis encore jeune pour arrêter. Donc je suis allé voir le président actuel du FCTT en juin, pour lui demander si c'était ok une place dans l'effectif qui était d'ailleurs déjà bouclé à cette période. Je me doutais de la réponse. Et je suis content de rejouer au FCTT, surtout que plusieurs de mes copains avec qui j'ai joués en jeune sont revenus au club : Reda Benlebad, Pierre Dupuy (qui est sur la photo ci-dessous à droite et qui était venu à Bangkok), Firmin Dinga, Thomas Fourthies, David Tarroque (enfant du club FCTT lui aussi), et d'autres... Et on retrouve en adversaire Timothée Bedel qui joue à Rieumes (à gauche sur la photo ci-dessous qui était venu à Bangkok aussi : depuis on l'appelle Nagasakix d'ailleurs).

Niveau rugby, ton séjour en Asie t'a-t-il été bénéfique ? 

Au retour en France je ne savais pas comment était le niveau, surtout en Fédérale 2. A Singapour, il fait 40° et 99 % d'humidité ; pour tenir les matchs il faut avoir un cardio énorme. Les locaux sont moins puissants physiquement, mais ils courent partout et surtout pendant 80min, eux ! (haha). Donc on travaillait surtout la course et la forme athlétique. J'appréhendais un peu la Fédérale 2 en France où les physiques sont plus développés et où quasiment tout le monde fait de la muscu ; moi j'aime pas ça ! Donc au début un peu compliqué, je manque de puissance (pour citer mon coach des avants), mais j'essaye de compenser avec le déplacement. Et ça se passe plutôt bien finalement. Il y a de la rotation à mon poste (2nde ligne), mais j'arrive à prendre du plaisir ; et même à marquer des essais !

Comment as-tu vécu cette crise sanitaire en tant que rugbyman amateur avec toute l'incertitude autour de la tenue ou non des matchs ?

On a eu un mois de janvier "compliqué" avec deux grosses défaites à l'extérieur chez des concurrents directs. Il y a eu un peu de mouvement interne, dans le staff en particulier. Mais, il n'y avait pas d'alerte non plus. On avait fait le taff sur la première partie de saison et on est dans le haut du tableau. Et puis "ça sert à rien d'être les champions du mois de janvier" (pour reprendre mon coach), c'est en avril-mai qu'il faut être bons. On avait retrouvé une belle dynamique avant cette "trêve" imposée. Mais qui finalement tombe pas trop mal pour nous car on avait pas mal de blessés. On va voir l'évolution et les décisions prises, mais c'est dommage d'arrêter, on s'amusait ! Et puis si ce confinement dure trop longtemps, ça va être dangereux pour le physique... (demandez à Quentin Bueno notre talonneur).

Quelle est la situation de ton club ? Financièrement ça va le faire ?

Oui la gestion est bonne et il me semble que le club se porte bien. Mais sans trop m'avancer non plus ; seul le président pourrait répondre.

Comment envisages-tu le reste de l'année et l'éventuelle reprise ?

On essaie de se maintenir en faisant du sport dans l'appartement avec ma copine (qui joue 10 chez les féminines du FCTT) ; tout type de sport d'ailleurs ! (haha) Mais du coup on se dit que c'est plus pour l'été que pour la reprise dur rugby cette année a priori...

A l'avenir, aimerais-tu repartir à Singapour ou bien ailleurs ? 

A Singapour, pour revoir les copains et rejouer avec eux, oui carrément ! Pour y habiter pourquoi pas. On vient de rentrer en France il y a moins d'un an ; on va se poser un peu à Toulouse au moins sur le court-moyen terme. Mais cette expérience à l'étranger on s'est régalé, professionnellement et humainement. Donc on y pense et on verra les opportunités futures. Mais ce qui est sûr, c'est que le rugby et ses valeurs, sont un super vecteurs de solidarité et d'intégration ; encore plus à l'étranger !

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On sent le mec hyper humain et bon bringueur!
Les apéros virtuels, ça être dur pour lui...

Super.

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