Il y a un an, Antoine Dupont regardait depuis les tribunes les Bleus s'incliner une fois de plus face aux Springboks (17-32). Le demi de mêlée n'avait pas encore retrouvé les terrains après sa grave blessure au genou. Cette fois, pour les retrouvailles du 13 novembre au Stade de France, le capitaine tricolore pourrait bien avoir toutes ses armes. Et Patrick Arlettaz, l'entraîneur de l'attaque française, semble particulièrement rassuré par ce qu'il voit depuis quelques semaines.
Un pack à 900 kg, une première en numéro 3 : Les premières leçons de la compo probable du XV de France face aux FidjiUn retour finalement trop précipité en février ?
Dans un entretien accordé au Midi Olympique, Arlettaz reconnaît que le retour de Dupont pour le Tournoi 2026 avait été « un peu précipité ». Le Toulousain revenait de deux grosses blessures et manquait de matchs dans les jambes. Malgré ses qualités techniques, qui lui permettaient de compenser certaines difficultés, il n'avait manifestement pas retrouvé toutes ses capacités physiques. Un aveu intéressant, alors que certains observateurs avaient trouvé le meilleur joueur du monde 2021 moins tranchant qu'à l'accoutumée.
Car il faut se rappeler d'où revenait le numéro 9. Victime d'une rupture des ligaments croisés du genou droit en Irlande, le 8 mars 2025, Dupont avait patienté 266 jours avant de renouer avec la compétition contre le Racing 92, fin novembre. Il avait ensuite enchaîné jusqu'au Tournoi, remporté par les Bleus, avant de connaître de nouveaux pépins musculaires au printemps. Une succession d'efforts particulièrement exigeante pour un joueur dont l'explosivité constitue l'une des principales forces.
Une vraie préparation et des cannes retrouvées
Mais depuis cet été, les choses ont changé. Dans des déclarations relayées par RugbyPass, Dupont reconnaissait lui-même avoir souffert de cet enchaînement après sa convalescence. Il évoquait notamment une baisse de forme physique et des difficultés à répéter les efforts. La coupure estivale lui a permis de se régénérer et, pour la première fois depuis plusieurs saisons, de participer normalement à la préparation puis au début du championnat.
XV de France : pourquoi les retours de Montagne et Verhaeghe pourraient peser lourd face aux FidjiSur le terrain, les signes encourageants se multiplient. Auteur de quatre essais en Top 14 cette saison, avec deux doublés contre Montpellier et Bayonne, le capitaine toulousain a retrouvé sa capacité à surgir dans les intervalles. Mais au-delà des statistiques, c'est surtout sa faculté à accélérer le jeu, à soutenir ses partenaires et à alterner autour des rucks qui sera précieuse pour les Bleus. Sa complicité avec Romain Ntamack pourrait apporter cette continuité qui a parfois manqué à la charnière française.
Les Springboks, le véritable juge de paix ?
Reste que l'Afrique du Sud constitue un examen d'une tout autre dimension. En novembre 2025, les champions du monde avaient dominé les Bleus malgré une seconde période disputée à quatorze. La mêlée française avait particulièrement souffert, avec seulement 33 % de réussite selon les statistiques du Tournoi d'automne. Même un Dupont au sommet de son art aura besoin de ballons propres et d'un paquet d'avants capable de rivaliser avec les hommes de Rassie Erasmus.
Avant cette revanche, il faudra déjà négocier la réception des Fidji, samedi 7 novembre à Lyon. Arlettaz refuse d'ailleurs de considérer cette rencontre comme une répétition générale. Mais si Dupont confirme son regain de forme, le XV de France disposera d'un atout majeur pour tenter de renverser les Springboks. Trois ans après le terrible quart de finale perdu en 2023 (28-29), l'occasion serait belle pour le capitaine français de prendre sa revanche sur un adversaire qui lui a laissé de sacrés souvenirs.
Tuisova, Wainiqolo, Maqala, Hughes... les Fidji sortent l'artillerie lourde pour défier le XV de France
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