Samedi, à Chaban-Delmas, l'Union Bordeaux-Bègles a dû patienter jusqu'à la 78e minute pour arracher la victoire face à Bayonne (19-14). Après avoir mené 14-0, les Girondins ont vu l'Aviron revenir à hauteur avant qu'Hugo Avogadro ne délivre les siens. Un succès étriqué qui cache pourtant un rapport de force assez particulier. Car si les Basques ont remporté davantage de mêlées, les statistiques révèlent une tout autre histoire dans les autres secteurs de la conquête.
Bayonne devant en mêlée, Bordeaux en touche
Selon les statistiques officielles, Bayonne a remporté huit mêlées contre trois pour Bordeaux. Attention toutefois à ne pas confondre ce chiffre avec une domination technique absolue. Les Basques disposaient de neuf introductions contre quatre aux Bordelais. L'Aviron a donc surtout bénéficié de davantage de mêlées à jouer
En touche, en revanche, les chiffres penchent nettement vers les Girondins. L'UBB a capté 17 ballons sur ses propres lancers et en a subtilisé quatre à l'adversaire. Bayonne affiche respectivement 12 et deux ballons. Soit 21 ballons gagnés en touche contre 14 ! Une différence de sept possessions qui mérite qu'on s'y attarde. Car chaque ballon récupéré peut offrir une rampe de lancement ou priver l'adversaire d'une occasion d'attaquer.
61 % de possession et deux cartons jaunes
Cette différence de conquête s'inscrit dans une domination territoriale et une meilleure maîtrise du ballon. Bordeaux a terminé avec 61 % de possession, 55 % d'occupation et 180 passes, contre 96 pour Bayonne. Les hommes de Yannick Bru ont ainsi davantage fait vivre le cuir, sans parvenir à tuer le match. Et les Basques ont bien failli leur faire payer ce manque d'efficacité.
Autre élément à prendre en compte : la discipline. L'Aviron a concédé onze pénalités contre seulement cinq pour l'UBB. Rodrigo Bruni et Léo Coly ont également écopé de cartons jaunes en première période. Réduits momentanément à treize, les Bayonnais ont encaissé deux essais avant la pause, signés Matis Perchaud et Hugo Reus. Une séquence qui a forcément pesé.
La touche a-t-elle vraiment fait la différence ?
Mais Bayonne a trouvé les ressources pour revenir. Guillaume Cramont concluant un maul porté, avant qu'Alexandre Fischer ne ramène les siens à 14-14. La rencontre s'est finalement jouée sur l'essai tardif d'Avogadro.
Difficile d'attribuer directement la victoire à la seule touche sans analyser les séquences ayant conduit aux trois essais bordelais. Mais avec sept ballons gagnés de plus dans cet exercice et une discipline plus propre, Bordeaux possédait des arguments pour compenser son déficit de mêlées remportées. La conquête se gagne aussi dans les airs. Et samedi, les Girondins ont su faire fructifier cet avantage.
Aucun commentaire pour le moment...