Lorsqu'ils ont débuté le rugby ensemble à 20 ans passés dans le club le plus proche de leur maison, s’attendaient-ils un jour à aller affronter le RC Auch au Moulias ou traverser la France d’est en ouest pour défier Tyrosse ou St Jean-de-Luz et tous les clubs phares de la poule 2 de Nationale 2 ?
Même pas dans leur plus belle imagination. En 2017, Gaël Davisseau bâtait encore le pavé sur les terrains de handball de la région et songeait à trouver un autre défi pour challenger sa grosse carcasse. Marvyn Maréval, lui, cherchait à retrouver dans un environnement sportif cette ambiance qu’il découvrait chez les compagnons du devoir.
AMATEUR. 115kg, anarchisme et ventre à bière : qui est ce "mini Chabal" qui anime le rugby corse à grands coups d'épaule ?Résultat, Marseille/Huveaune voyait débarquer deux forces de la nature au physique pas encore totalement abouti, mais qui n’avaient surtout jamais touché un ballon de rugby. Très vite, les deux poulagasses s’intègrent parfaitement dans ce club familial et forment la 2ème ligne de cette entité sans club-house, qui profite alors du vivier local pour jouer les premiers rôles dans les méandres du rugby amateur, en série.
Sans penser voir plus haut. "Gaël était déjà le plus grand mais il a mis du temps à avoir ce déclic de férocité sur un terrain. Marvyn, lui, était moins costaud et trop gentil. Mais n’avait surtout que 30 minutes dans les jambes", nous ont toujours rabâché leurs anciens coéquipiers au moment d’évoquer les débuts de ceux qui feraient, plus tard, la fierté locale.
+ 40kg pour Maréval, + 15 pour Davisseau
Le terrain parsemé du 11ème arrondissement marseillais, les deux comparses l’ont ainsi partagé jusqu’à l’accession leur titre de champion PACA Promotion d’Honneur 2022, année de la fusion avec le club voisin pour donner le Marseille Rugby Méditerranée en Régionale 1. L’occasion pour eux de passer un premier cap et d’aller tester le rugby fédéral : direction Aubagne - futur vice-champion de France de Fédérale 3 - pour le grand (1m98) Davisseau, et Aix Université pour le "panda" Maréval.
Curieux, sérieux, volontaires et toujours dotés de leur bon coup de fourchette, les anciens compères s’épaississent, progressent vite et deviennent rapidement les mascottes de leur nouveau club, bien malgré eux. Si bien qu’en ce mois de juillet 2026, Gaël et Marvyn se sont retrouvés à la reprise des entraînements de l’US Seynoise, 50 kilomètres plus à l’est, du côté du stade Marquet.
Si celui qui est depuis passé pilier droit est au club depuis 2 ans, c’est tout nouveau pour l’ancienne poutre du RC Aubagne, convoitée par l’entité rouge et bleu depuis plusieurs saisons pour sa carcasse unique dans le rugby amateur de la région et ses charges à déraciner un arbre. Lequel fut bien heureux de retrouver son pote Marvyn.
"On a toujours gardé le contact et c’est vrai que c’est toujours un plus que d’être accueilli et présenté par un ami qui connaît déjà bien le club", reconnaît le garde-forestier. "Ça m’avait déjà fait quelque chose de rejouer avec lui l’hiver dernier avec la sélection de la Ligue Sud (face à la Marine Nationale, NDLR), et là, partager le même vestiaire à l’année, ça fait vraiment plaisir. A l’époque nous étions côte à côte en mêlée, maintenant je serai derrière lui, normalement (rires)."
La promesse de Marvyn
A la différence près que les mêlées seront désormais poussées et pas qu’un peu, dans la 4ème division française. Heureusement, les deux Marseillais se sont quelque peu lestés depuis leurs années au Mouton. Davisseau affichant désormais 124kg sur la balance, quand Maréval dépasse lui les 130 plombes (pour 1m86).
Ce dernier, qui, pour l’anecdote, devait accepter une proposition d’un club de Fédérale 1 et quitter l’USS cet été pour arrondir sa paye et gagner du temps de jeu. "Mais je prends le temps avant de m’engager car je sais que si « Gagou » se décide enfin à quitter son confort en Fédérale 2 et vient à la Seyne, je resterai quoi qu’il m’en coûte", nous confiait-il lorsque nous l’avions croisé sur le bord d’un stade, il y a 3 mois. "Juste pour le plaisir de rejouer avec lui et se remémorer nos années en Série, lorsqu’on a appris le rugby ensemble."
AMATEUR. Champion de France après 400 matchs, l'OVNI de St-Sul Benji Roquebert raccroche l'esprit tranquillePromesse tenue pour le soudeur au grand cœur. Qui aura tout le temps qu’il lui faut cette saison pour reparler de leurs voyages en Corse ou des matchs accrochés dans la boue face à Monteux. Des déplacements dits autrefois périlleux, mais dont ils rigoleront bien au moment de se déplacer à Nîmes, Mauléon ou Peyrehorade. Sans jamais oublier d’où ils viennent…
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