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AMATEUR. 115kg, anarchisme et ventre à bière : qui est ce "mini Chabal" qui anime le rugby corse à grands coups d'épaule ?

Numéro 8 du RC Lucciana, Thomas Gelmini est un personnage atypique et bien connu du rugby corse. Le genre de gars dont les adversaires se souviennent forcément.

Theo Fondacci 20/07/2026 à 18h15
Malgré ses mensurations de première ligne, Thomas Gelmini est également un joueur de 7. Photo : @grizzandco - RC Lucciana
Malgré ses mensurations de première ligne, Thomas Gelmini est également un joueur de 7. Photo : @grizzandco - RC Lucciana

Derrière cette voix douce, presque aiguë, quoique relevée par l’iconique accent de l’île, difficile d’imaginer une pareille carcasse. De l’autre côté du téléphone, Thomas Gelmini. Un gars du Nebbiu - cette région de Haute-Corse à qui le désert des Agriates sert de façade maritime - affichant 115kg sur la balance dans les bons jours, sans dépasser les 1m75.

Des allures de bibendum raidi qui ne l’empêchent pas d’être très explosif sur les 15 premiers mètres, d’où ses régulières sélections avec la Squadra Corsa à 7. Alors que ses mensurations et les grondements venus des tribunes à chaque prise de balle traduisent l’intensité que ce "mini Chabal" met dans ses interventions.

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Les cheveux longs et la barbe fournie, pour un look hirsute, qui, couplé à ses charges tonitruantes dans l’axe ou depuis le fond du terrain, lui ont bâti une belle réputation dans le Milieu ovale corse et PACA.

"Il aurait matché en ProD2"

Des frontières que Gelmini dépassera la saison prochaine, puisque lui et son club de Lucciana seront promus en Fédérale 3 pour la première fois de leur histoire. L’occasion de sortir des sentiers battus et d’aller se frotter aux Occitans de Jacou ou Bédarieux, loin, très loin de l’île de beauté. "Les dimanches devraient être encore plus longs qu’en Régionale, avec des départs par le premier avion, et des retours via le dernier. Les lundis matins vont piquer (rires)".

Surtout pour tenir la bergerie dans les montagnes du nord-est de l’île. Comment, le mètre cube du RC Lucciana ne vivrait pas dans une ferme en altitude, comme l’avancent régulièrement les entraîneurs adverses pour enjoliver les déplacements au Complexe Sportif Charles Galletti ?

"Ça, c’est une histoire qui est déjà revenu à mes oreilles, et ça m’a bien fait rire. Je me suis fait pas mal chambrer par mes coéquipiers aussi et d’ailleurs, on voulait même en jouer pour tenter d’effrayer nos adversaires du continent. Mais, en Corse, les nouvelles vont vite, alors le coach n’a pas voulu qu’on appuie là-dessus (rires)."

A la ville, ce numéro 8 de 31 ans est donc conducteur de travaux dans l'hydraulique sur toute la Corse. Rien à voir avec la profession que certains lui prêtent pour son physique, son look et rudesse. Même si le bison d’Olmeta sait recevoir à la rustre, sur le terrain.

"C’est un gars un peu anarchique, mais essentiel au groupe sur le terrain comme en dehors. C’est d'ailleurs chez les frères chez Gelmini qu'on fait le repas de fin d’année depuis 2 ans, dans un champ à côté de la maison familiale."

Et ce grâce à un physique qu’il n’a pas acquis en salle de musculation (même s’il s’entretient entre fonte et crossfit quand ses copains sont là depuis 4 ou 5 ans), mais plutôt grâce à un bon coup de fourchette et une génétique généreuse. Pour une transformation entamée loin de l’entrée du cap Corse, pour cet ancien numéro 9 : "C'est une particularité de mon parcours mais j’ai fait un bac pro en Corrèze, lors duquel j’ai pris une licence en juniors dans cette région très rugby. On va dire que c’est là-bas que j’ai découvert la bonne bouffe du lycée, puis les bonnes choses de la vie à mon retour en Corse."

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Peu à peu, la crinière a poussé, la carcasse s’est charpentée et voilà comment l’aîné des Gelmini est autant devenu le fer de lance que la mascotte de Lucciana, depuis près d’une décennie. De quoi aller voir plus haut, pour ce garçon qui aurait certainement fait un très bon talonneur de Fédérale 1 ? "Je pense même qu'il aurait matché en ProD2 avec du sérieux et une prise en main physique et technique dès les jeunes", résume son entraîneur David Pocq, à la tête du groupe depuis 2021.

"Il n'a souvent pas les bonnes attitudes et cherche peut-être parfois à faire mal quand il n'y a pas lieu d'être, ce qui explique par exemple qu'il s'est cassé la main à 2 reprises cette saison. Mais dans son registre d'impact player ou sur 45 minutes qu'il a dans les jambes, il nous fait un bien fou. Et puis, c'est un amour, ce mec. "

Pas question de quitter Lucciana

Qu'en pense le principal intéressé ? "Oh, vous savez, moi je suis très bien en Corse, sur mon île à laquelle je suis très attaché. J’ai ma famille, mes amis, mon village, et je ne me verrai pas quitter le noyau dur de Lucciana au rugby, avec lequel on a connu beaucoup de choses et on est très unis depuis des années. Je pense que je jouerai ici tant que mon corps me le permet (rires)." En Corse, la parole, c’est sacré...

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