224 jours après, Depoortere retrouve enfin l’UBB
Le 24 janvier semble déjà loin. Ce samedi-là, Nicolas Depoortere débutait au centre contre le Stade Français et l’UBB s’inclinait 28-33 à Chaban. Il ne le savait pas encore, mais ce serait son dernier match avec Bordeaux pendant 224 jours. Retenu ensuite avec les Bleus, puis victime d’une luxation de l’épaule droite contre l’Écosse pendant le Tournoi, le centre a dû être opéré. Samedi face au Racing 92, il retrouve enfin son club en compétition.
Penaud, Jalibert, Bielle-Biarrey… Bordeaux ne temporise pas : une composition XXL pour recevoir le Racing en TOP 14Entre les deux, son quotidien a changé brutalement. Trois mois de rééducation, des séances décalées et cette sensation de vivre à côté du groupe. « C’est frustrant de ne pas être connecté au groupe, de vivre en décalé, de manger seul », raconte-t-il à Rugbyrama. Pendant qu’il reconstruisait son épaule, Bordeaux soulevait une deuxième Champions Cup consécutive.
Les Bleus ont remis la machine en route
Depoortere n’arrive pas totalement froid pour cette reprise. Le XV de France l’a rappelé en juin, alors qu’il sortait de sa rééducation. Il a repris contre l’Angleterre A à Vannes avant d’entrer face à la Nouvelle-Zélande pendant la campagne estivale. Une remise en jambes précieuse avant de retrouver les automatismes bordelais.
Son retour redonne surtout à Yannick Bru une association bien connue avec Yoram Moefana. Autour d’eux, Lucu, Jalibert, Penaud, Bielle-Biarrey et Buros composent une ligne arrière bardée d’internationaux. Après huit mois sans match officiel avec l’UBB, Depoortere retrouve un collectif devenu double champion d’Europe.
Une reprise qui compte déjà pour novembre
Et le calendrier ne lui laisse pas longtemps pour reprendre son souffle. La concurrence française au centre s’est épaissie avec Moefana, Émilien Gailleton, Pierre-Louis Barassi ou Fabien Brau-Boirie et Kalvin Gourgues. Depoortere possède déjà dix sélections et son gabarit de 1,94 m lui donne un profil particulier dans cette course aux places. Mais il va devoir prouver sa valeur en vue du Tournoi, et surtout de la Coupe du monde en Australie. Les places sont chères et les occasions de briller seront de plus en plus rares au niveau international.
Face au Racing, Bordeaux veut effacer une fin de Top 14 frustrante et repartir immédiatement dans le bon wagon. Depoortere doit surtout retrouver le rythme d’un centre chargé de défendre fort, d’enchaîner les courses sans ballon et de peser sur la ligne d’avantage. Les Tests de novembre sont encore loin, mais les premières impressions se construisent dès septembre.
Il y a quelque chose de presque banal à le revoir avec le numéro 13 à Chaban. Après 224 jours, une opération et des repas parfois pris seul, Nicolas Depoortere retrouve enfin le bruit du stade, ses partenaires et son poste. Pour un joueur de 23 ans qui n’avait encore jamais connu une absence aussi longue, le décor a quelque chose de rassurant : il connaît déjà chaque recoin de ce jardin.
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