Mola veut retrouver un Stade Toulousain plus constant
Quatre Brennus consécutifs n’empêchent visiblement pas Ugo Mola de trouver quelques fissures dans la maison. On connaît l'exigence du Toulousain. À la veille de reprendre le TOP 14 sur la pelouse de La Rochelle, dimanche soir, le manager toulousain a désigné son principal chantier pour cette nouvelle saison : la constance. Et celle-ci passera d’abord par la défense. « En fin de saison dernière, sur les six ou huit dernières journées, on a parfois fait preuve de relâchement », explique-t-il dans L’Équipe.
Le technicien pousse même l’autocritique un peu plus loin en évoquant un « Stade Toulousain Canada Dry » lors de cette période. Une formule assez parlante pour une équipe qui possédait encore les couleurs, les talents et la capacité offensive de Toulouse. Mais pas toujours la même maîtrise sans ballon. Au Wallon, personne n'a oublié ces matchs "maitrisés" en première période puis perdu en seconde. Mola veut donc commencer par « mieux asseoir les bases » avant de chercher encore davantage de variété. Va-t-on voir un Stade plus pragmatique en 2026/2027 ?
252 points encaissés sur les huit dernières journées
Les résultats de l'an passé donnent du poids à son constat. Sur les huit dernières journées de la phase régulière 2025-2026, Toulouse a encaissé 252 points, soit précisément 31,5 par rencontre. Les Rouge et Noir ont gagné quatre matchs et perdu les quatre autres, à Bordeaux, contre Clermont, à La Rochelle puis sur la pelouse du Racing 92.
Et plusieurs scores témoignent assez bien de ces semaines parfois débridées : 45-29 contre Montpellier, 42-25 à Castres, 51-27 à Toulon ou encore 39-31 face au LOU. Toulouse avait les armes pour transformer certaines rencontres en concours de vitesse, mais ce rythme impose de produire énormément offensivement. Même pour Antoine Dupont et ses partenaires, devoir régulièrement dépasser les 30 points laisse peu de marge les jours où la machine tousse.
Les phases finales avaient déjà envoyé un message
Le plus intéressant reste le contraste avec les matchs qui comptaient vraiment. Après cette fin de phase régulière agitée, Toulouse n’a encaissé que 17 points contre le Racing 92 en demi-finale, puis 20 face à Montpellier en finale. Deux rencontres, 37 points concédés et, au bout, un quatrième Brennus de rang.
Cette capacité à resserrer les boulons au moment décisif montre aussi pourquoi Mola insiste aujourd’hui sur la constance. Son objectif consiste à retrouver plus souvent ce niveau d’exigence, sans attendre juin pour remettre les barbelés. Parce que Toulouse sait déjà marquer : les 71 points passés au Racing en demi-finale l’ont encore rappelé de façon assez brutale.
Premier test immédiat à Marcel-Deflandre
Le calendrier offre justement un examen grandeur nature dès dimanche à La Rochelle. Pour une équipe qui poursuit désormais un cinquième titre consécutif inédit dans l’histoire du championnat de France, la marge de progression identifiée par son manager ne concerne donc pas les grandes envolées. Elle se trouve dans ce travail moins spectaculaire qui permet justement aux grandes équipes de ne pas avoir besoin d’être brillantes chaque semaine.
Et au fond, derrière l’expression « Canada Dry », Mola pose une exigence très toulousaine : avoir l’apparence du champion ne suffit plus. Il veut en retrouver les réflexes pendant huit mois.
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