Capitaine des Springboks face à l'Australie ce week-end, André Esterhuizen est un cas à part : ce centre de 1,93 m et 124 kg pèse plus lourd que la plupart des avants du XV de France.
Longtemps cantonné au poste de centre, il a été repositionné en troisième ligne par Rassie Erasmus en juin 2025 et est devenu un atout du bomb squad sud-africain.
Reste à savoir s'il joue vraiment comme un avant, ce que nous avons vérifié en comparant ses statistiques à celles d'Emmanuel Meafou.
13 changements mais 330 sélections sur le banc : comment Rassie Erasmus prépare déjà les Springboks pour le Mondial 2027Un centre transformé en "joueur hybride"
André Esterhuizen a longtemps été cantonné au poste de centre chez les Springboks. En juin 2025, Rassie Erasmus change la donne : face aux Barbarians, il le fait entrer pour la première fois en troisième ligne.
Ce repositionnement répond à un problème concret de sélection. Selon Erasmus, Esterhuizen avait du mal à entrer dans les 23, car il ne couvrait que le poste de 12.
Or les Springboks comptaient déjà beaucoup de joueurs à ce poste. Le sélectionneur l'a donc testé progressivement en flanker. Il est désormais habitué aux annonces en touche, comme l'avouait Erasmus.
L'idée vient de Tony Brown, l'entraîneur de l'attaque sud-africaine, car il est forcément difficile de se passer d'un joueur aux mensurations aussi impressionnantes.
Une polyvalence qui paie sur le terrain
Cette polyvalence a vite porté ses fruits. Esterhuizen a inscrit un essai décisif face au XV de France un an plus tôt. Il a aussi été aligné lors de chacun des quatre tests de la série Rugby's Greatest Rivalry.
Ce changement de poste en a fait un atout du bomb squad sud-africain, ce groupe de remplaçants chargé de faire basculer les fins de match. Reste une question : sur le terrain, ce centre joue-t-il vraiment comme un avant ?
Car, au regard de ses mensurations, il a tout d'un joueur du huit de devant. Comparé aux joueurs du XV de France, Esterhuizen pèse plus lourd que la majorité des avants.
Dans le huit tricolore qui a affronté les Springboks la dernière fois, seuls Régis Montagne et Emmanuel Meafou étaient plus lourds que lui.
VIDÉO. André Esterhuizen marche sur ''le courageux'' Mike Brown pour le ''presque essai'' du week-endEsterhuizen face aux deuxièmes lignes du XV de France
Alors, celui qui portera le brassard de capitaine face à l'Australie ce week-end joue-t-il vraiment comme un joueur du paquet d'avants ? Si on le compare à Emmanuel Meafou, on trouve quelques similitudes.
En URC, la saison dernière, Esterhuizen a disputé 13 matchs, soit 1 040 minutes. Il a porté le ballon 151 fois, soit environ 11,6 courses par 80 minutes. Meafou, en Top 14, affiche 109 courses en 783 minutes, soit environ 11,1 par 80 minutes. Sur le volume de ballons portés, le centre sud-africain tient donc la comparaison avec le colosse toulousain.
La différence apparaît dans l'efficacité balle en main. Esterhuizen a gagné 503 mètres et battu 50 défenseurs, contre 205 mètres et 12 défenseurs battus pour Meafou. Rapporté à 80 minutes, cela donne environ 39 mètres contre 21. Le Sud-Africain a aussi délivré 6 passes décisives et 14 passes après contact.
En défense, les rôles s'inversent nettement. Meafou a réussi 94 plaquages, soit près de 10 par 80 minutes, avec 80 % de réussite. Esterhuizen en totalise 45, soit environ 3,5 par 80 minutes, avec 70 % de réussite. Meafou a aussi récupéré 8 ballons, contre 5 pour Esterhuizen.
En clair, Esterhuizen porte autant qu'un deuxième ligne, mais avance davantage et plaque beaucoup moins. C'est exactement le profil hybride décrit par Erasmus : un gabarit capable de tenir un rôle d'avant sans renoncer à ses qualités de trois-quarts.
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