XV de France - Guy Novès : quel futur pour l'ex-sélectionneur des Bleus ?

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XV de France - Guy Novès : quel futur pour l'ex-sélectionneur des Bleus ?
Dans la tête de Guy Novès.
De quoi sera fait l'avenir de Guy Novès, dans la tourmente depuis l'annonce de son éviction.?

Comme tout le monde, je souhaitais écrire un article sur le licenciement de Guy Novès. Avec originalité, j’ai immédiatement voulu faire l’état des lieux de son glorieux passé. Non, déjà vu. J’ai alors désiré faire son bilan à la tête du XV de France. Du réchauffé. J’ai tenté de résoudre le problème de comment en est-il arrivé là ? Non, ça serait trop long et puis j'ai jamais joué au rouby de ma vie, ferme ta gueule. Plutôt discret depuis le début du #NovèsBashing, je me suis alors permis de m’immiscer dans sa tête pour imaginer l’après. Hey, what did you expect ?

Ça y est, c’est la fin. J’ai toujours refusé ce poste qui m’était promis, j’ai fait chier tout mon monde afin d’arriver comme le Messie et me voilà dégagé comme un malpropre. Et pour faute grave en plus ? Je crois que la seule faute grave que j’ai pu commettre a été d’accepter ce poste. Je vais enfin pouvoir retourner dans ma Haute-Garonne chérie et bien me régaler au soleil avec tout le pactole que je vais coûter à Bernie. On ne berne pas un gitan comme ça. Bon ça ira pendant quelques temps, mais après je vais m’emmerder. Qu’est-ce que je vais faire de tout ce temps libre ?

XV de France - Guy Novès conteste la légalité de son licenciement


Président de la Fédé ?

En fait si j’en suis arrivé là, c’est à cause de Bernard. C’est vrai que mes résultats n’étaient pas folichons, mais moi, je n’ai pas perdu contre l’Italie au moins. En 2020, je me présenterai contre lui, je sais qu’il veut briguer un deuxième mandat. Enfin, s’il arrive à aller au bout du premier sans finir en taule ça sera déjà un exploit. Mais toujours est-il que je serai là pour le hanter. Je reviens en 2020 comme le Messie mais de toute une fédération cette fois, les gens n’y verront que du feu. Il va morfler. Ensuite en 2023, c’est moi qui récolte les lauriers d’une Coupe du monde organisée en France. On pipe les dés et hop je suis champion du monde, je lève le trophée Webb Ellis au Stade de France devant ce bandit de Bernie en lui montrant mon doigt. Et pas celui où je porte mon alliance. On va se régaler.

Il faut se rendre quand même à l’évidence. Ce trafiquant de peignes ne va pas se laisser faire, la Fédé c’est son joujou, sa planque pour pas se retrouver derrière les barreaux. Et puis il a du monde qui le soutient, des mecs prêts à injecter des millions dans des affaires sordides. Pas une grande idée.

Gourou/entraîneur du Stade Toulousain

On revient toujours à son premier amour. Je suis déjà parti en 1991 pour revenir ensuite. Et puis, je suis l’idole de la Ville rose, je serai acclamé comme une rockstar sur mes terres où j’ai tout gagné. Ugo a bien assuré l’intérim, il nous a fait marrer mais les conneries c’est fini. GUESS WHO’S BACK ?! Je me vois déjà revenir à Ernest Wallon,devant une foule en délire. J’amène dans mes bagages Jeff et Yannick et on rafle tout ! Même William Servat, euphorique, reprend la licence pour briser les reins de quelques vis-à-vis. Je fais remonter le Stade Toulousain, MON Stade Toulousain, sur le toit du monde. A la suite d’un tel succès, on prend possession du Stadium et je passe devant Jean Jaurès et Claude Nougaro au classement des personnalités de la ville. Sauf que moi, je ne suis pas mort. Pendant ce temps, huit sélectionneurs sont appelés pour sauver Marcoussis. Même Berbizier. Bernard aurait donc vendu son âme contre quelques abonnements Canal ? Oh putaing, c’est bon ça !

XV de France - Pourquoi les entraîneurs du Top 14 refusent d'épauler Jacques Brunel ?Bon, j’étais intouchable à l’époque de tonton René, mais maintenant ? Et puis si le club descend par ma faute ? Je dégringolerais dans le classement des personnalités de la ville en passant derrière Pascal Dupraz. Oh non je ne veux pas prendre ce risque.

Je pourrais devenir entraineur en série régionale

J’ai tourné dans le Fils à Jo, je me reconnais dans le personnage incarné par Gérard Lanvin. Un connard aigri et égoïste qui ne vit que par ses gloires passées. Sauf que Jo Cannavaro n’a jamais été 4 fois champions d’Europe avec le Stade Toulousain et que moi, ce n’est pas mon fils qui me bade mais mon gendre, nuance. Alors pourquoi ne pas remonter un club en série régionale ? J’en ai plein le cul de ce monde professionnel où tout le monde est riche. Quand j’entrainais le Stade, personne l’était sauf nous. Le rugby amateur c’est le terroir, c’est les valeurs, c’est sortir le samedi au Macumba et dégueuler ses tripes sur le pré le dimanche. Ça me plait. Je reviendrais bien à Pibrac même, je crois qu’ils n’ont plus de club. Ça sera une belle anecdote à raconter à mes petits-enfants futurs champions de France avec Blagnac. Quand ils seront entrainés par Fred Michalak, pour qui je suis le mentor. Allez on repart en 4e série, je mets René Bouscatel président, Trevor Brennan avec moi pour les avants pour qu’ils apprennent le dur boulot de seconde pompe, JB Elissalde pour les arrières quand il aura fini de jouer avec un stylo pour écrire dans un journal et Moscato pour tracer les lignes. Parce qu’il était bien marrant dans son rôle de Pompon, je suis persuadé qu’il est pareil dans la vie. On termine champions de la première Ligue Occitanie, Alain Doucet nous remet le trophée et j’en profite pour lui glisser dans le creux de l’oreille que son pote Bernard va bientôt le dégager pour y installer un cousin. Enorme.

Bon en fait ce n’est pas une bonne idée. La 4ème série ça fait pas bander. Les matchs le dimanche à 15h. Pas de télé au club house. L’hiver, les supporters restent chez eux. On est 10 aux entrainements le vendredi. On se creuse la tête pour aligner 5 joueurs tamponnés. J’ai un 10 qui se prend pour Wilko et un talonneur qui se prend aussi pour Wilko. Putain ça me gonfle : ce rugby de paysans, c’est non.

Je pourrais devenir écrivain

Après tout ce temps passé avec le brassard d’entraineur, il serait temps de décrocher. Des histoires, je m’en suis fait, j’ai plus qu’à les écrire sur un papier. Ça serait un peu comme mes mémoires. Je vois déjà le chef d’œuvre qui raconte mon parcours, grâce à mon CV long comme le bras d’Olivier Merle. Avec ma plus belle plume je vais parler du temps d’avant, celui où le rugby coulait dans mes veines. Le jeu de mains était exporté dans le monde entier sous le nom de French Flair, grâce aux toulousains que j’ai formé. J’en ai vu passer du monde. J’ai entrainé plusieurs générations, les Skrela, les Bonneval et consorts en sont les exemples. Je témoignerai de ma nostalgie pour un temps révolu. Quand dans les vestiaires, tel le grand orateur que j’étais, je parlais de couilles, d’anciens et d’héritages de nos ainés. Quand on préparait un match en se balançant des grands coups de casque. Quand j’avais les poils dressés de voir Ernest Wallon de Rouge et Noir vêtu. Où après un match gagné on se jetait des litres de bières dans nos gosiers. Où après un match perdu on en buvait que quelques-unes car après le savon que je leur passais, je leur coupais même l’envie de câliner leur chère et tendre. Le temps où les conférences de presse devenaient des parties d’échecs durant lesquels le moindre mot avait son importance. C’était ça le rugby d’avant. Celui d’aujourd’hui où se mêlent sponsors, selfies, crampons fluos et salaires bien trop hauts, je n’en veux pas il n’est pas à la hauteur de ce que je suis.

Enfin, c’est peut-être l’inverse. Le rugby a changé. Peut-être que je n’ai pas réussi à coller au maul. Peut-être que le jeu était trop rapide pour moi. Peut-être que j’ai été débordé par cette évolution. Peut-être que mon regard a grisé cette génération talentueuse. Je n’étais peut-être pas l’homme de la situation. Je devrais peut-être laisser le rugby pour un temps. De toute façon je n’ai jamais su faire deux phrases sans balancer un juron putain, on appelle ça le parler toulousain apparemment, je comprends le regard des Parisiens qui m’écoutaient à présent. Mon bouquin aurait été un sacré bordel.


Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir. Si je redeviendrais prof d’EPS. Si je terminerais crossfiteur, pour battre Vincent Clerc au soulevé de terre. Si j’accepterais d’être consultant TV pour insulter le championnat français et gueuler sur les arbitres. Mais en tout cas je souhaite à Jacques Brunel de mener cette génération vers le Graal, ils sont les héritiers des Saint André, Boniface, Rives, Ibanez etc. Tout de bleu vêtu c’est à eux d’être la vitrine du Rugby Français.

Cet article n’a donc eu aucun sens, vous n’aurez rien appris. Mais une chose est certaine, Guy Novès a eu un passé glorieux, son présent est tourmenté mais comme tout le monde, il possède un avenir que lui seul pourra écrire.

Thibaud Durroux
Thibaud Durroux
Cet article est rédigé par Thibaud Durroux, Merci à lui ! Vous pouvez proposer des textes de deux manières :
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