Pourquoi Agustín Pichot tire-t-il la sonnette d'alarme sur l'avenir du rugby ?

Pourquoi Agustín Pichot tire-t-il la sonnette d'alarme sur l'avenir du rugby ?
Agustín Pichot estime qu'il faut agir avant la prochaine Coupe du monde. Icon made by Freepik from www.flaticon.com
Le vice-président de World Rugby Agustín Pichot est inquiet pour le rugby. Il espère qu'un accord sera rapidement trouvé.

Pour l'ancien international argentin devenu vice-président de World Rugby Agustín Pichot, il est urgent pour les fédérations et les clubs de se réunir autour d'une table d'ici à la Coupe du monde. Selon lui, il faut mettre en place un nouveau plan collectif de 10 ans avant le Mondial au Japon car le modèle financier actuel et sportif ne fonctionne pas. Le constat n'est pas nouveau et l'instance internationale avait déjà réfléchi à une harmonisation du calendrier international. Du côté de San Francisco, le deal envisagé pour la période 2020-2032 prévoyait d'avancer la tournée de novembre et de repousser la tournée estivale au mois de juillet pour satisfaire les Anglais comme les Français. La perspective d'instaurer l'équivalent rugby de la Ryder Cup entre le nord et le sud comme c'est le cas au golf avait été évoquée.
World Rugby annonce plusieurs changements dans le calendrier internationalDésormais, la tournée de novembre et ses matchs "amicaux" pourraient être supprimés au profit de rencontres à vrai enjeu dans un format aller-retour entre juillet et octobre. Ce qui fait rentrer des sous dans les caisses des fédérations, ce sont les matchs internationaux. Pichot annonce que les différentes parties doivent se revoir à Sydney dans moins de quinze jours pour retravailler toute la structure du calendrier. L'Argentin indique qu'ils n'ont pas fait la moitié du chemin qui mène une solution. La faute en partie aux nouvelles intentions de la Premiership de revoir son calendrier. Il avait en effet été convenu l'an passé que le coup d'envoi de la saison outre-Manche serait donné plus tard, fin septembre-début octobre, avant de permettre aux internationaux de se reposer. Or, ces dernières semaines, et alors que la Premiership se cherche un repreneur, il serait question d'une saison étalée de septembre à fin juin avec des plages de repos réparties tout du long.

L'Angleterre l'a fait à l'envers

"Ils n’ont pas honoré ce que nous avons dit lors de la réunion de San Francisco", confie Pichot au Telegraph. L'ancien joueur du Stade Français, du Racing 92 ou encore de Bristol, sait pertinemment que le rythme actuel des matchs est insoutenable pour les acteurs du jeu. "Vous ne pouvez pas les faire jouer plus de 30 matchs, de très haut niveaux, simplement parce que vous voulez gagner des places, simplement parce que vous voulez vendre des billets." Selon l'Argentin, l'athlète doit être au centre des priorités par ce que sont eux qui "inspirent les gens". "Quand je jouais, nous savions qu'un problème se produirait. Vous ne pouviez pas continuer à jouer de plus en plus, il y aurait un moment où une décision devait être prise. Et c'est maintenant. Ce moment est arrivé". Pour trouver une solution, World Rugby va cependant devoir s'accommoder de l'ego de chacune des parties en présence. Confrontée à des problèmes d'affluence en Super Rugby, la SANZAAR met notamment la pression sur World Rugby.