Fédérale 1 - CS Vienne : ''Nous ne ferons pas venir trois Sud-Af ‘et deux Neo-Zed' à Vienne''
Vienne évoluera en Poule 1 de Fédérale 1. (Crédit : France 3 Auvergne-Rhône-Alpes)
C'est un club à l'image de sa ville: on en parle peu. Pourtant le CS Vienne gagne à être connu. Découverte avec Yan Arnaud

Le CS Vienne, ce n’est pas que l’équipe fanion. C’est par exemple, à l’initiative de Rémi Meuriot, du sport adapté : “Notre mission est de permettre à toute personne en situation de handicap mental et/ou psychique, quelles que soient ses capacités et ses désirs, de pratiquer le rugby", nous explique ce dernier.

Le CS Vienne c’est aussi 120 ans d’histoire, plus de 80 bénévoles, 37 pluri-actifs, 7 salariés, 350 licenciés avec 8 équipes de jeunes, une école de rugby avec 110 enfants et une équipe féminine. Yann Arnaud, son directeur général, répond à nos questions.

Bonjour monsieur Arnaud. Pouvez-vous vous présenter ? Nous dire quelles sont vos fonctions ? Nous présenter le staff ?

Yan Arnaud, Directeur Général du C.S.Vienne Rugby, j'ai 30 ans. En tant que joueur, j'ai été formé au C.S.Vienne Rugby avant de partir à  Aubenas et Toulon pour revenir au CSV. J'ai arrêté il y a deux saisons pour me consacrer à mes nouvelles fonctions au sein du C.S.Vienne Rugby. En parallèle, je joue et entraîne dans un club (en entente au niveau des jeunes) à La Sevenne en Promotion d'Honneur. Je suis garant du projet du club que ça soit sportif, administratif ou dans le développement du club. Une équipe de 6 salariés à temps plein, des joueurs et des membres du staff avec des contrats fédéraux pluri-actifs homologués. Notre force est une équipe de bénévoles d'environ 80 personnes répondant présent pour le bon fonctionnement du club. 

Le staff est composé de Mathieu Lazerges et Benjamin Ollivier comme entraîneurs et Fabrice Veillaud en tant que préparateur physique. Ensuite, nous avons Gabriel Franger, médecin, Julien Bouvier et Laura France tout deux ostéopathes. Il y a aussi Laurent Hernandez, le kinésithérapeute. Côté administratif, nous avons Bruno Ramirez, intendant , Norbert Destefanis et Gerard Gourbier, administratifs et Robert Uhmaer à la vidéo.

8e de la poule 4, cinq points d'avance sur le premier relégable. Vous avez été inquiet la saison dernière ?

Oui, nous avons été inquiets surtout sur le plan physique des joueurs. Nous avons repris tardivement la saison dernière après un beau parcours en phases finales, notamment avec une victoire contre Cognac-St-Jean-d'Angèly avant de perdre contre Lavaur, champion de France par la suite. Nous avions commencé la saison avec des joueurs blessés à des postes importants et dès les premières rencontres nous avons perdu, sur des blessures graves, des joueurs à chaque match. À la trêve hivernale, nous avons réuni le staff et les joueurs, nous étions tous conscients dans la salle que nous avions de la qualité dans le groupe et qu'il ne fallait pas se cacher derrière les blessures à répétition. Mes présidents et moi-même avons demandé plus de rigueur au staff et aux joueurs. De jeunes joueurs ont été intégrés dans le collectif, ils n'ont pas été mis dans les meilleures dispositions pour évoluer (au vu des résultats) mais ont su apporter un peu de fraîcheur au groupe en plus de 2 joueurs bien connus de la maison, Sabot et Boissière qui ont aidé a redresser la barre pour atteindre l'objectif du maintien.

Un titre de champion de France en 1937 contre Montferrand, un titre de champion de France de Fédérale 2 dans les deux dernières décennies, Vienne semble enfin installé en Fédérale 1 après des années de "purgatoires" en F2 ?

Le C.S.Vienne Rugby veut bien entendu se pérenniser dans cette élite fédérale de plus en plus relevée, mais rien n'est acquis dans le sport ! Nous apprenons de nos erreurs, il faut continuer à grandir au fil des saisons. Malgré les "aller-retour" Fédérale 2/Fédérale 1, nous avons toujours eu le soutien de nos partenaires, élus et supporters depuis la prise de fonction de nos présidents. 

Quels sont les objectifs à court et moyen terme du club ? Vienne donne le sentiment d'être un club modeste dans un environnement géographique (l'Isère) où prédomine Grenoble, un club qui ne fait pas parler de lui comme la ville de 29 000 habitants qui l'abrite. 

L’objectif du club à court terme est d'intégrer le top 6 de notre poule pour la saison 2019/2020. Tous joueurs de rugby souhaitent faire des phases finales. Se battre pour le maintien est dur. Si nous parlons uniquement de maintien au bout de notre saison, on redescendra à mon sens. Il faut être plus exigeant avec nous car les places en Fédérale 1 deviennent "chères". Mais notre club ne se résume pas à notre équipe fanion et parmi ces objectifs, nous avons un projet sur 3 ans avec le développement des infrastructures en lien avec la Ville de Vienne (terrain synthétique, éclairage terrain d'honneur, espace partenaire, réfection des abords du stade...) et le développement de la formation. Nous voulons  devenir un acteur incontournable, être un acteur majeur de l'inclusion sociale et de l'animation du bassin viennois (section féminine rugby à 5, sport adapté, centre d'entrainement...)

La région fourmille de clubs. On a cité Grenoble, il y a le LOU, Bourgoin, Valence-Romans, Mâcon, Villeurbanne et maintenant Villefranche sur Saône. Comment fait-on pour exister en Fédérale 1 face à cette adversité ? Il y a une émulation régionale ?

Oui, en effet beaucoup de clubs dans notre région. Outre les clubs que vous citez nous avons d'autres clubs fédéraux qui nous font défaut dans le recrutement ou le renouvellement de certains joueurs. Les premiers cités ont un système pro, je pense que nous sommes plus dans la "même cour" que Villeurbanne et Villefranche avec notre système pluri-actifs, mais il est difficile d'exister avec les exigences de notre division. La Fédérale 1 se professionnalise, avec des moyens limités, nous tentons un pari fou de nous pérenniser en Fédérale 1. Par exemple, nous avons l'ensemble de notre effectif première sous contrat fédéral, avec un engagement de 12 mois alors que nous jouons 7 mois dans l'année avec bien entendu des cotisations URSSAF... Aujourd'hui, un joueur de rugby préfère (pour certains) jouer en Fédérale 2 ou 3 pour gagner plus d'argent avec moins de contraintes. L'exigence imposée par la FFR pour les clubs de Fédérale 1 est très bien et nous nous efforçons au quotidien de travailler dans ce sens . Ces règlements devraient  être imposés pour tous les clubs fédéraux pour avoir une homogénéité et partir sur la même " ligne de départ ". 

Pour revenir à votre question, nous voulons nous appuyer sur la formation de jeunes joueurs de notre bassin qui a un fort potentiel, de joueurs avec un état d'esprit en lien avec les valeurs de notre club, des joueurs en recherche de reconversion professionnelle.

Vous parlez de formation, ça n'est pas tellement connu du grand public, mais Vienne est aussi un club formateur. De vos rangs trois internationaux : Gilles Delaigue, son fils Yann et Benjamin Boyet. La formation c'est un point sur lequel le CS Vienne appuie ?

Oui, Vienne est un club formateur. Vous citez les plus connus, mais nous avons d'autres joueurs qui ont connu le monde professionnel et qui sont formés à Vienne (Massot Eloi, Louchard Albin, Moinot Mael, Trautmann Thomas, etc). Certains jeunes joueurs formés au CSV évoluent au LOU ou ailleurs actuellement, nous leurs souhaitons de pouvoir un jour intégrer une équipe pro. 

La saison dernière 13 des 33 joueurs sous contrat fédérale sont issus du pays viennois (Côtes d'Arey, Condrieu, La Sevenne, Ampuis et Vienne), puis nous avons d'autres joueurs régionaux formés en région lyonnaise ou encore sur la région de Valence/Romans. Nous devons travailler avec les clubs du bassin pour espérer exister en Fédérale 1, car nous ne ferons pas venir trois Sud-Af ‘et deux Neo-Zed’ avec tout le respect que j'ai pour ces joueurs, cela doit rester une exception pour que nos jeunes joueurs puissent s'exprimer. 

On revient sur votre recrutement de cette année. Comme vous dites et vous efforcez de le faire, c’est un recrutement très régional. Ça correspond à une volonté identitaire du club ?

Oui, c'est une volonté. De plus, si vous prenez un joueur régional, c'est sa famille et ses amis qui vont venir au stade. En prenant un joueur expatrié, malheureusement vous n'avez pas le même engouement.

Pas moins de six Berjalliens vous rejoignent, la plupart sont jeunes. Ça s'est passé comment pour les faire venir ? 

La plupart connaissent bien le club. Clément Poissard a connu la dernière montée en Fédérale 1 avant de revenir à ses origines en Berjallie. Il vient pour obtenir plus de temps de jeu et notre système pluri-actif répond à ses attentes. Paul Royer est originaire des Côtes d'Arey, à 5min du stade de Vienne. Lilian Villon ainsi que Jarguel Alexandre sont passés par le club, car ils habitaient les environs également. Ceronne Gaetan et Nikola Pillet sont deux jeunes joueurs qui n'ont pas "croqué" en équipe première au CSBJ malgré leur potentiel. Nous espérons qu'ils se donneront tous les moyens pour intégrer notre équipe fanion. Enfin, la venue d' Alain Royer, coach des espoirs (ancien joueur du CSV et du CSBJ entre autres) a favorisé aussi leurs arrivées . 


Composition de la poule 1

  • Mâcon
  • Villeurbanne
  • Beaune
  • Villefranche sur Saône
  • Drancy
  • Suresnes
  • Massy
  • Rumilly
  • Dijon
  • Chambéry
  • Issoire
  • CS Vienne

Recrutement 2019/2020

Arrivées :

Dimitri Gibierge (talonneur, Annonay) Etienne Truchet (2ème-ligne, Oyonnax) Clément Poissard (2ème-ligne, Bourgoin) Lilian Villon (talonneur, Bourgoin) Romain Bonnet (demi de mêlée, Ampuis) Alexandre Jarguel (demi de mêlée, Bourgoin) Paul Royer (centre, Bourgoin) Antoine Grange (centre, Bourg) Clément Cerrone (ailier, Bourgoin) Nicolas Pillet (ailier, Bourgoin) Nicolas Onutu (ailier, CSM Bucarest) Emori Waqa (arrière, Beaune)

Départs : 

Romain Serve (talonneur, arrêt) Josselin Pivot (pilier, fédérale 2) Marius Sirbe (2ème-ligne, Marcq en Baroeuil) Camille Frechet (demi de mêlée, arrêt) Steve Bard (ouvreur, St Jean en Royans) Etienne Mounier (ailier, Villefranche sur Saône) Sylvain Vernissat (ailier, St Jean en Royans) Hugo Boissière (arrière, arrêt) Francis Sabot (arrière, arrêt) 

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"un joueur de rugby préfère (pour certains) jouer en Fédérale 2 ou 3 pour gagner plus d'argent avec moins de contraintes". Je ne comprends pas. On gagne plus en F3 qu'en F1 ?

@ Regis Duffour
"Comment fait-on pour exister en Fédérale 1 face à cette adversité ?"
"Concurrence" serait bien plus adapté qu' "adversité", qui veut dire "malheur, malchance, coup du sort, fatalité" et toute cette sorte de choses.
Donc caramel amical, mais article sympa et nettement plus intéressant que la moyenne ministérielle.

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