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Trop archaïque ? Le rugby professionnel en manque de repères sur le recrutement de ses talents ? L'avis de Jean-Noël Spitzer

Alors qu'il a fêté cette saison son retour dans l'élite professionnelle française, Jean-Noël Spitzer évoque les méthodes de recrutement de l'élite du rugby.

Nathan Heuillet 23/09/2026 à 15h05
Jean-Noël Spitzer critique les méthodes de recrutement du rugby professionnel. ©RC Vannes
Jean-Noël Spitzer critique les méthodes de recrutement du rugby professionnel. ©RC Vannes

Cette année, pour son retour dans l'élite, le RC Vannes a recruté près de 16 éléments dans son effectif professionnel, dont 5 joueurs issus de championnats exotiques.

Pas forcément un frein, par exemple, pour Mathias Alemanno, qui jouit d'une plutôt bonne réputation à travers le monde grâce notamment à ses 100 sélections avec les Pumas.

En revanche, les pistes les plus méconnues activées par les clubs professionnels nécessitent parfois de faire preuve de débrouillardise pour en savoir plus sur les éléments qui évoluent dans des championnats moins médiatisés, chose que Jean-Noël Spitzer déplore.

Jusqu'à 50 000 euros par joueur : Vannes, Castres, Aurillac, Mont-de-Marsan et Provence Rugby au cœur d'un contentieux avec la fédération fidjienne

Des méthodes "préhistoriques" de recrutement ?

Dans le podcast d'Hugo Scalo, le technicien breton, récemment prolongé par le RC Vannes, se confie notamment sur les méthodes de recrutement des élites du rugby professionnel.

Au regard des salaires proposés aux joueurs, il déplore un manque d'information vis-à-vis de certaines arrivées, qui relève parfois plus du pari que d'une étude correctement menée.

Et pour cause, quand il s'agit de recrutement exotique, les clubs de l'élite s'en remettent à leur réseau, comme l'évoque le manager, qui explique que souvent seul le bouche-à-oreille fait foi.

"Le monde du rugby est assez petit, mais parfois cela ressemble plus au téléphone arabe qu'autre chose. Tu n'as pas réellement les données athlétiques du joueur pisté, c'est très difficile d'accéder à son dossier médical, et tu ne connais pas trop son profil exact et sa personnalité. Pour travailler avec des gens qui travaillent dans la voile de haut niveau, ils sont très surpris de l'aspect préhistorique de notre recrutement, quand tu connais à la fois l'enjeu et les salaires qu'on met."
Jean-Noël Spitzer pour Hugo Scalo

Les exemples sont nombreux

En ce sens, le Top 14 n'est pas à l'abri de recrutements "ratés". En 2020, Agen avait par exemple recruté l'ailier anglais Gabriel Ibitoye, tout juste sorti des Harlequins, avec de grandes ambitions.

Ce transfert transmanche a finalement complètement échoué, l'ailier ayant été libéré en cours de saison en raison de son comportement en coulisses, avant de rejoindre Montpellier comme joker médical, sans plus de réussite.

Un exemple parmi d'autres, qui illustre bien les risques que prennent les clubs sur des profils venus de championnats étrangers, parfois mal évalués avant leur arrivée.

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