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Top 14, Pro D2, Drua : où jouent vraiment les internationaux fidjiens à un an de la Coupe du monde 2027 ?

De La Rochelle à Castres, les Fidjiens sont partout en Top 14. Mais représentent-ils vraiment 90 % des sélectionnables ? Les chiffres invitent à la prudence.

La Rédaction 08/10/2026 à 22h00
Botia, Tuisova, Yato, Muntz... Les Fidjiens ne manquent pas en France. Pourtant, leur poids réel en sélection réserve quelques surprises lorsqu'on compte les noms. Photo by Paul Miller - World Rugby
Botia, Tuisova, Yato, Muntz... Les Fidjiens ne manquent pas en France. Pourtant, leur poids réel en sélection réserve quelques surprises lorsqu'on compte les noms. Photo by Paul Miller - World Rugby

Depuis le départ de Pierre Mignoni du RC Toulon, les Fidji s'intéresseraient à l'ancien manager varois pour prendre les commandes de leur sélection. Frédéric Michalak figurerait également parmi les profils étudiés. Or, selon Rugbyrama, près de 90 % des joueurs fidjiens sélectionnables évolueraient en Top 14 et en Pro D2. Un argument avancé pour expliquer l'intérêt de la Fédération pour les techniciens français, à un an de la Coupe du monde 2027. Mais que représente réellement ce pourcentage ? Les listes publiées par les instances du rugby permettent d'y voir plus clair, avec quelques surprises à la clé.

90 % des sélectionnables en France, vraiment ?

Le premier problème concerne la définition même du mot « sélectionnable ». Parle-t-on des internationaux régulièrement appelés, des joueurs suivis par le staff ou de tous ceux qui remplissent les critères d'éligibilité de World Rugby ? Selon la population retenue, le résultat peut considérablement varier. Et impossible de vérifier sérieusement une proportion sans connaître le nombre total de joueurs concernés.

Pour le Championnat des nations 2026, le sélectionneur intérimaire Senirusi Seruvakula avait annoncé un groupe de 32 joueurs au mois de juin. Selon la Fédération galloise, 14 d'entre eux évoluaient en Top 14 ou en Pro D2, soit précisément 43,75 % de l'effectif. Un pourcentage bien éloigné des 90 % évoqués. Mais il existe une petite anomalie dans cette publication : en reprenant individuellement les clubs associés aux 32 noms, on identifie en réalité 15 joueurs sous contrat avec des formations françaises, soit 46,875 % du groupe.

De Castres à La Rochelle, un vivier français bien réel

Parmi les joueurs concernés figurent notamment Levani Botia à La Rochelle, Josua Tuisova au Racing 92, Viliame Botitu à Castres ou encore Caleb Muntz à Provence Rugby. Des internationaux familiers des pelouses hexagonales, auxquels s'ajoutaient notamment Peceli Yato, Jiuta Wainiqolo ou Salesi Rayasi. La sélection compte aussi sur plusieurs éléments des Fijian Drua, engagés en Super Rugby Pacific. La Fédération galloise attribuait d'ailleurs dix places de ce groupe à cette franchise. Le vivier fidjien reste donc partagé entre plusieurs championnats et continents.

Autre élément intéressant : avant de réduire sa sélection à 32 joueurs, la Fédération fidjienne avait annoncé le 4 mai un groupe élargi de 50 éléments, lui-même issu d'une première liste de 60. Seruvakula expliquait alors examiner le temps de jeu, les blessures et les performances en club. Cette présélection apporte une photographie plus large du réservoir international, sans représenter pour autant l'ensemble des joueurs éligibles. Les données publiques consultées ne permettent donc pas de valider les fameux 90 %.

Pourquoi un entraîneur français reste une piste crédible

L'intérêt pour un technicien connaissant le rugby français conserve néanmoins une véritable logique sportive. Un sélectionneur habitué au Top 14 maîtrise son calendrier, ses exigences physiques et les caractéristiques de nombreuses équipes. Pour préparer les rassemblements internationaux, comprendre les contraintes des clubs employeurs peut constituer un avantage appréciable. Mignoni connaît parfaitement cet environnement après ses expériences à Lyon et Toulon. Michalak possède également cette culture, enrichie de son parcours international et de son expérience actuelle en Australie, auprès des Cronulla-Sutherland Sharks, formation de rugby à XIII.

Et le calendrier donne du poids à cette réflexion. Les Flying Fijians doivent affronter la France le 7 novembre, puis l'Irlande et l'Italie, avant de préparer le Mondial australien de 2027. Selon L'Équipe, 31 techniciens avaient répondu à l'appel à candidatures lancé par la Fédération, même si Mignoni et Michalak n'en faisaient initialement pas partie. Leur nomination reste hypothétique. Quant aux 90 % de joueurs sélectionnables en France, ils demeurent invérifiables sans définition précise du vivier concerné. Une chose est certaine : les championnats français occupent une place importante dans la préparation des Fidji, mais le rugby de l'archipel ne se limite pas à nos frontières.

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