Provale s'oppose à l'amendement sur la durée des premiers contrats professionnels
Provale craint pour l'avenir des jeunes joueurs de rugby.

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Le syndicat des joueurs de rugby Provale s'oppose à l'amendement à la loi Avenir professionnel qui prévoit d'augmenter la durée des premiers contrats professionnels.

Ce jeudi par l'intermédiaire d'un communiqué, le syndicat des joueurs de rugby Provale a indiqué que son président ainsi que les membres de son comité directeur s'opposaient "fermement" à la proposition d'amendement présenté dans le cadre de la Loi - avenir professionnel. Celui-ci prévoit de passer la durée du premier contrat professionnel des sportifs professionnels - et seulement ceux des sportifs - de trois à cinq ans. Pour Robins Tchale Watchou, président de Provale et ancien joueur, "il est inconcevable qu'une modification aussi importante du code du sport puisse se faire par le biais d'une réforme de la formation professionnelle."

Le syndicat indique qu'une approche "concertée" des partenaires sociaux est nécessaire. Ainsi Provale entend agir en concertation avec la Fédération nationale des associations et syndicats de sportifs (Fnass) pour faire "entendre la voix des sportifs". L'Équipe rapporte que cette dernière a d'ores et déjà demandé le retrait de l'amendement. Celui-ci serait en effet avant tout favorable aux dirigeants, qui pourraient ainsi "bloquer" les jeunes joueurs pendant une durée plus importante, ce qui va à l'encontre de leur droit à la liberté contractuelle.

Le projet de loi Avenir professionnel a été adopté par l'Assemblée nationale le 19 juin 2018 en première lecture. Plus de 2000 amendements avaient été déposés mais seulement 229 ont été adoptés. L'Union nationale des footballeurs professionnels rapporte que "les députés, soutenus dit-on par le cabinet de la ministre des Sports, ont ainsi répondu à l’attente des dirigeants (principalement ceux du football)." Pour l'UNFP, les motivations sont avant tout mercantiles. Provale regrette ainsi que certains clubs de football "tentent d'imposer leur dictat au reste du mouvement sportif français". 

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[Le commentaire a été supprimé par son auteur]

Ce qui est important c'est que les clubs formateurs reçoivent une vraie indemnité pour les transferts de leurs ex joueurs. Massy serait alors plus enclin et moins dég de laisser partir ses joueurs, et la formation serait une autre façon de faire vivre les clubs.

@Marc Lièvre Entremont

Quand j'étais candidat à la présidence de la FFR, j'avais proposé que les clubs doivent verser aux clubs formateurs un montant proportionnel au salaire du joueur. Ce qui donnerait aux clubs formateurs la possibilité de miser sur la formation sans se mettre en danger, valoriserait la qualité des joueurs formés, et mettrait un léger coup de frein à la surenchère pour attirer les jeunes joueurs (plus tu le payes cher pour l'arracher à son club, plus tu dois raquer en indemnités). J'avais aussi proposé qu'un jeune ait un contrat automatique avec son club formateur pour garantir à ce dernier de pouvoir profiter au moins un temps de ce qu'il forme. Si les clubs veulent débaucher dès la sortie du centre de formation ils raquent, et le club formateur se voit aussi obligé de penser à l'étape après la formation (ça évite de blinder ton centre de formation des meilleurs jeunes pour ensuite les jeter si tu n'en veux pas)

Malheureusement Bernie et Serge ont triché et j'ai perdu, la vie est une salope (par derrière).

@Team Viscères

Il me semble que les footballeurs ont mis en place un système qui permet aux clubs formateurs de percevoir un pourcentage sur chaque transfert tout au long de leur carrière des joueurs formés chez eux!?
Bien entendu le fait qu'un joueur de football change + souvent de club qu'au rugby et que dans 99,99% des cas ceux sont des transferts payants rend ce système intéressant pour les clubs formateurs.

@math1907

C'est un peu bordélique parce qu'il y a plusieurs indemnités pour les clubs formateurs mais le concept de la plus connue est à peu près celui-là. Elle ne s'applique que pour un transfert international (impliquant 2 clubs licenciés dans 2 fédérations différentes), où 5% du prix du transfert est reversée aux différents clubs formateurs. La répartition se fait suivant le temps passé au club et suivant l'âge qu'avait le joueur à ce moment-là. Est considéré comme club formateur les clubs où le joueur a été entre 12 et 23 ans, les 4 années entre 12 et 15 ans rapportant 0,25% du transfert totale et les 8 années entre 16 et 23 rapportant 0,5% du transfert total.

Il existe aussi une prime lors de la signature du premier contrat et lors de la première signature de contrat à l'étranger, et une prime de compensation de mutation dès qu'au moins 2 joueurs quittent un club amateur lors d'une même saison pour signer pro.

Mais comme tu le dis, leur modèle est totalement différent. Pour l'instant les mutations sont plus courantes et surtout les transferts sont payants. D'où l'idée de lier une éventuelle indemnité au salaire du joueur, ce qui permet en plus d'avoir un revenu moins élevé mais régulier qui permettrait peut-être de pérenniser les clubs formateurs.

@Team Viscères

J'ai du mal à comprendre cette histoire, si tu pouvais m'éclairer un peu (aucune ironie ici).
Je ne vois pas quel intérêt profond y-a-t'il pour les clubs à faire signer un premier contrat rallongé de 2 ans, sachant en outre que le nombre de joueurs sous contrat est limité (35 je crois me rappeler).
- Si le joueur déçoit dans le monde pro, le club sera obligé de payer pour s'en débarrasser avant le terme du contrat.
- S'il est bon mais veut partir avant, quel président serait assez fou pour conserver de force un joueur qui ne veut pas rester et qui va bloquer un poste pour un éventuel meilleur recrutement.Le seul truc qui me vient à l'esprit c'est que dans ce cas le club pourrait demander un rachat du temps restant. Est-ce vraiment suffisant pour mettre tout ça en branle ?
Côté joueur, ça ne me parait pas si négatif : le jeune est assuré de 5 ans au club, avec indemnité en cas de rupture unilatérale, tout en sachant que s'il est bon, il trouvera toujours un club pour racheter son contrat .

@lelinzhou

"Je ne vois pas quel intérêt profond y-a-t'il pour les clubs à faire signer un premier contrat rallongé de 2 ans, sachant en outre que le nombre de joueurs sous contrat est limité (35 je crois me rappeler)."
L'intérêt est de pouvoir profiter du joueur que tu formes, plutôt que de te taper les années de formation et dès que le joueur est mûr, pouf il n'est plus là. Tu as investi du temps et de l'argent et en retour tu as eu... rien, si ce n'est le fait d'avoir formé un joueur pour la grandeur de la mère patrie. C'est ce qui était pratiqué avant (sans encadrement légal) : quand Toulouse allait chercher les meilleurs jeunes autour il le faisait après une ou deux saisons. Aujourd'hui les mecs sont attrapés avant même d'avoir joué avec leur club formateur...
Pour ce qui est de la limite du nombre de joueur, rien n'empêche de modifier cette limite en donnant une dérogation pour X "premiers contrats".
Par contre pour la durée exact de ce contrat, il faudrait une réflexion de fond. Trop court et tu ne changes rien à rien, trop long et tu peux bloquer le système dans l'autre sens en freinant l'ascension des jeunes vraiment doués (du coup si j'avais été élu, j'aurais créé une commission pour réfléchir à la création d'une commission pour étudier le sujet). Mon idée n'est pas lié à cette histoire de durée de premier contrat de l'article mais au concept de premier contrat "automatique/obligatoire". Le contrat dont ils parlent n'a rien d'obligatoire, donc 2, 3 ou 10 ans ça ne change rien. Si le gros club vient faire tourner la tête du minot avant qu'il ait signé ce contrat, le club formateur l'a toujours dans l'os.

"- Si le joueur déçoit dans le monde pro, le club sera obligé de payer pour s'en débarrasser avant le terme du contrat."
Un contrat est un contrat. Rien n'empêche le club et le joueur de se séparer à l'amiable si le club pense que le joueur n'a pas le niveau requis. Et pour le risque de voir un joueur "bloquer" en refusant une éventuelle rupture à l'amiable, je me demande quel jeune joueur choisirait de rester dans un club qui ne veut pas de lui et ne le fera pas jouer pendant X années plutôt que d'être libéré et pouvoir trouver un autre club. Les jeunes rêvent de jouer, pas d'être payés à rien foutre pendant X années.

"-S'il est bon mais veut partir avant, quel président serait assez fou pour conserver de force un joueur qui ne veut pas rester et qui va bloquer un poste pour un éventuel meilleur recrutement.Le seul truc qui me vient à l'esprit c'est que dans ce cas le club pourrait demander un rachat du temps restant. Est-ce vraiment suffisant pour mettre tout ça en branle ?"
C'est exactement ça l'idée. Si le joueur est vraiment bon et que les gros le veulent dès son arrivée dans le monde pro, il faut mettre la main à la poche. Si tu fais le choix de ne pas former, tu dois payer ce choix. Les clubs ne peuvent pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière.
Les clubs le pratiquent déjà de plus en plus sur les contrats, au moins là on pourrait utiliser cette dérive du monde pro pour un cause utile au rugby : aider les clubs formateurs. Si tu ne peux pas profiter de ton joueur formé tu es indemnisé, et tu peux réinvestir l'argent pour former un nouveau joueur ou recruter un joueur.



Ensuite je ne prétends pas être un génie, il y a certainement des failles et des améliorations à apporter à l'idée. Il y a certainement d'autres idées qui sont peut-être plus adaptées. Ce qui me tue, c'est de voir qu'on n'essaie rien alors que si tu faisais une table ronde ici tu obtiendrais des dizaines de pistes de réflexion.

@Team Viscères

Merci.
Et une prolongation de 2 ans du premier contrat apporterait un changement radical ?

@lelinzhou

La proposition d'amendement? Rajouter 2 ans c'est juste gonfler les indemnités de rachat pour financer les clubs formateurs. Perso je préférerais que l'on consacre la durée de contrat au fait de pouvoir jouer avec son club formateur afin d'avoir un retour sur investissement dans le domaine sportif, et qu'on étudie des pistes pour des revenus au long court (comme un montant annuel que rapporteraient les anciens joueurs formés) pour avoir un retour sur investissement dans le domaine financier.
Là ça ressemble à un passage en force des gros clubs de foot.

@Team Viscères

Puisqu'en fait ça ne semble pas vraiment hypothéquer la liberté de choix des joueurs, pourquoi ce rejet par Provale ?

@lelinzhou

Je suppose que c'est le fait qu'on ne donne pas le choix aux joueurs et qu'on leur impose une durée très longue (si on compte entre 10 et 15 ans de carrière pro, 5 ans c'est pas anodin). L'engagement longue durée pèse moins lourd pour un club qui peut rompre le contrat via indemnité, le joueur lui ne peut pas le rompre le contrat de lui même (trop cher pour un jeune joueur). En tant que syndicat des joueurs Provale se place de leur côté, même si à mon avis c'est un peu moins binaire que ce qu'ils ont l'air de penser.
Moi ce qui me dérange dans cette mesure, c'est qu'elle soit prise par des gens peinards dans leur coin sans consulter tous les acteurs concernés. Ce qui me fait penser que cela doit forcément arranger beaucoup certaines personnes et moins le reste des acteurs, sinon on leur aurait demandé leur avis.

  • Khris
    19611 points
  • il y a 2 ans

La on va arriver dans une impasse, soit on retire l’amendement et dans ce cas on autorise les clubs à gagner de l’argent sur les transferts, soit on le garde et le jeune joueur rentabilise sa formation au club qui l’a formé.
Même principe que les écoles militaire, il me semble, tu veux que l’armée te paye ton diplôme de médecin, ok, mais tu signes pour 5ans après ton diplôme obtenu.

@Khris

Oui et non.
Certes tu rentabilise dans un sens la formation du joueur si il t'apporte une belle plus value sportive sur le terrain,mais la réalité est qu'il te coûte encore de l'argent tous les mois!
Et de nombreux clubs même les plus riches ont besoins d'entrées d'argent autre que les fonds privés du président.
Être capable de trouver le juste milieu en pouvant se permettre de conserver presque tout tes meilleurs éléments formés maison tout en finançant une bonne partie de ton centre de formation par la vente d'autres joueurs formés eux aussi chez toi, n'est pas forcément immoral ! ?
Y réfléchir sans tabou pourrait peut être déboucher sur des solutions acceptables pour les joueurs et les clubs.
Rajoute à ça d'abandonner les JIFF pour un quota de joueurs sélectionnables en EDF et il me semble que l'on pourrait parler de renouveau pour notre rugby national.

Goosen aime ca

@LaGuiguille

Rien à voir comme cas!

Par contre il semblerait que de nombreux joueurs aimeraient etre en droit de pouvoir quitter leur club formateur plus vite pour des projets ???? sportifs plus en adéquation avec leur niveau !!!!
Comme quoi on peut toujours voir le mal côté clubs et présidents (pas tous bien sûr! Y en a qui sont tellement bons toujours la main sur le coeur ! ) uniquement, mais j'ai quand même l'impression que de plus en plus de joueurs sont attirés par la possibilité de se vendre clairement aux plus offrant ! !!??

@math1907

Quand tu sais que ton président peut te virer du jour au lendemain pour des raisons qui n'ont pas grand chose à voir avec tes performances tu es forcément incité à viser le court terme, assurer tes revenus et surtout considérer que rien n'a de valeur profonde (ni les contrats signés, ni les paroles données).

@math1907

parce que ce sont des professionnels. Si un cuisiner a le choix entre le SMIC dans le boui-boui qui l'a formé et le trois étoiles qui lui fait un pont d'or, que crois-tu qu'il choisira ?

@Grand Sachem aux sages commentaires

il devrait faire de son boui boui un 3 etoiles etpicetou

@Grand Sachem aux sages commentaires

Est ce que dans mon commentaire je dis le contraire ou m'en offusque?
NON.
Juste je fais remarquer que ce professionnalisme nous emmène de plus en plus vers une économie ou une gestion des clubs et des joueurs proche de ce qui se fait dans le football et que ce n'est pas forcément pour déplaire à de plus en plus de joueurs et qu'il est donc pas toujours très juste de critiquer uniquement les clubs et/ou leur président !

@math1907

est-ce que mon commentaire dit que tu dis le contraire de ce que j'ai dit ou que tu t'en offusques ?
NON

@Grand Sachem aux sages commentaires

Cool on pense pareil alors.

@math1907

OUI

@Grand Sachem aux sages commentaires

PARFAIT !

@math1907

Ce sont quand même les clubs/présidents qui ont ouvert la porte en la matière, je n'ai aucune peine pour eux maintenant qu'ils prennent le retour de bâton en pleine gueule. Ils ont voulu un sport professionnel qui se gère comme le monde de l'entreprise, qu'ils se démerdent avec les joueurs qui se comportent comme des salariés classiques.

@Team Viscères

Bien sûr !
Mais il serait intéressant de savoir quels presidents tiennent réellement à prolonger la durée du premier contrat pro et pourquoi !
Certains peut-être y sont favorables car à partir du moment où ils ont un super jeune qui sort du centre de formation ils ne voient que cette solution pour conserver ce joueur chez eux!?
Quand d'autres voient dans cette prolongation une manière de le payer un peu moins cher 2 ans de + avant de le prolonger ou d'obtenir de meilleures indemnités de transfert (rachat de contrat + long) si cette pratique ce démocratise.

@math1907

Il semblerait que l'amendement ait été réclamé par des clubs de foot, je ne sais pas si des présidents de Top14/ProD2 y étaient favorables. Au rugby cela va beaucoup piocher dans les clubs formateurs donc je ne sais pas si les présidents influents veulent vraiment des contrats plus longs et chers à racheter, les gros clubs se trouvent plus souvent dans la peau du club qui va chercher le joueur que du club qui perd le joueur.

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