News

Porté par sa nouvelle génération et ses cadres, le XV de France Féminin signe sa victoire la plus marquante depuis 2023 face au Canada

Après deux premiers matchs aux scénarios bien différents, le XV de France féminin a de nouveau innové, avec une victoire impressionnante et inattendue face au Canada (21-5), troisième meilleure nation mondiale.

Erwan Harzic 27/09/2026 à 10h43
Après deux premiers matchs aux scénarios bien différents, le XV de France féminin a de nouveau innové, avec une victoire impressionnante et inattendue face au Canada (21-5), troisième meilleure nation mondiale. - France TV
Après deux premiers matchs aux scénarios bien différents, le XV de France féminin a de nouveau innové, avec une victoire impressionnante et inattendue face au Canada (21-5), troisième meilleure nation mondiale. - France TV

Du côté de l’Atlantique, au stade Marcel-Deflandre de La Rochelle, le XV de France féminin a réalisé son meilleur match de l’ère François Ratier, ce samedi 26 septembre. Après le manque de repères et de certitudes observé contre la Nouvelle-Zélande (14-28) et l’incroyable chaos observé face à l’Australie (29-26), les Bleues ont fait rêver le public de bout en bout. Pour leur dernière rencontre européenne du WXV 2026, elles se sont imposées sans trembler face au Canada (21-5), nation vice-championne du monde et troisième au classement mondial.

''Du jamais vu'' en ''zone de guerre'' : comment le XV de France Féminin a transformé une situation impossible en victoire face à l’Australie

La nouvelle génération Bleue domine les Canucks

Ce succès est d’autant plus fou qu’il a démontré une maîtrise inattendue du match, des premiers points jusqu’au coup de sifflet final. Après un début de rencontre fermé au tableau des scores, Émilie Boulard est venue récompenser la résilience des Bleues (23ᵉ), avant de s’offrir un doublé (50ᵉ). Les deux essais de l’arrière tricolore ont été complétés par deux transformations réussies de Carla Arbez, demi d'ouverture titulaire de la rencontre. Étrangement, le moment où elles ont été le plus en difficulté a été la période d’infériorité numérique, sur les dix dernières minutes du premier acte. Après le carton jaune de Charity Williams, les Nord-Américaines ont envoyé un maul et Lizzie Gibson en Terre promise (35eme).

Comme pour annoncer une nouvelle ère, les Françaises ont été aussi bien portées par leurs cadres que motivées par la fougue de la jeunesse. Preuve en est, l’Auvergnate Mouna Touré (2 caps) a fêté sa première titularisation en sélection de sa carrière avec une prestation pleine. Bien servie par Lina Queyroi, au soutien d'Elsa Peyras, la débutante Marie Ibanez était aussi proche de s'illustrer. Finalement, c'est Alexandra Chambon (79ᵉ) qui a eu le luxe de planter le troisième et dernier essai tricolore, pour s'offrir une fin de match sans frayeur, mais avec une bonne dose d'euphorie.

Après la rencontre, la jeune Marie Ibanez a loué ce mélange d’expérience et d'insouciance. Dans des propos rapportés par L’Équipe, l’ailière s’est exprimée en ces mots : “Toute l'équipe est très fière de la copie qu'on a rendue aujourd'hui. Notamment parce qu'on était un mélange d'anciennes et de jeunes. Mais c'est vrai que là, on voit vraiment qu'il y a quelque chose qui a grandi en nous, dans le groupe. Notamment sur les moments off, hors rugby. On se rapproche de plus en plus et ça se traduit sur le terrain, donc c'est top.”

Plus de passes ou davantage de chandelles ? Le ballon féminin 3 % plus petit qui divise déjà le rugby mondial

Un succès hors norme

La performance est impressionnante. Pour cause, la France a beau être quatrième au classement World Rugby, et le Canada troisième, les Bleues n’avaient plus gagné contre une nation mieux classée qu’elles depuis presque trois ans. Pour observer un tel résultat, il faut remonter au mois d'octobre 2023, sous les ordres de Gaëlle Mignot et David Ortiz. En Nouvelle-Zélande, elles allaient décrocher un succès de prestige face aux Black Ferns (17-18), là aussi à l’occasion du WXV.

Après la rencontre, l’arrière à l’origine du doublé bienvenu des Bleues s’est confiée sur une rencontre dont l’issue a une saveur bien particulière. “En équipe de France, on travaille pour gagner ce genre de matchs, mais ça nous arrive rarement. On a subi beaucoup d’échecs contre l’Angleterre, par exemple. On a aussi connu beaucoup de revers dernièrement contre ces équipes-là, le Canada, la Nouvelle-Zélande, avec parfois de gros scores. Donc c’est une grande récompense pour le travail qu’on a commencé à mettre en place avec François Ratier cette dernière année”, indiquait Emilie Boulard, d’après Rugbyrama, à la fin de la rencontre.

De plus, les Canadiennes n’étaient absolument pas sur la pente descendante, bien au contraire. Vice-championnes du monde, il y a exactement un an, elles sortaient d’un match nul face aux Anglaises (26-26), la semaine passée, au Sandy Park d’Exeter. Ainsi, elles ont empêché les Red Roses de connaître une quarantième victoire successive. Juste avant, les Canucks ont livré une véritable démonstration, à la mi-septembre, contre l’Écosse (24-64) sur le pré d'Édimbourg. Désormais, le XV de France Féminin se dirige vers une tournée relevée en Nouvelle-Zélande, du 17 au 31 octobre.

France-Angleterre : deux visions opposées du rugby professionnel, entre pouvoir des clubs et contrôle des fédérations
O'Livey
O'Livey

Très heureux de la victoire, mais sincèrement, match de plus faible niveau que ce que j'espérais. Les bleues ont été sérieuses, mais les Canadiennes complètement à côté de leurs pompes. C'était pas l'équipe qui a mis fin à la série de victoire de l'Angleterre la semaine dernière. A peu près les mêmes joueuses hein, mais collectivement, on a pas retrouvé le jeu leché qui les avait amené en finale de CDM. Quelques minutes lors de la rentrée de Pelletier tout au plus, où on a eu droit a quelques très beaux passages d'une attaque Canadienne qui se retrouvait mieux, opposée à une excellente défense française sur ces passages aussi.
Individuellement on a quand même eu de belles performances.
Khalfaoui j'avais un peu de mal à ses débuts, surtout que Bernadou était pour moi devant à l'époque. Mais maintenant c'est indiscutablement notre meilleure pilier droit. Riffoneaux fait du bon taff, mais pour moi la titulaire c'est Lazarko. A gauche, entre Mwayembe et Brosseau on est équipé, si elles pouvaient juste se calmer un peu sur la discipline ce serait parfait.
En 2e ligne, Feleu/Fall pour moi c'est la meilleure paire française (voire mondiale). Escudero est une option crédible, mais ça reste une 3e ligne. Roboam et Grosz intéressantes et à revoir.
En 3e, Champon et Escudero sont pour moi intouchables. J'avais plus de mal avec Berthoumieux, mais il faut reconnaitre qu'elle commence à sérieusement s'imposer. Sauf que avec Touré, on a une superstar. 6 ballons gagnés en touche, et un grattage en prime, on doit pas être loin d'un record. Il faut qu'elle débute. A la place de qui par contre...
PBS/Arbez, ça a beau ne pas être la paire de club, en gestion de match c'est énorme. Queyroi, très fort aussi, mais je commence à mieux comprendre pourquoi Arbez est passé devant, le jeu au pied et la gestion sont clairement pas au même niveau. Content pour Chambon, qui reste derrière PBS, mais qui a un peu resséré l'écart après un mondial compliqué.
La paire Feleu/Vernier j'aime beaucoup. Clairement nos deux meilleures centres. Par contre, les deux sont des 12, et on a vu quelques erreurs inhabituelles de la part de Vernier, je pense dues à ce nouveau positionnement. J'aimerais que Arbez et Feleu utilisent un peu plus les lignes de course de Vernier, à quelques reprise il suffisait de lui lever le ballon pour qu'elle perce, mais n'a pas été servie.
Aux ailes, on est pas revenu à l'époque Banet/Boujard, mais ça a de la gueule. Arbey reste devant pour moi. A voir Grisez si elle revient de sa blessure. Mais bonne première de Ibanez.
Et derrière, pour moi Boulard s'est imposée. J'étais très critique au début de sa carrière, mais elle a indéniablement énormément progressé. Bourgeois a l'air d'avoir loupé le train. Et Barrat, si tant est qu'elle revienne de sa blessure, a beau être un joueuse naturellement plus talentueuse, elle a un énorme problème, rhédibitoire à ce niveau et malheureusement insoluble, qui est qu'elle se traine comme une ame en peine. J'ai l'impression que c'est la joueuse la plus lente de la ligne de 3/4, et de loin.


Chandelle 72
Chandelle 72

Très belle partition des Bleues, dans la maîtrise et la constance,
du jamais vu personnellement face à une équipe de ce niveau.


Le groupe vit très bien ça se voit, les anciennes et les jeunes ( on voit de nouvelles têtes à chaque match) s'apportent mutuellement confiance et vitalité..
La charnière est au top.


Quand le vestiaire va, tout va.
Causes ou conséquences du jeu proposé et des résultats ?
Les deux mon capitaine, évidemment.
J'attends la suite avec impatience...


👍 1
pascalbulroland
pascalbulroland

Je pense que la victoire à l'arrachée contre l'Australie a été fondateur d'un gros tempérament pour cette équipe...
Vivement la tournée en NZ pour confirmer cette évolution.


👍 1