Pierre Camou : « En France, quand quelque chose arrive du peuple, ce n'est pas très bien accepté »
Le président de la FFR, Pierre Camou, est présent sur tous les fronts.
Si Pierre Camou a récemment réussi à raisonner les clubs du Top 14, d'autres dossiers comme le Grand Stade n'ont encore pas trouvé une issue aussi favorable.
Pierre Camou est un président actif. À la tête de la Fédération Française de Rugby depuis 2008 après des années passées dans l'ombre de Bernard Lapasset, il est aujourd'hui présent sur tous les fronts. Et s'il a récemment réussi à convaincre les clubs du Top 14 d'abandonner le projet de la Rugby Champions Cup, d'autres dossiers n'ont encore pas trouvé une issue aussi favorable.

Le Grand Stade

Certainement le projet le plus ambitieux et de fait, le plus épineux que doit gérer la FFR en ce moment. Alors qu'une seconde réunion doit se tenir ce jeudi à Saint-Denis, Pierre Camou se place plus que jamais en défenseur alors que nombreuses sont les critiques vis-à-vis de ce « second » stade. « Au rugby, le stade est l'élément essentiel. Je ne vois pas pourquoi ce qui paraît fondamental pour un club deviendrait accessoire pour une fédération » lance-t-il dans l'Écho Républicain. Il considère à ce titre que la FFR est en retard par rapport aux autres fédérations européennes qui possèdent chacune un stade d'envergure internationale sur lequel elles s'appuient pour financer le rugby dans leur pays. Quid du Stade de France ? « Le Stade de France a été construit pour la Coupe du monde de football 1998. Il y aura l'Euro-2016. C'est un excellent stade de foot et je suis ravi que le football y soit. »

La présence d'une autre enceinte sportive n'est pas le seul point qui pousse au débat. Le coût de ce Grand Stade, 600 millions provenant d'investissements privés, fait grincer quelques dents. « Quand en France, quelque chose arrive du peuple, ce n'est pas très bien accepté, répond Camou. Ce n'est pas dans les périodes de crise que l'on met la tête sous le sable. » Outre la création d'emplois, la FFR table sur des revenus estimés à plusieurs dizaines de millions sur la base de 6 spectacles, de 11 matches de rugby, et de 2 autres spectacles sportifs par an. Cependant « le combat est permanent. »

Le XV de France et ses difficultés

L'un des principaux pensionnaires du Grand Stade sera bien évidemment l'équipe de France. Au crépuscule d'une saison ratée avec seulement deux victoires au compteur, le patron de la fédé préfère s'intéresser à l'avenir plutôt que de faire les comptes à mi-mandat : « C'est à la fin de la partie qu'on ramasse les couverts. Et, sur la durée, il me semble qu'on s'en sort bien. » La France c'est trois finales (87, 99 et 2011), mais c'est surtout trois finales perdues. Sous-entendu, attendons la Coupe du monde pour faire tomber des têtes. Il est vrait qu'à ce niveau, seul importe le titre et l'on souvient rarement du deuxième. Alors que beaucoup appellent à une plus grande disponibilité des joueurs comme dans l'hémisphère sud pour une meilleure osmose au sein du groupe en vue des matchs importants, Pierre Camou répond simplement : « Dès que Toulon ou Toulouse seront d'accord... » Une réplique qui devrait faire son petit effet.

Autres critiques exprimées envers la FFR, et qui font office de marronniers depuis des décennies : la lourdeur du calendrier et surtout la présence des fameux doublons. Un point que le président semble prendre très à cœur : « Quelle est la définition de doublon ? Est-elle réservée à l'équipe de France ? Je vous signalerai que, juste avant la tournée de novembre, il y a huit matches où je n'ai pas vu Habana et je n'ai pas vu quatre internationaux de Toulouse qui jouaient gratuitement avec leur pays. Mais ça n'a dérangé personne ! Là, il y avait doublon ou pas doublon ? Pourquoi focaliser sur l'équipe de France ? » D'aucuns pensent, à tort, que c'est un mal typiquement français, mais il est vrai qu'en Angleterre, où les joueurs sont mis à disposition de l'équipe nationale, huit journées « se disputent sans les internationaux. Et ça trouble qui ? » Demande un Pierre Camou, qui n'a pas fini de batailler.

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  • Aneto
    12938 points
  • il y a 10 ans

Au moins il a des avis tranché!

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