Vingt-deux joueurs pointent donc à l'infirmerie du Stade Toulousain en ce début de championnat, et parmi eux de nombreux éléments importants du dispositif d'Ugo Mola.
Toulouse n'en reste pas moins compétitif : face à Montpellier, les Rouge et Noir n'ont pas subi, infligeant plus de 20 points d'écart au vice-champion de France en titre.
Pourtant, quelques joueurs ont dû dépanner à des postes différents de leur poste habituel. Cet exotisme semble parfaitement réussir aux Toulousains, et il serait envié par certaines formations, comme l'a confié Clément Poitrenaud.
Double meilleur joueur du Top 14, Jack Willis envisage désormais la nationalité française après quatre saisons qui ont changé sa vie à ToulouseL'adaptabilité et la polyvalence, l'atout des Rouge et Noir ?
Face à Montpellier, on a vu Joël Merkler entrer en jeu comme pilier droit, puis basculer en cours de match au poste de deuxième ligne. Il possède cette faculté depuis longtemps, mais elle a peu été exploitée en professionnel. L'Espagnol a en effet longtemps évolué en deuxième ligne chez les Espoirs, grâce à son impressionnant gabarit (1,94 m, 135 kg).
Il n'est assurément pas le seul à couvrir plusieurs postes. Toulouse dispose de nombreux joueurs polyvalents en première ligne : Malachi Hawkes, par exemple, est apte à porter les numéros 1, 2 et 3, tandis que Paul Mallez et David Ainu'u peuvent évoluer aussi bien à droite qu'à gauche.
Il y a longtemps déjà, Cyril Baille, alors jeune pilier gauche prometteur, arrivait dans un rugby très "structuré" avec la capacité de jouer aussi talonneur.
Ce qui passait pour une petite révolution, Cyril Baille l'a pourtant vécu : deux apparitions au talonnage en carrière, dont une titularisation, à Oyonnax, lors de la première journée du Top 14 en 2014.
Chez les trois-quarts, la maison haut-garonnaise a notamment formé Kalvin Gourgues, capable de couvrir tous les postes derrière. Antoine Dupont pourrait même jouer au centre sans faire tache, et Juan Cruz Mallia s'est découvert une bonne précision au pied ainsi que la faculté de mettre en musique l'attaque toulousaine à l'ouverture.
Comme le souligne Clément Poitrenaud au micro de Rugbyrama, cette faculté d'aligner certains joueurs à d'autres postes permet actuellement à Toulouse de ne pas trop pâtir de son infirmerie pleine.
"On a 22 blessés actuellement, donc c'est vrai qu'on est un peu à flux tendu quasiment à tous les postes. On est obligé, encore une fois, de s'adapter, de faire appel à notre centre de formation, nos jeunes joueurs qui travaillent nous deux depuis longtemps, pour certains. Et il faut constater qu'ils ont répondu présent. Il y a pas mal d'équipes qui veulent des joueurs polymorphes, des joueurs hybrides. Nous, ça fait un petit moment qu'on fait ça, donc les joueurs ne sont pas surpris de pouvoir jouer à plusieurs postes à différents moments du match. C'est quelque chose qu'on cultive et qu'on bosse depuis longtemps maintenant."
Clément Poitrenaud pour Rugbyrama
Utile au XV de France
Cette culture de la polyvalence, que Toulouse cultive "depuis longtemps" selon Clément Poitrenaud, profite directement au XV de France : Kalvin Gourgues, capable de couvrir tous les postes derrière, est le remplaçant parfait pour un staff qui peut composer un banc de huit avec un seul joker dans les lignes arrière.
Thomas Ramos, ouvreur comme arrière de niveau international, offre lui aussi une double solution, et Antoine Dupont, capable de dépanner à l'ouverture, ajoute une option de plus en cas de blessure ou de changement de plan de jeu.
En compétition internationale, remplacer un absent au pied levé, sans modifier le groupe permet d'aborder la rencontre avec plus de sérénité. Un atout qui pourrait peser lourd lors du prochain Mondial.
On se souvient du Clermontois Morgan Parra, demi de mêlée de métier, aligné à l'ouverture face aux All Blacks lors du Mondial 2011, alors que David Skrela s'était blessé dès le premier match et que le XV de France n'avait plus qu'un seul ouvreur de métier valide.
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