Deux anciens capitaines contre la règle anglaise
Deux anciens capitaines anglais montent au créneau. Ellis Genge et Courtney Lawes veulent assouplir la règle qui interdit, sauf exception, de sélectionner les joueurs évoluant à l’étranger. Leur cible est évidente : le vivier anglais du Top 14. Mais ils n’imaginent pas ouvrir les portes du XV de la Rose à tous les expatriés sans aucune condition préalable.
Et si l'Irlande raflait la mise en sélectionnant l'Anglais Jack Willis à la surprise générale ?Dans le podcast The Good, The Bad and The Rugby, Lawes défend le modèle gallois : 25 sélections pour rester éligible après un départ. Genge avance plutôt un seuil de 50 ou 60 capes, à l'instar de l'ancienne « loi Giteau » chez les Wallabies. Le pilier aux 83 sélections assure avoir discuté de cette interdiction avec Bill Sweeney, directeur général de la RFU, sans être convaincu.
Une solution qui laisserait les frères Willis au vestiaire
Cette règle protège la Premiership contre l’exode de ses internationaux et facilite leur disponibilité pour Steve Borthwick. En contrepartie, le sélectionneur se prive de joueurs qui se frottent chaque semaine aux exigences du rugby français. Un débat sensible alors que plusieurs Anglais brillent de Toulouse à Bordeaux, en passant par Toulon.
Genge cite Jude Bellingham et Harry Kane, partis progresser dans des championnats étrangers, pour défendre l’enrichissement sportif de l’exil. Son raisonnement vaut aussi pour la relève : un pilier expérimenté parti en France laisserait du temps de jeu à un jeune en Premiership. De quoi bousculer les habitudes anglaises.
Deux trophées de meilleur joueur du Top 14 ne suffisent pas : pourquoi Jack Willis ne peut toujours pas rejouer avec l’AngleterreMais le compromis possède une limite notable. Jack Willis, élu meilleur joueur du Top 14 deux saisons de suite, n’a que 14 capes. Son frère Tom, aujourd’hui à l’UBB, en compte huit. Avec le seuil envisagé par Genge, aucun ne redeviendrait sélectionnable. Même les 25 sélections du modèle gallois les laisseraient dehors.
Le Top 14 au cœur d’un bras de fer
Le dossier concerne également Kyle Sinckler, Dave Ribbans et Billy Vunipola, installés en France. À quelques semaines du match contre l’Australie, le 8 novembre à Twickenham, Steve Borthwick prépare ses choix sans les expatriés. Un changement de règlement pourrait également peser sur les prochaines décisions de carrière des internationaux anglais.
Lawes sait ce qu’il en coûte : après deux saisons en Pro D2 à Brive, il est revenu en Premiership, à Sale, pour tenter de retrouver l’Angleterre. Ses 105 sélections auraient largement suffi au compromis proposé. Reste une ironie pour Jack Willis : à Toulouse, il accumule les distinctions, mais pas les capes nécessaires à son retour.
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