Des sanctions trop dépendantes de la chute ?
Cheikh Tiberghien veut remettre les duels aériens sur la table. Dans un entretien publié par Rugbyrama, l’arrière bayonnais critique leur dangerosité et la lisibilité des sanctions. Le carton rouge de Yohan Orabé à Pau nourrit sa réflexion. « Les sanctions sont beaucoup influencées par la finalité du duel aérien. »
« Perdre le duel ne veut pas dire faire faute » : pourquoi le cas Orabé relance le débat sur les duels aériens en Top 14 ?Il défend une meilleure protection des réceptionneurs. Et propose de consulter les internationaux pour réfléchir aux règles. Face au Racing, Tiberghien affirme avoir été déséquilibré en l’air avant de retomber sur l’épaule, sans sanction. "Je saute avant l’ailier du Racing, je saute plus haut que lui. Il me tape, me prend le bras en l’air et je tombe sur l’épaule. Ce n’est pas spectaculaire, je ne tombe pas sur la tête, donc il ne se passe rien. Si je tombe sur la tête, est-ce qu’il n’y a pas rouge aussi ?" Une action qui n'est pas sans rappeler celle d’Orabé selon lui. Difficile néanmoins d'établir ici une incohérence arbitrale.
Après, ça va tellement vite… Je ne dis pas que c’est facile à arbitrer, mais je trouve que cette règle n'est pas claire.
Ouvrir l’accès au ballon, protéger le réceptionneur
Le débat mérite en effet de distinguer l’accès au ballon du contact pendant le saut. La règle 9.4 interdit d’empêcher volontairement un adversaire de jouer le ballon, sauf en disputant sa possession. Un coéquipier qui fait barrage au poursuivant peut donc commettre une obstruction. La règle 9.17 interdit de charger, pousser ou saisir un adversaire dont les pieds ont quitté le sol. Ouvrir le chemin du ballon ne donne pas carte blanche dans les airs.
Le retour des escortes permettrait d’assurer une protection physique, pure et dure. Ça n'empêcherait pas d’aller au duel si l’ailier va plus vite. Il y aurait moins ce choc brutal en l’air. Il suffit d’une demi-seconde pour que tu fasses basculer l’autre.
Le réceptionneur doit suivre la trajectoire du ballon tout en anticipant l’arrivée du poursuivant. Le moment du saut devient déterminant pour gagner de la hauteur et conserver son équilibre au contact. Tiberghien décrit justement un travail orienté vers le duel physique, face aux adversaires qui cherchent une déviation d’une main. La maîtrise du ballon reste pourtant le but de cette bataille.
Donner une place aux joueurs dans la réflexion
Le Bayonnais suggère ainsi de réunir des internationaux, éventuellement un représentant par pays. L’intérêt : confronter la règle aux situations vécues. Quel espace laisser au réceptionneur ? Comment distinguer une tentative de récupération d’un geste dangereux ? Les joueurs apporteraient leur expérience des trajectoires et des collisions ; les arbitres, celle des décisions à prendre lorsque tout se joue en une fraction de seconde.
En ce début de Top 14, cette discussion dépasse donc un carton bayonnais. En janvier, Freddie Steward réclamait déjà une véritable tentative de réception à deux mains dans les duels, selon The Guardian. Pour les staffs préparer les ballons hauts suppose de maîtriser le contact. Une récupération peut offrir une attaque face à une défense désorganisée ; sa valeur sportive ne dispense jamais de protéger les joueurs.
Tiberghien aime disputer ces ballons. Il demande aussi qu’on écoute ceux qui doivent retomber. "Que veut-on ? Plus de spectacle, oui, mais dans ce cas-là, il faut que l’arbitrage aille avec."
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