À l’âge où la plupart des doyens du vestiaire ont les genoux qui grincent comme des portes de saloon, le souffle d’un buffle sur le déclin et une sacoche en guise de ceinture abdominale, Maxime Machenaud continue de coiffer les minots à la salle de musculation. À bientôt 38 ans — il les fêtera en décembre — le demi de mêlée conserve une condition physique qui force le respect.
Dans la France du rugby, ce n’est d’ailleurs un secret pour personne : l’ancien international est un peu le crossfiteur ultime du Top 14. À ce titre, sa rupture des croisés l'an dernier n'a pas altéré sa rage de vaincre, alors que cette épreuve aurait pu précipiter vers la retraite un joueur avec autant de bornes au compteur.
Au contraire, pendant sa rééducation, le "néo-racingman" ne s’est visiblement pas contenté de récupérer ce qu’il avait perdu. Dans un entretien accordé à Midi Olympique, il révèle avoir battu récemment son record personnel au développé couché : 135 kg, contre 130 auparavant. "Ça ne veut rien dire mais ça montre qu’avec du travail, on peut perdre le moins de choses possible", explique-t-il.
Pas encore de quoi venir chatouiller Brutus le Robuste, aka l'homme qui s'amuse à soulever des voitures, mais Machenaud n’a ni l'âge, ni le gabarit, ni les mêmes objectifs que celui qui claque la bise à Djayson Karavane.
Surtout, ses performances racontent autre chose qu'une simple histoire de pecs. Celle d'un athlète qui bosse son physique comme Wilkinson s'entraînait à buter pour durer le plus longtemps possible. Il explique d'ailleurs ne pas avoir "la sensation d’avoir perdu en capacités physiques" malgré les années. Mais cela passe par des séances de renforcement jusque pendant ses jours de repos, du matériel à domicile, des massages réguliers, sauna et bain froid trois fois par semaine.
Une forme qui devrait payer d'autant plus lors de la saison à venir que le petit Carbonneau sera absent pour 9 mois, ce qui signifie que les clés du camion francilien devraient être confiées au vétéran Machenaud, de retour au Racing après 4 ans à Bayonne. Et avoir refusé de rejoindre le staff basque.
AMATEUR. De la ProD2 à la Fédérale 2 à 26 ans : le choix réfléchi du Provençal Joseph LagetAinsi, Machenaud pourrait débuter la saison en coiffant les minots à un âge où il pourrait être leur préparateur physique. À bientôt 38 ans, le numéro 9 revient en région parisienne avec l’appétit d’un gamin. Et le corps d'un "athlète hybride", comme adorent les présenter les réseaux sociaux aujourd'hui.
Aucun commentaire pour le moment...