Karabatic remet 2023 en perspective
Quatre titres mondiaux au compteur, et un conseil pour les Bleus du rugby : faire de 2023 une expérience utile pour les prochaines échéances mondiales. Dans un entretien pour le Midi Olympique, Nikola Karabatic rapproche le quart perdu contre l’Afrique du Sud de la demi-finale des handballeurs français contre l’Allemagne, en 2007. Parrain de la Nuit du rugby à l’Olympia, l’ancien international connaît cette frustration. « Si elle est bien utilisée, cette colère peut amener à de grandes choses. » Un regard avisé qui porte sur la manière de rebondir, avec le vécu des futurs Experts.
2007, la blessure avant le triplé
Petit flashback. À Cologne, la France s’incline 32 à 31 après deux prolongations, au terme d’une rencontre marquée par des décisions arbitrales contestées côté français. (Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite). La suite est spectaculaire : l’or olympique à Pékin en 2008, le titre mondial en 2009, puis l’Euro en 2010.
Trois couronnes en moins de dix-huit mois. Mais cette équipe était déjà championne d’Europe en 2006. Le revers allemand a donc précédé son envol. Cette chronologie met en lumière la comparaison, sans établir que la défaite explique à elle seule tous ces succès.
Karabatic parle en acteur de ce rebond. Lors de la finale olympique contre l’Islande, gagnée 28 à 23, il avait inscrit huit buts. Le souvenir de 2007 a débouché sur une réponse concrète sur le terrain. Pour le rugby français, la comparaison rappelle qu’un groupe capable de perdre une rencontre décisive possède encore des ressources pour gagner la suivante. Le palmarès des Experts offre un précédent, mais aucune garantie pour l’Australie.
La colère doit servir le jeu
L'idée pour le Bleus est ici de transformer l’émotion en exigences de jeu. Une colère peut donner envie d’avancer plus fort au contact. Elle doit aussi laisser de la lucidité pour choisir le bon soutien, accepter de patienter ou éviter une pénalité inutile. Dans un match serré, vouloir régler toutes les frustrations sur la prochaine collision expose à perdre le fil. L’expérience sert davantage lorsqu’elle aide à garder la tête froide au moment où le tableau d’affichage se resserre.
Une mémoire à transmettre avant l’Australie
Le 29 à 28 du 15 octobre 2023 fournit des pistes de travail précises. La France menait 22 à 19 à la pause. Elle avait concédé des essais après des ballons hauts mal négociés, avant de subir l’essai d’Etzebeth et les points de Pollard. Reprendre ces séquences permet de travailler des situations maîtrisables. Le sentiment d’injustice exprimé par Karabatic est appréciation personnelle, mais sans doute pas étranger à plusieurs Tricolores.
À un an de l’ouverture du Mondial, fixée au 1er octobre 2027, l’enjeu concerne surtout la transmission. Les joueurs présents en 2023 pourront partager ce que coûte une élimination aussi serrée. Les nouveaux auront besoin d’une ambition tournée vers leur propre tournoi. Karabatic insiste justement sur la nécessité d’avancer sans rappeler cette défaite avant chaque match.
Au staff de faire vivre cette mémoire dans la préparation, sans lui laisser occuper tout le vestiaire. Le souvenir peut accompagner le voyage en Australie. Aux Bleus d’écrire la suite avec le ballon entre les mains.
Aucun commentaire pour le moment...