Treize essais, un carton rouge et trois points d'écart. Toulouse a arraché sa première victoire européenne contre Exeter (43-40), dimanche au Stadium, après l'exclusion de Rodrigue Neti dès le quart d'heure de jeu. Derrière les envolées de Matias Remue et les coups d'éclat d'Antoine Dupont, Éfraín Elías a rempli la feuille de statistiques : 16 plaquages, huit ballons captés en touche et 80 minutes disputées. Un travail précieux dans une rencontre sans répit.
Un numéro 7 obligé de retrouver la cage
L'Argentin de 22 ans portait pourtant le numéro 7 au coup d'envoi. Avec ses 2,01 m, Elías est d'abord un deuxième ligne, utilisé en troisième ligne dans un pack privé d'Emmanuel Meafou, Thibaud Flament et Clément Vergé. Le tandem Joshua Brennan-Joel Merkler occupait initialement l'attelage. Cette organisation, pensée pour composer avec les blessures, a volé en éclats après l'expulsion de Neti.
Le personnel a dû bouger en urgence. Benjamin Bertrand a rejoint la première ligne, Merkler est passé pilier droit et Elías a retrouvé la deuxième ligne avec Brennan. La perte d'un avant imposait aux Toulousains de choisir leurs efforts, particulièrement sur les phases de conquête. Une touche perdue aurait rendu immédiatement le ballon à Exeter. À l'inverse, des lancers propres permettaient de construire, de jouer au près ou de ralentir le rythme.
Douze touches gagnées, aucune perdue
Or Toulouse a gagné douze touches sur douze, soit 100 % de réussite. De son côté, Elías a capté huit ballons. Ce volume révèle son importance comme cible. Thomas Lacombre, puis Peato Mauvaka après la pause, ont également participé à cette précision collective. Cette base a d'ailleurs eu des effets concrets.
Joshua Brennan a marqué après une touche et un ballon porté. Teddy Thomas a lui aussi profité d'un lancement construit autour des avants. Tandis que le dernier essai de Remue est né d'un maul avant l'écartement vers l'aile. Bien sûr, Elías n'a pas tout fait tout seul. Mais la fiabilité de l'alignement a fourni des munitions à une équipe longtemps privée d'un homme.
Seize plaquages pour se rendre indispensable
L'Argentin a également couvert le terrain sans relâche. Ses 16 plaquages, aucun manqué selon Planet Rugby, le placent juste derrière François Cros (17) dans les rangs toulousains. Il a ajouté dix courses ballon en main, pour seulement trois mètres gagnés. Peu flatteur, ce rendement souligne surtout des prises de balle dans le trafic. Les six essais encaissés interdisent néanmoins de parler de maîtrise défensive face aux Anglais. Mais ce joueur discret a multiplié les interventions là où les collisions usent les organismes.
Pour Ugo Mola, ce match apporte une indication précieuse. Recruté en 2024 après son passage aux Dogos XV, Elías offre une option crédible entre deuxième et troisième ligne, à un moment où Toulouse cherche encore du renfort dans la cage. La réception de Perpignan, samedi 24 octobre, arrive avant une période internationale qui compliquera la gestion de l'effectif. Et si personne ne peut encore le présenter comme le patron de la touche, l'Argentin a montré qu'il savait maintenir une structure quand tout se dérègle.
Ce joueur a pris une autre dimension depuis le début de la saison...
S'il continue comme cela, il va être excellent, déjà que...