Demba Bamba sait désormais sur quoi il sera jugé avec les Bleus. Dans un entretien accordé à Rugbyrama lundi 19 octobre, le pilier droit du Racing 92 explique avoir revu ses priorités. Longtemps apprécié pour ses charges ballon en main, il doit désormais apporter des garanties en mêlée fermée. À 28 ans, il échange chaque semaine avec William Servat et Laurent Sempéré. Une discussion avec Fabien Galthié lui a aussi permis de mieux comprendre les attentes du staff.
Gia Kharaishvili, le modèle inattendu
Le déclic est venu d'un joueur moins exposé aux projecteurs lors qu'une rupture des ligaments croisés l'a contraint à observer ses coéquipiers. Parmi eux, le Géorgien Gia Kharaishvili l'a marqué par sa régularité en mêlée et son travail défensif. L'ancien Lyonnais a compris l'intérêt d'un pilier capable d'obtenir des pénalités sans rechercher constamment l'action spectaculaire. Un modèle inattendu pour un joueur longtemps porté vers l'attaque.
En mêlée, la puissance ne suffit pas
Mais qu'est-ce que cela change pour un numéro 3 ? D'abord, la posture. Les épaules ne doivent pas descendre sous les hanches, rappelle World Rugby. La liaison avec l'adversaire doit rester solide, tandis que la poussée s'effectue droit et parallèlement au sol. Le bassin, les appuis et la stabilité comptent autant que la force. À ce poste, la bataille commence avant même l'introduction du ballon.
Et l'excès d'enthousiasme peut coûter cher. Une poussée anticipée, un angle interdit ou une liaison perdue risquent de renverser la décision arbitrale. Bamba reconnaît que sa volonté de trop dominer lui a parfois valu des sanctions. La puissance ne garantit donc pas une pénalité : l'arbitre sanctionne une faute, pas le simple recul d'une équipe. Au Racing comme chez les Bleus, la régularité doit primer sur le coup d'éclat.
Ce changement de regard tient aussi aux blessures. Bamba évoque ses pépins au genou et une opération des cervicales. L'expérience et la lecture du jeu prennent davantage de place dans son approche. Celui qui avait commencé en troisième ligne centre trouve aujourd'hui du plaisir à gagner une pénalité en mêlée. Une autre forme de domination, moins spectaculaire à la télévision, mais précieuse pour occuper le terrain.
Mondial 2027 : le temps presse pour Bamba
À un an du Mondial 2027 en Australie, ce virage pourrait peser dans la hiérarchie tricolore. Bamba ne cache pas son ambition de soulever le trophée. Il reconnaît néanmoins que l'indiscipline, l'irrégularité et les blessures ont freiné son parcours international, notamment lors de la préparation de 2023. Ses prochaines sorties en Top 14 devront permettre d'évaluer sa constance face à différents piliers gauches. Sa présence à la Coupe du monde reste à gagner.
Le champion du monde des moins de 20 ans en 2018 veut désormais sortir de l'étiquette d'éternel espoir. Ses charges ballon en main restent un atout. Mais pour convaincre les sélectionneurs, ses actions les plus précieuses pourraient bien se jouer au ras de la pelouse, au cœur de la première ligne.
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