À Bordeaux, le pack devait gagner en densité et en férocité l’an dernier avec l’arrivée du colossal Jean-Luc Du Preez. Problème : malgré des débuts prometteurs, le blondinet aux bras de Thor a rapidement été mis sur le flanc par des problèmes de commotion dont il peine toujours à se dépêtrer. Touché face à Bristol en janvier dernier, le Sud-Africain n’a depuis plus rejoué et était encore en phase de réathlétisation début septembre.
Voilà aussi pourquoi le retour de Tom Willis cet été sur les bords de la Garonne avait tout d’un énorme coup. Prêt à tirer un trait, au moins temporairement, sur l’équipe d’Angleterre en choisissant d’évoluer en France, le numéro 8 de 27 ans n’est pas revenu en Gironde pour faire le tour des vignobles et flâner le long des quais. Non, le meilleur joueur de la dernière Premiership est déjà occupé à cabosser à peu près tout ce qu’il croise en Top 14.
TOP 14. Matthieu Jalibert encore rattrapé par sa cuisse, jusqu’à compromettre son automne avec les Bleus ?Déjà imposant face au Racing 92 ou lors de son entrée face à Toulouse, malgré la correction reçue par l’UBB (48-12), l’ancien des Saracens a cette fois roulé sur un Stade Français remanié dimanche soir. Toujours aussi dense et brutal avec son mètre 91 pour 120 kilos, il a imposé un rythme d’enfer aux Parisiens entre ses charges, ses grattages et ses retours défensifs. Dès la deuxième minute, il mettait les mains dans un ruck. Une heure plus tard, il se jetait encore sous les attaquants parisiens dans son propre en-but pour empêcher Paris de revenir au score.
Avec sa gueule de méchant du lycée, ses aptitudes hors normes et sa faim de ballons, l’Anglais semble bien parti pour devenir l’un des phénomènes du Top 14 dans un style qui rappelle quelque peu celui de l’illustre Duane Vermeulen. Même faculté à gagner des mètres là où il ne semble pas y en avoir, même goût prononcé pour la collision et cette capacité précieuse à rester utile une fois la charge terminée. À ses côtés, nul doute que le jeune Marko Gazzotti a aussi de quoi grandir à vitesse grand V.
Trois matchs, trois essais et déjà des carrosseries froissées
La preuve par les chiffres ? Face à Paris, le petit frère de Jack a remis ça avec un nouvel essai, dix plaquages, quatre défenseurs battus et deux passes après contact. Sans oublier deux sauvetages dans son en-but, face à Motassi puis Bué, qui valent presque autant que son essai du bonus.
Du Willis venu quelques mois en Gironde en 2022/2023, les supporters en avaient gardé un bon souvenir. Mais, trois ans plus tard, c’est un joueur autrement plus dominant qui semble être revenu à Chaban. Dans un pack qui cherchait justement un patron capable d’avancer dans le dur, l’UBB semble avoir trouvé son démolisseur.
Qui pourrait bien nous offrir une rivalité épique avec son frère Jack, quand on connaît déjà celle grandissante entre Toulouse et l'UBB...
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