Carreras transforme un deux-contre-un en essai
Bath a lancé sa saison de PREM par un succès bonifié 33-17 chez les Harlequins, vendredi 25 septembre au Stoop. À la 32e minute, Tyrone Green attaque un deux-contre-un et lâche sa passe vers son soutien extérieur. Dernier défenseur, Santiago Carreras tend la jambe, dévie le ballon du pied, le récupère d’une main près de la touche puis file sous les poteaux 80 mètres plus loin. Bath passe de 14-10 à 19-10 avant la transformation de Finn Russell.
Pourquoi le geste est parfaitement légal
La scène ressemble à celles qui valent régulièrement une pénalité lorsqu’un défenseur coupe volontairement une passe. Mais la règle 11 de World Rugby vise le ballon précisément rabattu vers l’avant avec la main ou le bras. Ici, Carreras utilise son pied : il peut donc jouer ce ballon en plein vol, même si sa déviation l’envoie vers l’avant.
Et l’Argentin évite une autre limite. La règle 9.23 interdit de tenter de botter le ballon lorsqu’il se trouve encore dans les mains du porteur. Ici, Green a déjà lâché sa passe lorsque Carreras intervient. Le ballon est libre, son "coup de pied" est donc légal.
Un risque énorme, une lecture parfaite
Le choix est surtout brillant. Carreras est le dernier défenseur avec un joueur à couvrir à l’extérieur. Avec la main, une interception ratée pouvait exposer Bath à une pénalité pour en-avant volontaire. Si l’arbitre estimait qu’un essai probable avait été empêché par le jeu déloyal, la règle 8.3 ouvre aussi la voie à l’essai de pénalité et au carton.
Le geste demande pourtant une précision folle, du timing et une bonne dose de chance même si certains diront le talent. Un peu comme un défenseur de football qui coupe une passe sans la dégager, Carreras transforme immédiatement une situation très dangereuse en contre-attaque. Et derrière, il faut encore avoir les cannes.
Un essai qui pèse déjà
Cette inspiration offrira à Bath son troisième essai et cassera l’élan des Harlequins. Les visiteurs mèneront 28-10 à la pause avant de s’imposer 33-17 avec cinq essais. L’action de l'Argentin rappelle surtout une subtilité utile : sur un deux-contre-un, le pied peut servir à intercepter dès que le ballon a quitté les mains du passeur.
Dans un rugby où l’en-avant volontaire est scruté au ralenti, Carreras a trouvé la porte de sortie la plus spectaculaire : ne pas mettre la main.
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