Jean-Baptiste Gobelet : « Le Tournoi de Wellington a un goût amer »
L'ancien joueur du BO prend plaisir à jouer à VII.

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Le joueur de l'équipe de France évoque les bons moments passés en Nouvelle-Zélande ainsi que les ratés de France Seven, notamment face au Kenya.
A quelques semaines du Tournoi de Hong-Kong, l'ancien ailier de Biarritz est revenu sur l'étape néo-zélandaise des Sevens World Series. Une compétition où la France espérerait faire un grand coup. Elle sera éliminée en demi-finale du Bowl par les Fidji.

Vous avez connu le plus mauvais résultat de la saison au tournoi de Wellington. Peux-tu nous raconter ce qu'il s'est passé et quelles en sont les raisons ?

Jean-Baptiste Gobelet : Le Jour 1 est toujours délicat à gérer, car il est indispensable de gagner son premier match pour rentrer dans la compétition. Ce qui donne une dynamique et une fraîcheur psychologique pour la 1ère journée. Normalement les têtes de séries ne s'affrontent pas d’emblée, mais depuis cette année le classement du tournoi précédent conditionne l'ordre des matchs et la conception des poules. Voilà pourquoi la France, deuxième au classement mondial, se retrouve à jouer le Kenya, sixième, lors du premier match du Wellington 7s.

On était prévenu de l'engagement physique de cette équipe kényane, mais je pense sincèrement que l’on a été surpris sur le degré d'intensité de ce genre de rencontre. De plus, nous avons eu un ratio de plaquages manqués inadéquat pour une équipe de notre niveau. C’est pourquoi nous avons perdu logiquement contre le Kenya. Nous avons également failli dans le secteur défensif. Domaine qui est normalement notre marque de fabrique.

Nous nous rassurons ensuite offensivement en infligeant un score large face au Tonga. Mais nous perdons contre l'Argentine au buzzer sur une pénalité, scénario inverse du match en demi-finale de Port Elizabeth. Ce qui nous prive de Cup pour ce tournoi-là. On sent une certaine désillusion et des doutes dans l'équipe, car nous voulions réussir quelque chose de grand à Wellington. Nous avons eu des errances défensives qui ne nous ressemblaient pas trop.

Le Jour 2 est différent. Nous avons un tableau de grande qualité avec le Pays de Galles en quart et les Fidji en demies. Nous réalisons cependant une grosse prestation face à notre bête noire, les Gallois. Ils sont pris à la gorge et sont défaits largement. Nous avons retrouvé une certaine homogénéité en défense mais surtout une qualité chirurgicale offensivement.

Cela tombe bien car nous allons jouer un concurrent direct (3ème mondial) en demie. On reste sur la même dynamique avec une maîtrise totale de notre sujet aussi bien offensivement que défensivement, mais on s'écroule dans la dernière minute alors que l’on menait 17-7… Incroyable. Le Tournoi de Wellington a un goût amer car la France avait vraiment à cœur de faire un coup là-bas.

Offensivement parlant, nous avons réalisé notre meilleur tournoi. Une équipe de France agréable à voir jouer, qui marque, qui propose du spectacle. Mais d'un point de vue défensif, nous avons commis trop de fautes individuelles incompatibles avec le niveau auquel nous aspirons à jouer.

Mon ressenti est que nous avons manqué de repères défensifs sur le plan collectif et individuel dès le début. Ce qui nous a fragilise pour la suite de la compétition. Je pense que l'équipe avait oublié le degré d’intensité et d'engagement qu'un match de l'IRB World Series demande. Et sur un premier match face au Kenya, cela se paie cash. Cette longue période entre Port Elizabeth (début décembre)et Wellington (fin janvier) nous a été fatale encore une fois.

On a vu la parade, quel était votre sentiment au milieu de celle-ci ?

C’est le coté folklorique de ce tournoi. Parader en plein centre-ville, sur un char fendant la foule. De voir tous ces supporteurs, ces personnes des bureaux sortir quelques minutes pour nous acclamer, reste quand même un moment assez spécial. On sent réellement la part importante que le rugby occupe en Nouvelle Zélande à ce moment-là.

Toujours aussi bonne ambiance ?

C'était ma troisième année à Wellington et c’est toujours aussi magnifique d'y participer. Le West Pack Stadium gronde à chaque action, chante à chaque temps mort. Il fait partie, avec Hong-Kong et Dubaï, de ces stades magiques où tout joueur rêve de jouer.

Comment expliquer les deux dernières minutes catastrophiques contre les Fidjiens ?

On joue à 7 contre 6 après le carton jaune reçu par les Fidji. On se précipite. On se met en danger en jouant loin des soutiens et on retrouve surtout des lacunes défensives. Les Fidjiens reviennent à 5 points de nous à 28 secondes de la fin. Aussi nous décidons de jouons au pied directement en touche. Bien sûr plusieurs options sont envisageables. Le commentateur dit tout simplement que cela relève du suicide de donner une autre munition au Fiji à 28 secondes de la fin du match… Malheureusement, on lui donne raison. La meilleure option est bien sûr celle qui réussit comme toujours. Le fait de taper en touche était une option intéressante car nous dominons les Fidjiens dans ce domaine-là.

Sur cette même touche nous contestons le ballon, le gagnons presque mais l'arbitre siffle pénalité au 50m pour les Fidji et il ne reste plus de temps règlementaire. De là découle une vague Fidjienne où ils jouent d'un côté et de l'autre et qui se conclut par un essai à la fin.

Ce tournoi est le tournoi le plus malchanceux ou plutôt, celui de la plus mauvaise gestion de fin de match entre ce match des Fidji et celui face aux Argentins. Il ne peut que nous faire grandir dans ce secteur. On a besoin, à l’heure actuelle, de pouvoir mieux gérer nos fins de matchs afin de se hisser dans le Top 4. Mais cela fait partie du seven.

Quel est le moment le plus marquant de ce tournoi ?

Le plus marquant pour moi, c’est ce match entre Kenya et la Nouvelle-Zélande en demi-finale, avec cet essai au buzzer des Kenyans alors qu’ils avaient été menés 14/0 par les AllBlacks. Toute la magie du Sevens ! Le contraste entre la joie incroyable des Kenyans et la déception des supporters du West Pack Stadium.

Le plus drôle (sur ou en dehors du terrain) ?

Encore un bon geste technique de Candelon (commenté dans la vidéo ci-dessous) !



Merci à Jean-Baptiste Gobelet pour l'interview !

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