Seize victoires, et une dix-septième pour l'histoire
Seize matchs, seize victoires. Depuis deux saisons, l'Union Bordeaux-Bègles avance en Champions Cup sans connaître la défaite. Vendredi, à Gloucester, les Girondins peuvent franchir un cap supplémentaire : devenir seuls détenteurs du record français de succès consécutifs dans la compétition. Ils partagent aujourd'hui cette marque avec le Stade Rochelais, auteur de la même série entre 2021 et 2023. Pour les doubles champions d'Europe, la défense du titre commence donc avec une occasion d'entrer un peu plus dans les livres d'histoire.
L'enjeu n'a pas échappé au vestiaire. « On en est à 16 matchs gagnés, comme La Rochelle », a rappelé Nicolas Depoortere à RugbyPass. La phrase paraît presque banale au regard de la difficulté de l'exercice. Sur deux campagnes européennes, l'UBB a traversé les poules, les matchs couperets et deux finales sans laisser une seule rencontre lui échapper.
Une progression fulgurante pour un club de 20 ans
La comparaison est savoureuse. Le Stade Toulousain, six fois sacré sur la scène continentale, a établi sa meilleure série à dix victoires de rang en 2010. La Rochelle, elle, avait porté le curseur à seize à l'époque des conquêtes de 2022 et 2023. Bordeaux a désormais rejoint les Maritimes, avec des victoires en finale contre Northampton (28-20) puis le Leinster (41-19).
Et dire que l'Union est née en 2006 de la fusion du Stade Bordelais et du CABBG, avant de découvrir la Champions Cup en 2015. Onze ans après ses premiers pas dans l'épreuve, elle s'avance avec deux étoiles sur le maillot. Cette régularité traduit aussi sa capacité à gagner autrement : faire parler ses trois-quarts lorsqu'il y a des espaces, mais tenir le bras de fer quand les phases finales ferment le jeu.
Gloucester, un drôle de juge de paix
Reste à négocier Kingsholm, où le souvenir du dernier passage bordelais n'a rien d'agréable. En décembre 2022, l'UBB y avait laissé filer une avance de 17-5 pour s'incliner 22-17. Gloucester avait remis ça un mois plus tard à Chaban-Delmas (26-17). Les Anglais ont depuis changé de visage, mais leur capacité à bousculer Bordeaux mérite mieux qu'un statut de simple figurant.
Le rendez-vous lance aussi une campagne particulière. Avec la nouvelle règle européenne, le bonus offensif exige désormais trois essais de plus que l'adversaire. Chaque résultat pèsera dans la course aux réceptions en phase finale. Et derrière ce possible dix-septième succès pointe un défi plus vertigineux : rejoindre le Toulon de 2013 à 2015, seul club couronné trois années consécutives.
Une place à part dans le rugby européen
À vingt ans, l'UBB possède déjà un palmarès que beaucoup de clubs centenaires lui envient. Mais pour inscrire une dix-septième victoire à son actif, elle devra d'abord régler ses comptes sportifs avec un adversaire qui l'a déjà fait tomber deux fois. Il y a onze ans, décrocher une place en Champions Cup constituait déjà une première. Aujourd'hui, l'Union aborde chaque rendez-vous européen avec une cible dans le dos.
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